Compagnies - Stratégies : où va Aviva ?

Compagnies - Stratégies : où va Aviva ?

Nicolas Schimel, qui en a pris la direction le 27 décembre 2012, entend maintenir la feuille de route d'Aviva France, malgré le plan de réorganisation de sa maison mère, qui se traduit par des cessions d'activités.

Le départ du directeur général d'Aviva France, révélé par La Lettre de l'assurance le 19 décembre 2012, a créé la surprise, en interne, mais aussi dans le microcosme de l'assurance. En effet, rien ne laissait présager que Philippe Maso y Guell Rivet, en poste depuis à peine dix-huit mois, allait quitter le navire si rapidement. Cet ancien d'Axa UK avait pris la tête de la filiale française d'Aviva pour succéder à Jean-Pierre Menanteau, qui avait lui aussi quitté le groupe de manière précipitée, en novembre 2010, vingt-six mois après l'avoir rejoint. Cette valse des patrons suscite des interrogations sur la situation de l'entreprise.

AVIVA GROUPE

48,8 MD€

de chiffre d'affaires en 2011 (- 4 %)

3 MD€

de résultat opérationnel en 2011 (- 2%) ; 1 124 M€ (- 10 %) au premier semestre 2012

105 M€

de résultat net en 2011 (- 96 %) ; - 820 M€ au premier semestre 2012 (559 M€ au premier semestre 2011)

 

AVIVA FRANCE

6,1 MD€

de chiffre d'affaires 2011 (- 12,85 %)

543 M€

de résultat opérationnel en 2011 (+ 25 %)

166 M€

de résultat net en 2011 (- 57,2 %)

Maintenue, mais améliorée

« C'est un enchaînement de circonstances inhabituel, mais il n'y a pas de raisons structurelles ou intrinsèques à Aviva France », répond Nicolas Schimel, qui avait assuré la direction de l'entreprise de manière provisoire entre novembre 2010 et juillet 2011, et à qui le groupe britannique vient de confier une nouvelle fois les rênes, en plus de ses fonctions de PDG de l'Union financière de France (UFF). « Aujourd'hui, le schéma est différent, précise le nouveau patron d'Aviva France. Nous ne sommes plus dans une logique d'intérim, mais de conduite de l'entreprise pour une durée indéterminée que j'espère longue. » Ce nouveau changement de direction intervient alors que l'assureur britannique est engagé dans une cure d'amaigrissement qui vise à améliorer ses performances, laissant planer l'hypothèse de divergences stratégiques entre le groupe et sa filiale. Ce que réfute Nicolas Schimel : « Le départ de Philippe Maso a été motivé par des raisons personnelles. Il n'y a pas de souci entre Aviva France et sa maison mère, pas de rupture dans notre stratégie en France et pas de problème en matière d'activité ou de résultats. »

Désormais piloté par Mark Wilson, directeur général depuis le 1er janvier 2013 après la démission forcée d'Andrew Moss en mai 2012, à la suite de la fronde des actionnaires insatisfaits des performances du groupe, le plan de réorganisation détaillé en juillet 2012 se traduit par des cessions d'activités. Après la vente pour 1,8 Md$ (1,3 Md€) de ses opérations américaines - assurance vie, annuities (titres de rentes) et gestion d'actifs - à Athene Holding Ltd, le groupe a annoncé, le 9 janvier 2013, la cession des dernières parts qu'il détenait dans la société néerlandaise Delta Lloyd. D'autres opérations de délestage devraient suivre, Aviva ayant identifié seize entités non rentables ou non stratégiques.

Aviva France fait partie des vingt-sept activités maintenues, pour lesquelles le groupe attend néanmoins des améliorations. Cette situation ne bouleverse pas la feuille de route de Nicolas Schimel. « Il n'y a pas de points noirs ou de branches à scier au sein d'Aviva France », indique-t-il (lire ci-contre). Pour le nouveau directeur général et ses équipes, le défi sera de trouver des relais de croissance organique et des marges d'amélioration de la rentabilité au sein d'une entreprise déjà « très disciplinée en matière de gestion des coûts », selon lui, ce qui impliquera un travail de fourmi étant donné l'environnement économique et financier.

Pour un acteur dont l'essentiel du chiffre d'affaires (80%) provient de l'assurance vie, le contexte actuel se révèle pénalisant. Même si Nicolas Schimel se félicite des « beaux succès » remportés par certains produits (unités de compte immobilières et fonds obligataires opportuniste à échéance) et sur certains segments de marché, tels que la clientèle patrimoniale, sur laquelle il compte mettre l'accent, Aviva France fait face en 2012, à une deuxième année de décollecte. L'Afer (40% de l'activité d'assurance vie de l'assureur) ayant « tendance à subir et à amplifier les phénomènes de marché », explique Nicolas Schimel.

Mobilisation et mobilité

Dans ce contexte, Aviva France mise sur ses multiples réseaux de vente (voir schéma) pour investir dans des segments porteurs de croissance et de rentabilité, comme les travailleurs non salariés et les petites entreprises, ou encore la clientèle patrimoniale. Cette stratégie implique notamment de créer des synergies entre ses réseaux, comme l'assureur avait commencé à le faire il y a quelques années en assurance vie, en particulier en favorisant la mobilité entre ses équipes de conseillers salariés et son réseau d'agents.

Aviva France n'a pas de souci avec sa maison mère ni problème d'activité ou de résultats.

Nicolas Schimel, directeur général d'Aviva France

Ces synergies iront-elles jusqu'à prendre la forme d'acquisitions dans l'environnement de l'Afer comme l'évoquait La Lettre de l'assurance ? « Nous comptons continuer à travailler avec des courtiers Afer indépendants, ainsi qu'avec les agents généraux et notre filiale Épargne actuelle. Une opportunité d'acquisition peut se présenter, mais il s'agira alors d'une opération unitaire, commente Nicolas Schimel. Il n'est en aucun cas stratégique d'acquérir systématiquement des activités de distribution d'Afer par courtage. »

NICOLAS SCHIMEL, directeur général d'Aviva France et PDG de l'UFF « Nous sommes dans une logique de renforcement de nos points forts »

  • Quelle est la stratégie d'Aviva France, l'une des entités dont le groupe attend des améliorations ? Il n'y pas de points noirs ou de branches à scier. Nous sommes plutôt dans une logique de renforcement de nos points forts. Aviva France a toujours été très disciplinée en matière de gestion des coûts. Notre objectif est de trouver des voies de croissance organique en maintenant, voire en améliorant, nos ratios de rentabilité.
  • Quelles pistes explorez-vous ? En assurance vie, nous disposons d'un portefeuille de 200 000 clients possédant plus de 100 000 € d'encours, pour lesquels nous allons créer des synergies avec UFF en matière d'offres, d'approche commerciale et d'accompagnement. Avec Aviva Direct et Eurofil, nous avons des positions intéressantes dans la vente directe, un modèle dans lequel nous continuons à investir.
  • Quels sont vos projets en dommages ? Nous comptons renforcer nos positions par croissance organique sur les professionnels et les petites entreprises, en priorité via nos agents généraux. Depuis un an, nous investissons en moyens techniques et humains pour développer leurs positions auprès des travailleurs non salariés, professionnels et exploitants agricoles. Nous visons 80% d'agents performants sur ces segments dans trois ans, contre 30% aujourd'hui. Nous nous intéressons aussi au courtage, où nous sommes peu présents, hormis en santé et en construction, mais le marché des grands risques ne fait pas partie de notre stratégie.

 

Abonnés

Base des organismes d'assurance

Retrouvez les informations complètes, les risques couverts et les dirigeants de plus de 850 organismes d'assurance

Je consulte la base

Le Magazine

ÉDITION DU 21 janvier 2022

ÉDITION DU 21 janvier 2022 Je consulte

Emploi

ALLIASS

Gestionnaire sinistres IARD Confirmé H/F

Postuler

Natixis Assurances

CONTRÔLEUR DE GESTION EPARGNE (H/F)

Postuler

+ de 10 000 postes
vous attendent

Accéder aux offres d'emploi

APPELS D'OFFRES

Proposé par   Marchés Online

Commentaires

Compagnies - Stratégies : où va Aviva ?

Merci de confirmer que vous n’êtes pas un robot

Votre e-mail ne sera pas publié