[DOSSIER] Reavie 2015 : les temps forts de la 26e édition (E-dossier) 3/8

Complémentaire santé : un nouveau modèle économique à inventer

 Complémentaire santé : un nouveau modèle économique à inventer

Ne plus se cantonner à la complémentaire santé, mais lier santé et prévoyance, et trouver un modèle économique pour les services sont deux préoccupations partagées par les organismes complémentaires et intermédiaires présents à Reavie.

 

S’il y a chez les participants à Réavie un consensus pour dénoncer la boulimie réglementaire du gouvernement, symbolisée cette année par les futurs contrats de complémentaire santé pour les seniors, un autre s’esquisse sur la nécessité de trouver un nouveau modèle économique pour le secteur. C’est sans doute pour les mutuelles (au sens du livre 2 du code de la mutualité) que l’urgence est la plus grande, si l’on en croit Maurice Ronat, président d’Eovi-MCD, qui s’exprimait jeudi matin.

Distribuer du Iard

« Aujourd’hui, une mutuelle qui fait 90 ou 95% de son chiffre d’affaires en santé est en danger », a affirmé M. Ronat. La priorité n’est donc plus la fusion entre mutuelles, mais la diversification. La première cible est la prévoyance. Il faut y aller avec des acteurs qui possèdent les compétences et les moyens financiers, une allusion aux réassureurs notamment. Autre enjeu de la diversification mutualiste, mieux faire tourner les agences pour pouvoir les conserver. En la matière, la première piste est la distribution de produits Iard.

Pas de gadgets

Toutes les familles de la profession pensent naturellement aux services.  C’est aussi un enjeu de taille pour le courtage. « La source de valeur des intermédiaires, c’est l’assemblage de l’offre », a souligné Stéphane Lecocq, directeur grands comptes de Mercer France, rappelant que « les services, c’est d’abord la gestion administrative, le tiers payant, les réseaux, bien avant l’e-santé ou d’autres projets futuristes ».
Attention aux services gadgets ! Tel est le message lancé par les orateurs de Reavie, qui rappellent les fondamentaux. « Nos clients ne comprennent rien à ce qui se dessine. Les entreprises et les salariés vont découvrir les nouveaux contrats responsables avec les plafonnements de garanties, l’impact du contrat d’accès aux soins des médecins sur les remboursements, etc. Nous avons devant nous deux ou trois ans d’instabilité et il y a donc un besoin de pédagogie », explique Eric Maumy, directeur général de Verlingue.

Les réseaux plébiscités

Outre cette nécessité d’expliquer – ne serait-ce que pour éviter à leurs clients des redressements Urssaf ! -, les assureurs santé et les intermédiaires insistent donc sur la nécessité de déployer ce qui existe déjà et offre de nombreux leviers d’amélioration. C’est en particulier le cas des réseaux, plébiscités par la profession mais qui, malgré leur impact positif sur le reste à charge des assurés, peuvent être ressentis comme une contrainte par ces derniers.
« Nous sommes face à un changement fondamental de notre modèle économique », estime Quentin Bériot, de la direction générale santé et prévoyance de Covéa. Comment, dans notre système de santé, facturer des services importés de systèmes plus libéraux ? Il ne faut pas déployer un discours sur les services avant d’en connaitre le retour sur investissement, note-t-il. Sa collègue Pascale Soyeux, directrice acceptations en réassurance santé et prévoyance chez Covéa, rappelle que, « il y a vingt ans, tout le monde facturait le tiers payant, et plus personne ne le fait maintenant ». Aujourd’hui, c’est la prestation des réseaux qui est facturée, mais demain ?

 

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