[DOSSIER] Dossier Optique 2/3

Contrats responsables : un effet tarif encore peu lisible (Dossier Optique)

Contrats responsables : un effet tarif encore peu lisible (Dossier Optique)
D.R.

Les nouvelles règles des contrats responsables et des collectives n’ont pas toujours des effets très cohérents sur les tarifs de l’optique.

En optique, « le niveau des garanties fait le niveau d’achat », observe le directeur général du réseau de soins Carte blanche, Jean-François Tripodi. « Or, le marché voit émerger de nombreux contrats collectifs d’entrée de gamme, dont les garanties sont calées sur le socle du panier de soins ANI. » Moralité : « Avec la baisse des niveaux de garantie, on peut s’attendre à une baisse des prix de vente. Du reste, les opticiens sont en train de créer de nouvelles gammes adaptées. »

Le déploiement de l’accord national interprofessionnel de janvier 2013 aura-t-il davantage d’impact que l’entrée en vigueur des contrats responsables ? Rappelons que le panier de soins socle des contrats collectifs fixe le plancher de prise en charge à 100 € pour les équipements à verres simples, 200 € pour les verres complexes et 150 € pour les équipements mixtes.

Segmentation irréaliste

Un niveau absurde pour la majorité des observateurs : nettement trop bas pour la plupart des assurés, mais trop élevé pour ceux qui privilégient les équipements les moins chers. « En entrée de gamme, nous proposions un équipement complet pour 40 € avec des verres simples, explique Marianne Binst, directrice générale du réseau Santéclair. Nous avons relevé son prix à 50 € pour respecter le plancher ANI. De même, la paire de lunettes avec verres progressifs, que nous proposions à 120 €, vaut désormais 200 €. » Jean-François Tripodi fait remarquer que « certes, les acheteurs de produits d’entrée de gamme ne représentent que 0,5 % des assurés, mais ce nouveau plancher est inflationniste, il va entraîner une surconsom­mation de l’ordre de 30 à 50 € par équipement, alors même que le nombre de consommateurs concernés va augmenter. »

Quant au cahier des charges des contrats responsables, il fixe des plafonds jugés, eux aussi, incohérents. « Si seulement les réseaux de soins avaient été auditionnés durant le processus de définition du contrat responsable… », soupire Marianne Binst, qui regrette que le législateur ait eu « une approche macroéconomique du marché, alors que nous négocions nos achats d’optique verre par verre, option par option. »

Jean-François Tripodi confirme : « Pour les verres, la segmentation choisie ne correspond pas à la réalité des tarifs. Les plafonds sont trop élevés pour une grande partie des corrections des catégories. On peut donc s’attendre à revoir les opticiens “optimiser” leurs devis en fonction de ces plafonds de remboursement. »

Autolimitation

Le contrat responsable n’aurait donc qu’un impact limité sur les coûts d’optique. « Les réseaux ont déjà fait tout le boulot ! », sourit Marianne Binst. Toutefois, deux mesures sont plébiscitées : le plafond de remboursement des montures, fixé à 150 €, pourrait avoir un effet positif. « Dans notre réseau, le prix moyen des montures n’est que de 130 €, observe Marianne Binst. Mais la frange d’assurés qui aimait se faire plaisir sera peut-être amenée à se contenir. »

De même, la fréquence de remboursement, fixée à deux ans, aura incontestablement un effet positif, même s’il restera, là encore, limité. Elle n’est que de deux ans et trois mois chez Carte blanche, et de deux ans et huit mois chez Kalivia. « Mais on peut quand même s’attendre à ce que les 10 % d’assurés qui s’achetaient une nouvelle paire de lunettes chaque année changent de comportement », ajoute Marianne Binst. C’est toujours ça de pris…

Plus de la moitié des achats au-dessus des plafonds

En analysant 2,5 millions d’achats optiques, le réseau de soins Carte blanche a comparé le comportement passé des assurés aux niveaux de prise en charge des contrats responsables et du socle établi par l’accord national interprofessionnel de janvier 2013 sur les deux principales catégories de correction visuelle (A et C), qui représentent 96,1 % des demandes de remboursement. À noter : 90 % des achats des 6 millions d’adhérents de Carte blanche se font dans le cadre du réseau, ce qui a sans doute un impact sur leur comportement.

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