Courtage : des abeilles douées pour le buzz

Courtage : des abeilles douées pour le buzz

Marketing viral sur les réseaux sociaux, publicité dans des quotidiens nationaux, manifestation devant le Sénat : en l’espace de deux ans, le collectif Sauvez les Abeilles s’est rapidement fait un nom dans la profession. Décryptage.

Les Abeilles reviennent. Deux ans après sa première action contre les clauses de désignation dans les accords santé de branche, ce collectif qui entend fédérer les salariés du courtage, des petites mutuelles et des agents généraux, reprend du service. Dans son viseur cette fois-ci : l'article 21 du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2016. L’instauration de contrats santé pour les plus de 65 ans avec labellisation d’offres mettrait en péril l’activité de nombreux acteurs de l’assurance. Et c’est pourquoi les manifestations des Abeilles sont à nouveau à l’ordre du jour.

Comment est né le mouvement ?

Le collectif Sauvez les Abeilles est né en 2013 à Bayonne, au sein du service marketing du cabinet de courtage Assurances de l’Adour. « Un soir, nous étions au bureau et notre boss nous a expliqué qu’une réforme (NDLR : l’Accord national interprofessionnel du 11 janvier 2013) lui causait des soucis car elle allait impacter notre clientèle en santé individuelle. Aussitôt, avec deux collègues, nous nous sommes demandés si nous pouvions faire un peu de buzz sur les réseaux sociaux et nous avons créé un logo ludique et très simple, une abeille », se souvient Valérie Guérend, la porte-parole du mouvement. Les statuts de l’association loi 1901 sont déposés le 11 mars 2013 et quinze jours plus tard, le collectif se paie une pleine page de publicité dans Libération, sous la forme d’une lettre ouverte au Premier ministre. La première manifestation est organisée le 11 avril devant le Pôle emploi de Bayonne (64). Entre-temps, la page « Sauvez les Abeilles » sur Facebook a vu le jour avec une photo du fondateur, Giovanni Gaudoux, coiffé d’un serre-tête abeille et brandissant une feuille A4 sur laquelle est écrit : « Giovanni, salarié en colère ! Président #sauvezlesabeilles. »

Quelles sont les techniques des Abeilles ?

Nous ne sommes pas des techniciens de l’assurance, alors nous parlons avec des mots simples et c’est notre force par rapport aux instances syndicales. Il faut remettre le débat auprès des gens dans la rue », explique Valérie Guérend qui précise : « On ne fait pas pleurer quand on dit que l’assurance est en danger mais nous, nous parlons d’emploi et cela concerne tout le monde ».

D’après le collectif, l’article 21 du PLFSS entraînerait la perte de 100 000 emplois. Un chiffre certainement un rien gonflé – courtage et mutuelles réunies ne comptent pas plus de 70 000 salariés – mais qui frappe les esprits. Simplicité, rapidité – l’association peut publier dit-elle un communiqué de presse en deux heures – et savoir-faire. « Nous avons un parcours dans la com, la pub et le marketing. Nous maîtrisons les outils de mobilisation », poursuit Valérie Guérend. Ainsi avant les manifs, les Abeilles utilisent à plein les réseaux sociaux (3759 J’aime sur Facebook) et le mail, un listing d’adresses a été précieusement constitué dès le lancement du mouvement. Les manifestants peuvent même télécharger leur kit-pancarte sur le site Internet. Pendant ce temps, la Chambre syndicale des courtiers d’assurance (CSCA) a annoncé, en septembre dernier, réfléchir à la création d’une page Facebook !

Nous ne sommes pas des techniciens de l’assurance, alors nous parlons avec des mots simples et c’est notre force par rapport aux instances syndicales.

Valérie Guérend, Porte-parole du mouvement. Responsable marketing et communication au sein du courtier Assurances de l’Adour.

Qui soutient les Abeilles ?

Les Abeilles ont beau être les reines du marketing, difficile d’agir sans le soutien financier apporté par une dizaine de bienfaiteurs : syndicats, courtiers grossistes et cabinets de proximité. La page dans Libération n’aurait pu ainsi être achetée sans l’aide de l’Association pour la promotion de l’assurance collective (Apac), même si le collectif n’a déboursé qu’entre 5 000 et 6 000 € en raison de son statut associatif. Sauvez les Abeilles ne compte pas pour l’instant d’autres membres que ces donateurs mais une campagne d’adhésion sur Internet est en projet. Au-delà du financement, le collectif est arrivé à décrocher le soutien de nombreux acteurs de l’assurance : dirigeants de la CSCA, de la Fédération nationale des syndicats d’agents généraux d’assurances (Agéa), de la FFSA, mais également représentants de courtiers (Santiane, Smam Assurance…) étaient présents à la manifestation organisée le 27 octobre dernier devant le Sénat.

Quelle mobilisation pour de nouveaux combats ?

Pour autant, ce 27 octobre, Sauvez les Abeilles a rassemblé moins d’une centaine de participants pour demander le retrait des contrats seniors et les manifestations régionales ont réuni environ 200 personnes. Bref, on est loin des 1 000 personnes réunies à Paris le 12 novembre 2013 contre la réintroduction des clauses de désignation. Une action qui s’était conclue par une « victoire » puisque « le Conseil constitutionnel nous a donné raison », expliquait alors le collectif dans un communiqué. Et de fait, même si le collectif envisage une nouvelle manifestation, les Sages apparaissent encore comme la meilleure chance de « victoire » pour les Abeilles. On imagine difficilement le gouvernement revenir sur un engagement du président de la République en faveur des retraités !

Nous avons un parcours dans la com, la pub et le marketing. Nous maîtrisons les outils de mobilisation.

Valérie Guérend, Porte-parole du mouvement. Responsable marketing et communication au sein du courtier Assurances de l’Adour.

Haude-Marie Thomas et Nicolas Thouet

Les « Abeilles » après les « Pigeons »...

Les fondateurs du mouvement se sont inspirés du mouvement des Pigeons, ce collectif d’entrepreneurs, très actif sur les réseaux sociaux, mobilisé contre le projet de loi de finances 2013. Plus tard, les Abeilles ont également utilisé des bonnets jaunes en signe de ralliement, en clin d’œil aux bonnets rouges vent debout contre l’écotaxe. Mais le symbole n’a pas pris, et dans les manifestations de 2013 comme de 2015, ce sont les écharpes rayées de jaune et de noir, symboles des abeilles, qui assurent l’unité des cortèges.

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