Courtage : la compétence devient stratégique

Courtage : la compétence devient stratégique
De gauche à droite, Claire Pascal (Comundi), Béatrice Métral (Alptis), Georges-Éric Leroux (Agefos-PME Bretagne), Laurent Bazin (journaliste-animateur), lors de la table ronde sur la formation professionnelle organisée par Planète Courtier.

Lors de la deuxième édition des Assises du courtage d’assurance, organisée le 16 novembre dernier par Planète Courtier, la question de la formation professionnelle a occupé une place importante dans les débats. Il faut dire qu’à partir de février 2018 et l’entrée en vigueur de la directive européenne sur la distribution d’assurance (DDA), les courtiers devront justifier, légalement, qu’ils se forment bien, ainsi que leurs salariés, au moins 15 heures par an. Dans le même temps, la réforme nationale de la formation professionnelle, dont la feuille de route a été transmise par le ministère du Travail aux partenaires sociaux le 15 novembre, rend cette obligation doublement d’actualité.

Contrer l’obsolescence des savoir-faire

Se positionner sur de nouveaux marchés, s’informer sur de nouvelles réglementations, utiliser de nouveaux outils... Pour de nombreuses entreprises, la formation professionnelle représente un levier de croissance. Dans tous les secteurs, la place grandissante du numérique accentue également son importance. « Avec le digital, on assiste à une accélération de l’obsolescence des compétences. Quand une entreprise embauche une personne formée, elle doit la reformer deux à trois ans plus tard », explique Claire Pascal, directrice générale de Comundi, organisme de formation professionnelle. « Dans cinq ou dix ans, 50 % des métiers auront évolué. Les entreprises qui n’investissent pas dans les compétences de leurs salariés seront obligées d’aller les chercher sur le marché du travail, avec un coût plus élevé. Les salariés qui ne sont pas formés dans les entreprises, aujourd’hui, sont les demandeurs d’emploi de demain ». Si la formation continue s’avère vitale, il l’est tout autant pour les entreprises d’avoir au préalable défini une stratégie. De manière simplifiée, il s’agit d’évaluer les compétences dont l’entreprise aura besoin demain. « Si une formation a du sens pour une entreprise, elle en aura pour ses collaborateurs. La formation professionnelle, c’est la rencontre de deux ambitions : celle de l’entreprise et celle de ses salariés », souligne Georges-Éric Leroux, directeur de l’Agefos-PME Bretagne, organisme paritaire collecteur agréé (OPCA).

La jungle des organismes et du financement

Néanmoins, difficile pour les entreprises de se repérer parmi une offre pléthorique de formations professionnelles. « Pour les dirigeants, c’est compliqué d’avoir la carte, la boussole et le couteau », résume, avec le sens de la formule, Georges-Éric Leroux. De même, les tarifs constituent un frein. Sans compter qu’il est souvent difficile de trouver du temps pour former ses salariés. « Dans les entreprises, les managers sont très attentifs à leur mission principale, de plus en plus exigeante, qui consiste à satisfaire les clients », souligne Béatrice Métral, directrice des ressources humaines du courtier grossiste Alptis. Résultat : le taux d’accès des actifs à la formation professionnelle, en France, est de 36 %. Parmi les pays de l’OCDE, notre pays fait partie des mauvais élèves. Pourtant, une progression de 1 % de ce taux permettrait une augmentation de 0,67 % en moyenne de la productivité horaire. « Ces difficultés touchent en particulier les TPE-PME », nuance Claire Pascal. Dans ce contexte, la réforme de la formation professionnelle, dont la feuille de route a été transmise par le ministère du Travail aux partenaires sociaux le 15 novembre dernier, ambitionne de changer la donne, en rendant le système plus lisible ou en réintroduisant une incitation financière. En attendant, Béatrice Métral recommande de faire appel à un conseiller OPCA pour bénéficier de son accompagnement, par exemple, dans le montage financier de son action de formation. Ensuite, d’élaborer un cahier des charges précis de ses besoins afin de mieux choisir ses formations avec son conseiller OPCA. Enfin, d’évaluer les formations mais aussi les formateurs. Une manière de faire un tri pour les sessions suivantes...

Quand la formation devient obligatoire

En parallèle de cette réforme de la formation professionnelle, la directive sur la distribution d’assurance (DDA), qui doit être transposée dans le droit français avant le 28 février 2018, contraindra les intermédiaires en assurance à se former et à former leurs salariés au minimum 15 heures par an. « Depuis l’an 2000, l’environnement juridique des courtiers en assurance a évolué de manière significative et, à chaque réforme, ils ont su trouver des solutions intelligentes pour y faire face. Depuis vingt ans, le secteur a une forte tradition d’investissement dans la formation professionnelle continue. Je ne m’inquiète donc pas par rapport à la capacité des courtiers à s’adapter à cette obligation de formation ou à la réforme de la formation professionnelle », dédramatise Georges-Éric Leroux. « Je ne crois pas que ces nouvelles réglementations imposeront de former davantage leurs salariés par rapport à ce qui se pratique actuellement dans de nombreuses entreprises. Le principal changement, c’est qu’elles devront être en mesure de le justifier. Quelque part, c’est une manière de donner de la valeur aux compétences acquises », ajoute Claire Pascal. Et donc de « renforcer la crédibilité » de la profession. Néanmoins, la réforme de la formation professionnelle devra répondre à deux questions importantes : à combien s’élèvera le coût pour les entreprises, en particulier celles qui ne formaient pas du tout leurs salariés, et surtout qui le prendra en charge ? Enfin, ne pas former ses collaborateurs va devenir dangereux. « Si un chef d’entreprise licencie un salarié parce qu’il n’est plus compétent, le salarié, s’il parvient à prouver que l’entreprise ne lui a pas permis de perfectionner ses compétences, pourra tout à fait l’attaquer aux prud’hommes », alerte Claire Pascal.

Les salariés, demandeurs de formations

Comme la DDA reconnaît différentes formes de formations continues (en présentiel, en ligne, ou sous forme de tutorat), cette pratique pourrait rentrer plus facilement dans les mœurs. De plus, former ses employés constitue un moyen de gagner en attractivité face à des salariés demandeurs d’une mise à jour régulière de leurs compétences. « En entretien d’embauche, de plus en plus de candidats demandent comment ils seront formés », constate Béatrice Métral. Le groupe Alptis propose même à ses salariés expérimentés de devenir formateurs. Pour cela, ils bénéficient d’une formation et d’horaires adaptés. Une formule gagnante. « Ainsi, nous déclenchons nos actions de formation bien plus vite et nous favorisons les échanges entre nos différents services. De plus, nos salariés-formateurs connaissent mieux les attentes de nos équipes. Enfin, c’est une manière de valoriser les compétences, une source de motivation. Nos salariés deviennent, en interne, des ambassadeurs de la formation continue. »

Les salariés qui ne sont pas formés dans les entreprises, sont les chômeurs de demain.”

Claire Pascal, directrice générale de Comundi

La formation, c’est la rencontre de deux ambitions : celle de l’entreprise et celle du collaborateur.”

Georges-Éric Leroux, directeur de l’Agefos-PME Bretagne

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