Dufaud répond à l'infortune des bijoutiers lyonnais

Le courtier assure à Lyon 85 % de la profession, qui s'attend à voir les primes bondir de 15 %, à la suite d'une série de braquages chez les fabricants de bijoux.

Les bijoutiers lyonnais sont dans le pétrin. La douzaine de braquages commis depuis la fin 2009 a mis à mal une profession qui produit, localement, la majeure partie des pièces fabriquées en France. On parle de plus de 200 kg d'or dérobés. « Nous sommes en sursis jusqu'au prochain sinistre », s'inquiète Roland Bernard, le président du syndicat des maîtres joailliers lyonnais, dont l'établissement a été touché par la vague d'agressions.

La sécurité coûte cher et la crise est passée par là

Il vient de faire le point avec le courtier Dufaud, acteur lyonnais qui assure près de 85 % des 130 entreprises de joaillerie présentes (1 300 salariés au total). Résultat : « Pour le moment, l'assureur veut nous maintenir en vie. Les primes n'augmenteront que de 10 % à 15 %. Mais nous nous attendons à voir cette hausse maintenue sur les quatre prochaines années, même si aucun nouveau sinistre se produit », ajoute Roland Bernard. Dufaud assurances traite en direct avec les réassureurs Munich Re (avec le Britannique Great Lakes, en « fronting ») et Hannover Re. Gérard Drahy, directeur général du département bijouterie du courtier (70 % de l'activité), évoque un rapport sinistre à prime « de plus de 145 % ». Il prévient : « Nous maintenons tous nos assurés, mais nous imposons des moyens de sécurité accrus » - par exemple, en confiant les clés des locaux à des sociétés extérieures, ou en sophistiquant les procédures de surveillance. En auront-ils les moyens ? À Lyon, certaines maisons ont vu leur chiffre d'affaires chuter de 5 % à 60 % à cause de la crise, tandis que la matière première flambe : le cours de l'or a doublé en un an pour s'établir à 28 000 € le kilo.

Les fabricants, une nouvelle cible

La série de braquages a mis en évidence un nouveau risque, explique une spécialiste du secteur : « Plutôt que de s'attaquer systématiquement aux montres et bijoux dans les boutiques de luxe, et plutôt que de s'en prendre aux transporteurs, les agresseurs se sont rendus chez les fabricants. Rien à dessertir, très peu à transformer : l'or sert de monnaie d'échange pour l'achat de stupéfiants. Il y a deux ans, les ateliers couraient un risque inférieur à celui d'un bijoutier ayant pignon sur rue. Leurs taux d'assurance étaient moins forts. Dorénavant, les tarifs sur le lieu de production vont augmenter. »

Au point que Roland Bernard estime que les bijoutiers ne pourront plus assurer la totalité de leur stock. Et quid des autres 15 % de bijoutiers locaux, assurés ailleurs que chez le courtier lyonnais ? « Ils sont tout aussi exposés que nous, répond le président du syndicat. Mais nous espérons négocier un meilleur résultat, car le risque est davantage mutualisé. »

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