[DOSSIER] Les courtiers des principales entreprises françaises [...] 1/5

L'assurance au prix plancher

Pour la 10e édition du classement des courtiers des 100 principales entreprises françaises, L'Argus de l'Assurance fait un tour d'horizon des principales évolutions de la décennie écoulée. Par ailleurs, c'est aussi l'occasion de dresser des scénarios possibles sur les évolutions du cycle tarifaire.

« Aujourd'hui, les budgets d'assurance des grandes entreprises sont le plus souvent inférieurs à ceux acquittés lors des renouvellements du 1er janvier 2001 », assène Bruno Vesval, directeur général délégué de Gras Savoye. Pour la dixième édition du palmarès de l'Argus de l'assurance sur les courtiers des principales sociétés françaises, ce petit rappel historique ne pouvait pas mieux tomber. À en croire les courtiers, les renouvellements 2011 se sont déroulés sur un marché baissier, pour la septième année consécutive. Même les établissements financiers, chahutés par la crise financière de 2008, ont bénéficié de bonnes conditions tarifaires en 2010 pour renouveler leurs programmes. À l'exception du risque automobile, l'ensemble des branches IARDT ont vu au pire leurs tarifs stagner, au mieux continuer de baisser. « Même en RCMS, où les assureurs redoutent tous un sinistre d'ampleur, l'arrivée de nouveaux entrants rend le marché surcapacitaire » explique Marc Michoulier, à la tête de la division grandes entreprises de Marsh.

Un marché peu favorable pour les assureurs

Les assureurs qui, jusqu'à présent, restaient en haut des programmes pour percevoir de petits montants de primes descendent progressivement. Après avoir bien mesuré le risque pendant quelques années, ils en prennent un peu plus pour alimenter leur chiffre d'affaires.

« Les renouvellements 2011 se sont faits globalement à la baisse, à la fois sur la prime de risque de l'assureur mais également sur les chargements et les annexes du prix, donc sur la rémunération du courtier » confirme François Leduc, directeur général adjoint de Verspieren. Mais si ce cycle à la baisse, semble-t-il sans fin, a des conséquences inespérées pour les entreprises, il est largement moins favorable pour les assureurs.

Aujourd'hui, pour un grand risque, il est moins coûteux de s'assurer qu'il y a dix ans. La vive compétition qui perdure entre les nombreux courtiers et assureurs des grandes entreprises suffira-t-elle à maintenir ce cycle baissier ? « Les assureurs et les courtiers font tout pour conserver leurs affaires. Les entreprises qui obtiennent de bons résultats statistiques et techniques en tirent pleinement profit. Toutefois, le marché reste en transition », tempère Hervé Houdard, directeur général de Siaci-St-Honoré.

Les effets de Solvabilité 2 à partir de 2012

Pour François Leduc, la réponse est négative : « Selon moi, trois éléments vont se conjuguer pour déclencher une inflation tarifaire sur le marché des risques d'entreprises. Tout d'abord, Solvabilité 2 s'appliquera au 1er janvier 2013 et, qu'on le veuille ou non, contraindra les fonds propres des assureurs. Ensuite, la dérive de la sinistralité Cat et les évolutions réglementaires ou jurisprudentielles en RC vont être des facteurs de remontée des prix. Enfin, le dernier d'entre eux est tout simplement la santé financière recouvrée des assurés. Si, au pire de la crise, il n'était pas pensable de faire passer des hausses, au moment où la situation économique des entreprises s'améliore, la potion sera moins amère. » Même son de cloche chez Marsh, où Marc Michoulier considère que si Solvabilité 2 n'aura pas d'incidence cette année, « des effets significatifs devraient apparaître dès 2012 ».

Bien suivre les clients à l'international

Parmi les grandes tendances qui ont émergé durant cette décennie, deux phénomènes tiennent le haut du pavé. Tout d'abord, les processus d'achat d'assurances ont été profondément remaniés par les entreprises au cours des dix dernières années. La généralisation des appels d'offres et l'intervention quasi systématique désormais des directions des achats dans le processus de sélection des courtiers comme des assureurs expliquent en grande partie cette première orientation.

Ensuite, l'internationalisation de l'industrie française, et tout particulièrement celle des principales entreprises du pays, est également une des caractéristiques de la décennie 2001-2010. Pour les courtiers, l'enjeu d'un réseau, intégré ou non, capable d'accompagner les clients partout dans le monde a pris une importance cruciale. « En conquête comme en défense, le choix de Gras Savoye en 2010 s'est toujours fait sur la base de deux critères : la qualité du réseau international Gras Savoye-Willis et celle des outils de reporting mis à disposition des clients », note ainsi Paul-Émile Leroy, de la direction grandes entreprises du courtier.

Même pour des acteurs un peu moins présents auprès des grands comptes, comme Verspieren ou Diot, la constitution d'un réseau international s'est révélée un élément majeur au cours des années. Et Assurex Global pour l'un comme Eos Risq pour l'autre ont eu à batailler en 2010 pour conserver leur crédibilité.

La réassurance en état de forte surcapacité

Enfin, parmi les particularités des risques d'entreprises, l'une d'elles est valable depuis bien plus de dix ans : le rôle fondamental de la réassurance comme ultime porteur du risque. Ainsi, dans le rapport publié début janvier par le courtier de réassurance Guy Carpenter, le constat du moment reste l'énorme surcapacité de la réassurance sur les risques d'entreprise. Dès lors, la cédante peut très bien avoir une politique tarifaire agressive si, derrière, elle trouve à se couvrir à moindre frais. Et même si les capitaux des réassureurs sont moins bien valorisés que par le passé, les capacités restent surabondantes pour l'heure. « La capacité de la réassurance mondiale en risques industriels est estimée à 150 milliards de dollars. Il faudrait un sinistre d'une ampleur inédite pour avoir un impact sur un tel montant », remarque Marc Michoulier. En l'espace d'une décennie, et après les attentats du 11 septembre 2001 dont le coût des dommages est établi à 50 Md $, la capacité de réassurance des risques industriels a été multipliée par trois.

2 questions à Philippe Sumeire, directeur juridique du groupe Seb

Seb opère avec ses courtiers un des mouvements majeurs de 2010. Quels en sont les ressorts ?

- Seb sait être fidèle et travaillait avec Diot depuis quarante ans. L'organisation de l'appel d'offres conceptuel s'inscrivait dans le vaste plan stratégique engagé par le groupe en 2007. Ce plan, qui a débuté par nos vecteurs de croissance, s'est poursuivi en 2009 par la remise à plat de nos centres de coûts, dont l'assurance. De plus, Seb s'est internationalisé et a changé ces dernières années : il était opportun de challenger les courtiers sur leurs prestations de services et leurs offres de placement. L'appel d'offres a débuté en septembre 2009 pour se terminer en avril, afin que le courtier retenu puisse mener à bien nos renouvellements pour l'échéance du 1er juillet. La meilleure offre en termes d'innovation, de budget et de qualité de service a été retenue : celle de Gras Savoye.

Pourquoi ne retenir qu'un intermédiaire ? Et quel bilan du partenariat après six mois ?

- Avec une petite équipe en interne, 80 filiales et des programmes mondiaux centralisés, je ne voulais gérer qu'un seul interlocuteur courtier, à la fois proactif et capable de se voir déléguer beaucoup de prestations. Nous avons mené un premier bilan à mi-parcours : cet exercice s'est révélé satisfaisant pour Seb tant en termes de placements et de budget que de qualité de la prestation.

Assureurs et Courtiers font tout pour conserver leurs affaires. Les entreprises qui obtiennent de bons résultats statistiques en tirent profit

Hervé Houdard, directeur général de Siaci-St-Honoré

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