[DOSSIER] Micromarchés 5/6

Dans les cuisines d’un assureur de niches

Dans les cuisines d’un assureur de niches
photos : LAETITIA DUARTE

La compagnie britannique Beazley, spécialiste des risques complexes, nous a ouvert ses portes et dévoilé quelques-uns de ses secrets de fabrication.

Les niches on connaît chez Beazley. On ne fait même que ça. L’assureur ­anglais, gestionnaire de six syndicats du Lloyd’s a fait des risques spéciaux sa marque de fabrique. Des kidnappings à la piraterie maritime, en passant par les tatoueurs, les hypno­tiseurs et même les magnétiseurs, Beazley s’est imposé comme un acteur de référence en matière de couverture des risques comple­xes. Un savoir-faire longtemps mis à profit outre-Atlantique que le groupe cherche désormais à développer en Europe.

En mode start-up

À Paris, c’est dans le quartier des grands boulevards, à l’angle de la rue Saint-Georges et de la rue La Fayette, que l’on retrouve l’assureur anglais. Plafonds hauts, moulures dorées et logo rose, les bureaux parisiens de Beazley ont des allures de start-up chic. Benoît Goureau, le nouveau ­directeur du développement, gère ici une équipe de dix jeunes souscripteurs. Bien qu’arrivé il y a onze ans en France, Beazley n’a décidé que récemment de développer ses activités dans l’Hexagone. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : une équipe passée du simple au double sur les douze derniers mois et une offre de garanties qui a doublé en deux ans.

Pour comprendre cette nouvelle dynamique, il faut revenir plus d’un an en arrière, en ­février 2016. À l’occasion de la 24e édition de l’Amrae, le rendez-vous annuel des risk managers français, les entreprises expriment un fort besoin de couvertures nouvelles en matière de risque terroriste. Sitôt entendu, sitôt fait, quatre mois plus tard, Beazley lance l’offre « Loss of attraction » une garantie pour les hôtels, les ­restaurants et les commerces, qui couvre les pertes de profits occasionnées par une attaque terroriste même si les établissements n’en ont pas été la cible. « Agile », « innovant », ces termes reviennent souvent dans la bouche des courtiers quand il s’agit de parler de Beazley. « Notre différence, c’est notre dynamique entrepreneuriale. Chaque souscripteur a des autorités de souscription. Ce qui nous aide à être réactifs », ­explique Benoît Goureau.

2,2 Md$ Le total des primes brutes souscrites par le groupe Beazley dans le monde en 2016, en hausse de 6 % par rapport à 2015.

Si Beazley ose et réussit à s’aventurer là où les grandes compagnies ne vont pas ou peu, c’est grâce à sa stratégie de diver­sification. Ses activités réparties en six branches (vie, marine, risques politiques et de guerre, propriété, réassurance et risques spéciaux) permettent, une fois imbriquées, d’aboutir à un ratio combiné qui reste stable au fil des années (autour de 90 % depuis 2012). Une stratégie qui se retrouve jusque dans l’organisation même du travail des équipes de l’assureur.

À Paris, tout est fait pour favoriser l’interaction entre les employés. Bureaux en open space, petit-­déjeuner commun, espace ­détente et surtout profils similaires avec une moyenne d’âge qui tourne autour de trente ans. « Nous ne sommes que des ­souscripteurs et nous gérons ­chacun une niche différente. Le fait que nous soyons réunis dans une même pièce est donc extrê­mement constructif », explique Lucien Mounier, 26 ans, en charge des risques ­cyber. « Tous ces échanges, que l’on peut avoir entre collègues, ça fait grandir personnellement, mais cela s’avère aussi très utile professionnellement », poursuit-il.

Derrière Lucien, sa voisine de bureau, Loria Mebarki, acquiesce. À 31 ans, elle officie comme souscriptrice spécialisée dans le ­domaine de la responsabilité ­civile professionnelle, l’une des activités phares de Beazley en France, avec un total de près de 300 métiers accompagnés. Loria Mebarki vient justement de tirer le fruit d’un travail d’équipe. « Nous lançons actuellement une police en responsabilité civile pour les professionnels de la ­sécurité, un secteur en plein boom. J’en avais parlé à Lucien et c’est ainsi que nous avons pu ajouter une couverture des risques cyber en inclusion automatique », explique-t-elle.

Grand oral

Conscient de l’intérêt de développer l’interaction entre tous ses souscripteurs, Benoît Goureau a décidé peu après sa promotion au poste de directeur France en décembre dernier, de mettre en place des « learn and lunch ». ­Littéralement « apprendre et ­déjeuner » en français, ces rendez-vous bimensuels consistent en des déjeuners aux cours desquels les souscripteurs exposent à tous leurs collègues les dossiers sur lesquels ils travaillent. Loria Mebarki sera la prochaine à ­passer son grand oral. Ce sera au mois de juin. D’ici là l’équipe semble surtout impatiente de savoir si Maxime, la dernière ­recrue du service risques politiques, refera à cette occasion le cake chocolat banane qui avait fait l’unanimité au précédent repas. Savoir doser et mélanger les ingrédients, c’est un peu ça finalement le secret de fabrication des assureurs de niche.

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