David Vrel (Rapid Pare Brise) : « Notre modèle économique est juste différent de celui des réseaux travaillant sous agrément »

David Vrel (Rapid Pare Brise) : « Notre modèle économique est juste différent de celui des réseaux travaillant sous agrément »
David Vrel, directeur général de Rapid Pare Brise s'adresse aux assureurs

Dirigeant de Rapid’Pare Brise, la jeune enseigne de vitrage qui scandalise la profession de l’assurance et de l’automobile, David Vrel répond dans l’Argus de l’assurance aux attaques dont fait l’objet son concept commercial.

Le dossier Rapid’ Pare Brise est désormais une affaire d’état dans le monde feutré du bris de glace. L’Argus en détaillait les tenants et aboutissants le 14 mai 2016. Un mois plus tôt, David Vrel, directeur général de l’enseigne de vitrage, était officiellement interpellé par le Conseil national des professions de l’automobile (CNPA), qui le menaçait dans un courrier de s'autoriser le recours à la voie judiciaire. Que lui reproche-t-on ? Ses pratiques offensives sur le plan commercial (le montant de la franchise est offerte ou son équivalent en cadeau d’une valeur de 99€ TTC), mais aussi comptable (tarifs surévalués et double facturation manquant de transparence). En somme, de pratiquer une forme de concurrence déloyale et de destabiliser un marché à 90% assuré. Or, Rapid’ Pare Brise travaille, à l’inverse de la majorité des réseaux nationaux, sans agrément...

Un marché qui pourrait se cliver

Ainsi, le bras de fer qui s’enclenche avec ses concurrents (Carglass, France Pare Brise, Mondial Pare-Brise, A+ Glass…) et les assureurs eux-mêmes révèle et cristallise une évolution structurelle et de fond de ce marché. L’attente autour de son issue explique l'ampleur du rififi... « La profession pourrait se cliver avec, d’un côté, ceux qui travaillent avec les assureurs dans une logique de rabais contre volumes d’affaires et ceux qui travaillent sans les assureurs avec une liberté tarifaire inflationniste et font la dynamique du moment aux dépends des premiers », confie le directeur des ventes d’une enseigne de vitrage concurrente. Et d’ajouter « Si c’est légal, la pratique de Rapid Pare Brise va se développer. Automatiquement, le marché se rétrécira puisque les assureurs ne pourront plus jouer le jeu… Cela deviendra un autre marché. Pour moi, ce type de pratiques n’est absolument pas en ligne avec le code des assurances et tout le monde a intérêt à rentrer dans le rang ».

David Vrel répond aux accusations

David Vrel a choisi, via L’Argus de l’assurance, de répondre aux accusations des assureurs et attend toujours, explique-t-il, d’être convoqué par le CNPA. Depuis son courrier, le syndicat reste silencieux, y compris à l'égard de la presse. Le CNPA doit, en effet, gérer la vingtaine de métiers qu’il représente et compte, parmi ses adhérents, des concessionnaires, par exemple, qui offrent aussi le montant de la franchise… L'affaire est donc également politique. Mais un rendez-vous serait bel et bien pris avec le dirigeant de Rapid Pare Brise. Lequel déclare :

« Nous n’avons jamais souhaité entrer en conflit avec certaines compagnies d’assurances ou mutuelles et je veux donc clarifier notre positionnement commercial. Nous avons à cœur d’offrir, à tous les clients assurés, un service de qualité grâce à notre école privée de formation de plus de 1 200 m2 quasi unique en son genre. Concernant la soi-disant surfacturation, cette accusation de la part de certains assureurs est totalement fausse au regard des règles d’évaluation et de réparations applicables en dehors des réseaux agréés par les compagnies d’assurances. En effet, l’évaluation de la réparation est doublement encadrée en amont par les outils d’évaluation que nous utilisons comme tous les autres professionnels de la réparation de vitrage (X Glass) et en aval, à l’occasion du contrôle des cabinets d’expertise missionnés par les compagnies d’assurances. Nous respectons scrupuleusement les temps préconisés, le prix des pièces constructeur et notre taux horaire se situe toujours dans la moyenne des taux constatés chez les prestataires non agréés.Dans ces circonstances, nos prestations rentrent parfaitement dans le cadre du coût normal de la réparation du dommage et si tel n’était pas le cas, les assureurs disposeraient de la possibilité de les contester via leurs experts automobiles.Nous avons également fait une étude économique, dont les conclusions nous permettent d’affirmer, contrairement aux déclarations reprises dans l’article, que nous nous situons 9 fois sur 10, moins cher que le leader du marché et quasiment tout le temps moins cher que les constructeurs (non agréés).La déloyauté dont on nous accuse voudrait donc que les comparaisons en termes de prix de réparations ne s’effectuent pas avec des enseignes agréées qui sont amenées à facturer des tarifs horaires inférieurs au coût de leur main d’œuvre, mais avec des professionnels non agréés ….».

Une double facturation défendue comme légale

« Concernant l'avoir effectué à posteriori, notre mode de facturation témoigne de notre volonté de ne pas faire supporter aux assureurs la charge de nos offres promotionnelles pour individualiser le prix de la réparation des cadeaux promotionnels offerts à nos clients et démontrer ainsi que le coût est supporté par les enseignes en déduction de leur marge.Cela témoigne donc bien du fait que l’assureur paie uniquement le prix de la réparation du dommage évalué, selon les règles professionnelles applicables et certainement pas un « cadeau » offert à nos clients. La valeur de nos offres (maximum 99 €) n’est, en outre, pas très éloignée de celles de nos concurrents, mais elles portent sur un choix plus large de produits qui ne sont pas limités à l’automobile et sa conduite pour nous différencier des offres concurrentes. La DGCCRF n’hésite pas à venir visiter régulièrement l’ensemble de nos centres sans constater d’anomalie particulière».

Faux procès

« Il me paraît injuste de déduire de ces offres que les sociétaires seraient incités à briser leur pare-brise pour bénéficier d’un cadeau comme l’indique l’un des représentants d’une mutuelle. Si l’on suit ce raisonnement, aucune offre promotionnelle ne serait possible au motif que des assurés indélicats tenteraient de profiter du système. Il s’agirait là d’une attitude condamnable et il appartient aux compagnies victimes de ce type d’agissement de prendre les sanctions qui s’imposent auprès de leurs assurés.Ces accusations témoignent donc du faux procès qui nous est fait ».

Actions pro-assurance mises en place par Rapid Pare Brise

« A titre d’exemple, pour 2016, nous mettons en place une charte afin de nous permettre de garder de bonnes relations avec les assureurs. Nous organisons également la mise en place d'un logiciel commun pour contrôler toutes les factures établies par l'ensemble du réseau. Nous garantissons à vie, la réparation des impacts lors d’un remplacement de pare-brise. Il s’agit donc d’un avantage indéniable pour les compagnies d’assurances qui se voient libérées pour l’avenir de cette garantie en ce qui concerne nos clients car nous assurons la réparation sans frais des impacts au sein de notre réseau. En 2016, nous mettons également en place, à nos frais, une assurance bris de glace (casse et vandalisme) d'un an pour tous les pare-brise posés dans nos ateliers, ce qui constitue une nouvelle fois une source d’économie pour les assurances en terme de sinistre bris de glace.Ces dispositifs permettront à terme de baisser la sinistralité chez les assureurs et constitueront un avantage pour la collectivité».

Défense d'un nouveau modèle économique... à la légalité constestée

«Toutefois, nous ne souhaitons pas pratiquer les tarifs horaires imposés aux professionnels agréés. Effectivement, nous n’imaginons pas travailler à 21 € de l'heure avec un salarié qui en coûte 30…. Notre volonté est de professionnaliser notre enseigne, continuer à travailler sans agrément (comme dans beaucoup de pays européens) tout en gardant de bonnes relations avec les assurances. Notre modèle économique est certes différent des réseaux travaillant sous agrément, mais en aucun cas nous ne souhaitons bouleverser ou modifier l'ordre établi.Simplement travailler différemment en respectant la liberté du choix du réparateur consacrée par le législateur ainsi que les règles et la législation française et européenne. Nous nous tenons à la disposition de quiconque voudrait visiter nos locaux et comprendre notre mode de fonctionnement».

Directeur commercial de France Pare Brise, numéro 2 du marché derrière Carglass avec 128 M€ de CA réalisé en 2015, Xavier Regembal assure, malgré cette défense, que si l'on s'en réfère au jugement prononcé par le tribunal de Tours le 12 septembre 2014, le rachat de franchise n'est pas légal. « Le code des assurances parle de préjudice que l'assureur chiffre et auquel il applique une franchise. Quiconque réduit la franchise en faisant des remises, réduit le préjudice. En Allemagne, le tribunal de Munich a statué à l'encontre d'une enseigne qui pratiquait exactement la même méthode que Rapid Pare Brise et la conclusion de l'affaire a été claire et a fait jurisprudence : seul un assureur peut disposer de la franchise ».

La voie judiciaire sera-t-elle employée ? A suivre...




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Commentaires

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