[DOSSIER] Économie collaborative 2/5

Economie collaborative : l'enjeu de la confiance

Economie collaborative : l'enjeu de la confiance

Obligatoire ou optionnelle, l’assurance est indispensable aux plateformes collaboratives qui trouvent, aujourd’hui, assureurs à qui parler.

L’individualisme vivrait-il ses dernières années ? Le succès croissant des plateformes collaboratives porterait presque à le croire. Selon le cabinet de conseil PwC, leur chiffre d’affaires progresse de 35 % par an. C’est 10 fois plus que l’économie traditionnelle. Or, le marché est particulièrement dyna­mique en France. L’Hexagone fait figu­re de proue grâce à une réglementation favorable au « co » : statut ­d’autoentrepreneur, autorisation locative sans accord de la municipalité (voir p. 41)…

Les 276 plateformes actives génè­rent, sur le territoire, 3,5 Md€ de chiffre d’affaires, appelés à être multipliés par trois d’ici 2018. L’épiphénomène est donc ­devenu structurel. « L’économie du partage se développe à vitesse grand V. Nous sommes passés d’un simple titre accrocheur à un choix de consommation privilégié des nouvelles générations Y et Z », déclare Jean-François Marti, ­responsable du PwC Experience Center, qui ajoute : « De nombreux secteurs de cette économie auront atteint, dans 10 ans, une taille qui leur ­permettra de riva­liser avec leurs homologues traditionnels ». Alors, avant que la ­bascule ne s’opère, les assureurs s’attellent, déjà, à couvrir ces ­nouveaux usages.

Certains choisissent d’enrichir leur contrat auto ou MRH existants comme Covéa qui lance le pass Auto mobilité auprès des sociétaires de GMF et bientôt de Maaf et MMA. « C’est comme une surcomplémentaire au contrat standard qui protège l’assuré et le véhicule pour 4 € par mois s’il loue une voiture en libre-service, à un professionnel ou un particulier (ndlr : ­garantie du conducteur, des objets transportés, des pertes financières, couver­ture des personnes covoiturées, ­remboursement des franchises en cas de sinistre…) », confie ­Valérie Cohen, directrice technique ­produits IARD de Covéa. D’autres s’organisent pour répondre aux nombreuses sollicitations des plateformes collaboratives, en quête d’assurances sur-mesure, en option ou en ­inclusion de leur offre.

Depuis 2015, Maif et Axa ont ainsi dédié un département baptisé Économie collaborative pour la mutuelle et Partenariats digitaux et Nouvelles économie pour la compagnie. Une équipe commerciale y officie avec une direction technique compo­sée de souscripteurs et d’actuaires.

Contrats à l’usage

« Nous faisons évoluer les contrats standards vers des contrats à l’usage », expliquent Audrey Fabresse, responsables Partenariats digitaux et Nouvelles économise d’Axa France qui a conclu une cinquan­taine d’accords. À Niort, Thomas Ollivier, responsable économie collaborative de la Maif, assure, de son côté, 150 plate­formes. « Nous y voyons une oppor­tunité de diversification, un relais de croissance à long terme et le moyen d’offrir de nouveaux services, attendus par nos sociétaires qui pratiquent le “co” pour 86 % d’entre eux. Cette stratégie n’est donc pas guidée par le seul retour sur investissement, le risque ne pouvant pas encore être structurellement rentable. »

Les assureurs se forment. Ils sont en apprentissage. « Nous n’avons pas toujours la rentabilité technique la première année, mais on apprend énormé­ment afin d’adapter, demain, notre réponse tarifaire et notre organisation », explique Karine Gangneux, directrice du développement des partenariats chez Generali France, structure vouée à la construction de contrats sur-mesure en marque blanche (chien-chat, ­affinitaires…), et dont les risques sont portés par sa filiale L’Équité.

« Aujourd’hui, on peut répondre à tous types de sollicitation », ­précise celle qui a noué une dizai­ne d’accords. Ses ­critères pour signer ? La capacité à expéri­menter de nouvelles ­garanties, à encadrer le risque, les perspectives de volume et le projet du start-upeur. Pas besoin, cependant, d’entité dédiée pour se lancer, à l’image de Suravenir Assurances qui couvre depuis peu la nouvelle plateforme d’assurance communautaire WeCover. « Nous sommes dans une démarche de test & learn. Nous ne voulons pas regarder le train qui passe, et nous sommes convaincus que l’appro­che commu­nautaire dans l’assurance peut se révéler être un bon risque », commente Bernard ­Snoeck, le directeur général. Une bonne nouvelle pour les plateformes puisque l’assurance est la caution sécu­ritaire, autant que le fournisseur de services clé de leur modèle.

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