[DOSSIER] Investisseurs institutionnels 3/3

Financement par les investisseurs institutionnels : pourquoi les entreprises sont séduites

Financement par les investisseurs institutionnels : pourquoi les entreprises sont séduites

Le recours aux investisseurs institutionnels est jugé plus souple et plus intéressant financièrement. En échange de quoi, les PME et les ETI se montrent prêtes à accorder une rémunération plus importante à ces nouveaux financeurs.

C'est une petite révolution sur le marché de la dette et une belle opportunité pour les sociétés. Alors que le financement des PME évoluait uniquement autour des banques, elles peuvent maintenant s'adresser à un nouvel interlocuteur : les investisseurs institutionnels.

Si seules quelques dizaines d'entreprises ont bénéficié de cette possibilité, celle-ci existe bien et réduit leur dépendance aux banques. « Avant 2011, notre dette était financée uniquement par nos banques, témoigne Fabrice Walewski, cogérant de Touax, spécialisé dans la construction et la location pour le transport, qui réalise un chiffre d'affaires de 350 M€. Nous avons commencé par souscrire 7 M€ dans le cadre du fonds Micado, puis mené trois autres opérations pour disposer aujourd'hui de 70 M€ de prêts désintermédiés, soit 13% de notre endettement global. »

Outre la diversification, les assureurs proposent aux entreprises des crédits sur des durées de cinq à sept ans, ce que les banques rechignent à offrir. « Ce qui nous a tout de suite séduits dans cette opportunité était d'avoir une maturité de sept ans, avec un remboursement in fine », témoigne Isabelle Garcia, directeur finance d'Altrad, un groupe spécialisé dans le matériel pour le BTP et l'industrie (710 M€ de CA). L'entreprise a ainsi obtenu pas moins de 100M€, apportés pour moitié par les fonds Novo, qui ne sont remboursables qu'in fine. Seul le coupon est dû chaque année, les investisseurs pouvant se permettre de prêter à longues échéances, l'actif s'alignant alors à leur passif.

Un financement plus simple et plus rapide

Pour obtenir une telle maturité, les entreprises sont souvent prêtes à concéder une rémunération intéressante aux investisseurs. Ainsi, Altrad a consenti plus d'une centaine de points de base de plus que la rémunération moyenne de ses lignes bancaires. « Nous nous étions fixés comme limite 4,50% et nous avons obtenu un coupon de 4,40%, précise Isabelle Garcia. Nous estimons que le prix est juste au vu de la maturité, puisque nous pourrons utiliser notre cash-flow pour financer notre croissance interne et nos investissements. »

Autre avantage, les entreprises estiment qu'il est plus simple d'être financé par un fonds ou un placement privé que de faire appel au marché. « Le placement privé nous a pris moins de deux mois, ce qui est plus rapide que de mettre d'accord plusieurs banques dans le cadre d'un crédit syndiqué », note Olivier Aldrin, directeur général adjoint en charge des finances du groupe de conseil en informatique Altran (1,6 Md€ de CA), qui a levé 135 M€ à six ans, pour un coupon de 3,75%.

Enfin, les « belles » entreprises sont mêmes ciblées par les établissements bancaires chargés de placer des poches de liquidités pour le compte d'assureurs. « Des banquiers nous ont sollicités pour nous proposer un placement privé, témoigne Frédéric Regert, directeur général adjoint finances et administration du groupe intervenant dans l'organisation d'événementiels GL Events (800 M€ de CA). Comme nous sommes cotés, et compte tenu de la solidité de notre bilan, nous avons obtenu un prêt de 50 M€ sur ce nouveau marché. »

Les premières opérations, généralement dans le cadre de fonds, donnent souvent l'envie aux dirigeants d'entreprise de retenter l'aventure. Certaines poursuivent dans le cadre du même véhicule d'investissement.

Une approche plus mature

« Au début, le ticket était faible, à 3,1M€, pour un taux de 6,50%, témoigne Alain Marion, directeur général et financier du groupe VM Matériaux (651,8 M€). Mais grâce à cela, nous avons ensuite pu obtenir 3,8 M€ fin 2013, et de nouveau cette somme en mars 2014.»

D'autres utilisent ces fonds encadrés afin de gagner en expérience. La première opération sert alors de tremplin vers les marchés. « Dans un premier temps, nous avons obtenu 4 M€ grâce à Micado, témoigne Jérôme Destoppeleir, directeur administratif et financier de Homair (71 M€ de CA). Puis j'ai travaillé l'équivalent d'un mi-temps pendant près de quatre mois pour réaliser une émission obligataire ouverte à tous, et nous avons réussi à lever 15 M€. » Un processus d'apprentissage semble s'être enclenché, les PME gagnant en maturité pour convaincre les investisseurs en relation bilatérale... Mais aussi de plus en plus directement sur les marchés !

Au début, le ticket Micado était faible, à 3,1 M€ pour un taux de 6,50 %. Mais grâce à cette opération, nous avons pu obtenir près de 11 M€ en moins d’un an.

Alain Marion, directeur général et financier du groupe VM Matériaux

Le placement privé nous a pris moins de deux mois, ce qui est plus rapide que de mettre d’accord plusieurs banques dans le cadre d’un crédit syndiqué.

Olivier Aldrin, directeur général adjoint en charge des finances d’Altran

Ce qui nous a tout de suite séduits dans l’opportunité d’être financés par le fonds Novo était de bénéficier d’une maturité de sept ans, avec un remboursement in fine. Cela permettait de conserver le cash pour notre croissance interne et nos investissements.

Isabelle Garcia, directeur finance d’Altrad

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