[DOSSIER] Spécial risques d'entreprises 10/13

FM Global : L’assureur d’entreprises qui n’a pas d’actuaires

FM Global : L’assureur d’entreprises  qui n’a pas d’actuaires
fM GLOBAL Situé près de Boston (USA), le centre de recherche de FM Global s'étend sur une superficie de 650 hectares.

Mutuelle spécialisée dans la couverture des risques industriels des entreprises, FM Global a bâti son modèle sur un parti pris disruptif : se passer d’actuaires !

La singularité, FM Global la cultive à plus d’un titre. Mutua­liste dans l’univers du dommage industriel, l’assureur améri­cain fait siéger quelques-uns de ses 1 900 sociétaires – des grandes entreprises internationales dont une soixantaine basée en France – à son conseil d’administration. Depuis 2001, elle leur redistribue même une partie de ses primes si le ratio combi­né de l’exercice est vertueux. Fort d’un score de 85,5 %, ce sont près de 430 M€, l’équivalent de 10 % de son chiffre d’affaires, qui ont été crédités aux clients pour 2016/2017. Décalé, ce modèle l’est définitivement dans la manière de calculer les risques à couvrir : FM Global n’a pas d’actuaires ! L’approche du groupe se veut plus scientifique que statistique et, surtout, est axée sur la prévention. « Toutes les décisions de souscription sont basées sur ce que disent nos 1 800 ingénieurs prévention qui visi­tent 60 000 sites industriels par an, explique Thierry Masurel, directeur général de FM Global, chargé des opérations de Paris (1). Sur leurs dires, nous mettons 500 M€ de capacités sur la table, sans réassurance ». Les 700 points de données collectées par site audité permettent à la mutuelle de tarifer ses clients. Sur un socle actuariel standard – la nature du risque à couvrir faisant appel à des statistiques classiques d’intensité et de fréquence – le tarif repose, pour l’essentiel, sur la compréhension de la sinistralité de chaque entreprise cliente. Et sur les dispositions qu’elle prendra pour amoindrir son niveau d’exposition.

La mutuelle ingénieur-conseil

Changement de composition d’un revêtement mural jugé trop inflammable, pose d’extincteurs automatiques en cas de stockage en hauteur, mise en place de panneaux d’évents anti-explosion dans les enceintes fermées, voire choix d’un autre terrain dans le cadre d’une installation mal située sur la carte mondiale des risques d’inondation élaborée par la mutuelle : FM Global joue les ingénieurs conseils ! Assez logiquement, ses assurés sont de ceux qui croient aux vertus du risk management. « Avec un ingénieur à moins de 2 h de chaque entreprise, elles nous perçoivent comme étant leurs yeux et leurs oreilles », raconte Laurent Wantz, directeur ingénierie. Leurs recommandations, surtout, se basent sur des données expérimentales. « On a mis l’ingénierie avant la souscription, mais nous testons ce que nous préconisons », souligne Thierry Masurel.

Reproduire la puissance d’un typhon

Où ? Dans un vrai campus consacré à la recherche, à Boston, où officient 200 chercheurs dont une centaine de scientifiques internationaux. « Nous investissons 1 % de notre chiffre d’affaires annuel dans la recher­che », détaille Neil Costello, directeur technique ingénierie. Construit en 2003 moyennant 80 M€ d’investissement, auxquels s’ajoutent encore 50 M€ de frais de développement, ce complexe porte ses fruits. Les sinistres de FM Global coûteraient 8 fois moins cher que ceux de ses concurrents. Sur place, on brûle, on inonde, on simule des ouragans… « On aide nos clients à être résilients », déclare Neil Costello. Cinq corps de bâtiments traitent chacun un risque spécifique : les catastrophes naturelles, les essais hydrauliques, les risques électriques, les technologies incendie et les explosions. On y teste la solidité des portes et des vitres ainsi que de la toiture d’un site en lançant des projectiles à 140 km/h et en reproduisant la puissance de soufflerie d’un typhon. On y éprouve aussi les conséquences d’un incendie dans un entrepôt de stockage de chais de cognac. On y simule des secousses sismiques pour compren­dre les effets d’un tremblement de terre sur des installations électriques. On y observe les interactions entre poussières, gaz et vapeurs dans la forma­tion d’explosion. Côté numérique, on y modélise aussi la combustion… Les risk managers, courtiers et même représentants de gouvernements visi­tent tous ces drôles de labos qui reçoi­vent chaque mois, 85 curieux. FM Global y partage aussi ses avancées avec des universités.

De la science à la data science

Ces derniers temps, le curseur évolue de la science à la data science via l’analyse prédictive. « Nos clients veulent aussi connaître la probabilité qu’un risque survienne », déclare Laurent Wantz qui intègre le big data dans ses outils. Baptisé locations predisposed, la solution de l’assureur, lancée en janvier 2016, permet d’identifier les sites d’une entreprise qui seraient les plus exposés à un sinistre. Un an après la sinistralité le confirme : 2% des sites identifiés à forts risques, soit 1000 sites, sont responsables de 27% des sinistres du portefeuille... « Cela influence la manière dont le site est souscrit », glisse Thierry Masurel. Autre outil : relative likelihood isole les situations – hors cat’nat’ – qui ont deux fois plus de risques de conduire à un sinistre. Enfin, tout juste sorti des cartons, equipement factors identifie les machines les plus vulnérables au risque de bris, générant des sinistres cinq fois plus graves. Réels et virtuels, aucun risque n’échappe aux experts de Boston.

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