[DOSSIER] Dossier : Observatoire européen des femmes dans l’assurance 2/7

France : 24 heures chrono (Observatoire européen des femmes dans l'assurance)

France : 24 heures chrono (Observatoire européen des femmes dans l'assurance)

Bien que leurs entreprises mettent en place des mesures pour mieux articuler vie personnelle et professionnelle, les salariées de l’assurance ont tout de même du mal à trouver le bon équilibre. En cause : des « barrières psychologiques » qui les empêcheraient notamment de déléguer, que ce soit aussi bien dans leur travail que dans leur vie familiale.

La journée type d’une femme au travail est-elle vraiment différente de celle d’un homme ? Si tout le monde s’en doute, les études sur le sujet sont peu nombreuses. Dans son baromètre annuel « ADN de l’entrepreneur », qui étudie le comportement des dirigeants de petites entreprises (dont 500 en France), Hi scox apporte toutefois quelques éléments de réponse.

Elles assurent en France

  • 60% de l’effectif total (+0,3 point sur un an)
  • 48,3% des cadres (+0,7 pt)
  • 27,6% des cadres de direction (+0,6 pt)
« Les femmes entrepreneurs passent en moyenne 43 heures par semaine au bureau, soit 6 heures de moins que les hommes. Plus d’un tiers d’entre elles reconnaissent prendre moins de 30 minutes pour déjeuner par jour, et surtout elles sont deux fois plus nombreuses que les hommes à affirmer qu’elles ne prennent pas du tout de temps libre », indique Florence Tondu-Mélique, directeur général opérationnel d’His60 % de l’effectif total (+0,3 point sur un an) Elles ass urent en france 48,3 % des cadres (+0,7 pt) 27,6 % des cadres de direction (+0,6 pt) cox pour l’Europe. Qui ajoute aussitôt : « Pour comprendre un tel écart entre les deux sexes, il suffit de se pencher, encore aujourd’hui, sur la répartition des tâches ménagères dans les couples ». Précisément, selon l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), les femmes en France consacrent 3 heures et 52 minutes par jour au ménage et au care (enfants et personnes âgées). Les hommes ? 2 heures et 24 minutes. Dans ce contexte, une journéetype d’une femme – qui entend mener de front sa vie personnelle et sa vie professionnelle – peut vite ressembler à une course contre la montre. Surtout si celleci occupe un poste à responsabilité. En l’occurrence, dans l’assurance, la part des femmes cadres, mais aussi de direction, ne cesse de croître.

Afin d’aider ces femmes à concilier au mieux leur carrière avec leur vie familiale, nombreuses sont les entreprises du secteur à avoir signé au cours des dernières années un accord sur l’égalité professionnelle. C’est le cas notamment de MMA. « Outre sur le salaire, la promotion et le recrutement, notre accord vise à agir sur l’articulation travail/ famille. Trop de nos collaboratrices sont encore persuadées de ne pouvoir assurer sur les deux fronts. Nous voulons donc leur faire comprendre qu’un poste de cadre ou de management n’est pas incompatible avec des responsabilités familiales », explique Esperanza Duval-Galache, responsable du pôle diversité de MMA. Réduction du temps de travail avant un congé maternité, adhésion à la charte de parentalité, mesures d’aide à la famille pour s’occuper notamment d’enfants hospitalisés sens perte de rémunération : les dispositifs pour « faciliter » la vie de ses salariées – mais aussi pour les décomplexer – sont légion désormais chez MMA. « Davantage de femmes ont en tout cas accédé à des postes à responsabilité au cours des derniers mois », constate Esperanza Duval-Galache.

La difficulté de se fragmenter perdure

Seulement voilà, malgré ces mesures, beaucoup d’entre elles éprouvent tout de même les pires difficultés à jongler entre leurs deux agendas. « Lorsque les femmes s’imposent des horaires à respecter dans leur journée – comme par exemple être chez elles à 19 heures pour le repas des enfants – cela devient vite compliqué », observe Marianne Binst. La directrice générale de Santéclair se pose donc la question : « Ces femmes se donnent-elles vraiment les moyens de vivre de mani è re sereine et sans contrainte ? », Celle qui est présidente de l’association Parité dans l’assurance (Pass) croise en effet régulièrement ces profils de cadres sup’ « se mettant des barrières psychologiques et ayant du mal à déléguer ». Or, pour elle, « ces femmes qui font carrière et ont un bon salaire doivent accepter de se faire aider de manière très extensive ». On est bien loin du politiquement correct et de l’image de la femme capable de tout faire elle-même en restant tirée à quatre épingles !

La réussite implique-t-elle forcément l’entourage ?

Très concrètement, les solutions existent, mais elles ne sont pas forcément à la portée de toutes : un mari qui assume une juste répartition des rôles, une jeune fille au pair qui s’occupe des enfants le soir, des grandsparents à proximité.... Mais encore faut-il les accepter, ces solutions, et qu’elles soient réellement partagées par les différentes parties prenantes. À la différence de l’homme, la femme ne peut pas réussir seule. « J’ai un employeur assez flexible qui me fait relativement confiance. J’ai donc la possibilité d’aménager mon travail. Ma famille m’aide aussi au quotidien, puisque j’ai ma belle-mère qui est à deux minutes de la crèche, et mes parents à moins de 15 minutes en voiture. Le soir, je ne suis ainsi ni préoccupée, ni pressée d’aller récupérer mon fils. Et personnellement, je profite surtout de lui le week-end et durant les vacances », témoigne Sylvie Chanh, responsable du pôle sinistres et commutations à la CCR. Eh oui, car outre les 26 jours ouvrés de congés payés minimum inscrits dans la convention collective, les salariés de l’assurance bénéficient en moyenne, selon une enquête Altedia, de 13 jours de RTT dans l’année. Comme quoi, tout est toujours une question de temps.

Louisa Renoux, responsable de mission pilotage des risques à la FNMF

"Depuis la naissance de mon troisième enfant en début d’année, mes journées sont nettement plus intenses ! Toutefois, même si j’ai toujours eu des managers compréhensifs face aux impondérables que je pouvais avoir, j’essaie de faire en sorte que ma vie privée n’empiète pas sur mon travail. En effet, je pense – à tort – que cela pourrait me desservir dans ma carrière. Dans une précédente entreprise, j’avais émis le souhait de passer au 4/5e pour passer plus de temps avec mes enfants. On m’avait alors fait comprendre que dans ces conditions, accéder à un poste de direction me serait plus compliqué. Je continue de croire qu’il ne s’agit pas de choisir entre vie privée et carrière, on peut tout choisir. Aujourd’hui, j’essaie de m’organiser au mieux. Je réduis au maximum mes temps de pause. Je jongle entre les modes de garde (nounou, crèche, école) et le soir, quand mes enfants sont couchés et que mon mari rentre tard, je travaille depuis mon domicile. J’ai dû faire aussi des choix, comme réduire mes loisirs. J’ai vécu aussi des situations où ce sont les autres qui faisaient des choix pour moi. Il y a plusieurs années, je me souviens notamment d’un poste international pour lequel je postulais et où le recruteur m’avait demandé comment je comptais m’organiser entre mes enfants et les déplacements professionnels."

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