Generali tourne la page

Generali tourne la page
DR Gabriele Galateri di Genola, nouveau président de Generali, a dirigé quelques groupes cotés italiens de premier plan, de Fiat à Telecom Italia en passant par Mediobanca (premier actionnaire de Generali), dont il a été le président de 2003 à 2007. À ce titre, il a occupé le poste de vice-président du conseil de Generali.
Generali tourne la page
ÉMILIE ROUY Antoine Bernheim, président de Generali entre 1995 et 1999 et de 2002 à 2010
Au terme de deux mois de turbulences, l'assureur espère repartir sur de nouvelles bases. Contraint à se retirer, le président sortant Cesare Geronzi a été remplacé par Gabriele Galateri di Genola.

« Stabilité, cohésion et développement », telles sont les priorités du nouveau président de Generali, Gabriele Galateri di Genola, « pour permettre à la société d'atteindre des objectifs encore plus ambitieux que ceux atteints jusqu'ici ». Désigné à l'unanimité et avec une rapidité surprenante à la présidence de l'assureur italien, l'homme aura la charge de ramener la sérénité au sein du groupe, éprouvé depuis janvier par de vives tensions au sein de sa gouvernance.

Un manager expérimenté

Issu d'une famille noble piémontaise, réputé pour sa diplomatie, ce manager de 64 ans a dirigé quelques-uns des plus grands groupes cotés de la botte italienne, de Fiat à Telecom Italia en passant par la banque d'affaires Mediobanca, premier actionnaire de Generali, dont il a été le président de 2003 à 2007. À ce titre, il a occupé pendant cinq ans le poste de vice-président du conseil de Generali sous la régence d'Antoine Bernheim. Une expérience qui lui vaut de se retrouver aujourd'hui en première ligne au Lion de Trieste.

Apprécié pour son sens de l'équilibre, il incarne surtout la rupture avec le président sortant, Cesare Geronzi, un habitué des manoeuvres en coulisses et des jeux de pouvoir. Propulsé en 2010 de la présidence de Mediobanca à celle de Generali, cet influent et puissant banquier romain à la personnalité controversée - il a été impliqué dans plusieurs enquêtes judiciaires liées à des faillites -, sans aucune expérience dans l'assurance, est vite entré en conflit avec le management et plusieurs administrateurs, tels Diego Della Valle, l'un de ses plus virulents adversaires.

« Sa tâche s'annonce difficile »

« Je connais très bien Gabriele Galateri di Genola, qui a été vice-président du conseil lorsque j'étais président de Generali. Je suis content de sa désignation, mais sa tâche s'annonce difficile. Il n'a pas les pouvoirs exécutifs que j'avais, et j'ignore son degré de compétence dans l'assurance. En outre, à ce poste, il faut savoir composer avec des pressions constantes, politiques, administratives, et celles des actionnaires, des administrateurs... Pour continuer à se développer, Generali doit sortir de ses querelles intestines et se concentrer à nouveau sur l'essentiel : son activité dans l'assurance. Or, aujourd'hui, l'avenir de Generali ne peut être assuré qu'en se relançant dans des opérations de croissance externe, ce qui peut nécessiter des augmentations de capital. Pour que celles-ci soient couronnées de succès, il faut parvenir à convaincre tous les acteurs, notamment les investisseurs ; pour cela, il faut que le patron soit apprécié, ce qui sera sûrement son cas. Lorsque l'on m'a obligé à quitter la tête du groupe il y a un an, j'ai laissé une compagnie qui allait bien. Les turbulences qui ont suivi m'ont profondément attristé. Je souhaite que Gabriele Galateri di Genola parvienne à restaurer l'image du groupe. Nous devons nous voir prochainement. S'il me demande de l'aider, je le ferai très volontiers. »

Antoine Bernheim, président de Generali entre 1995 et 1999 et de 2002 à 2010

Vincent Bolloré affaibli

En effet, c'est le patron du groupe Tod's qui a ouvert le feu au mois de janvier contre Cesare Geronzi, en l'accusant de « délégitimer le management ». La situation s'est envenimée au fil des semaines, jusqu'à pousser douze administrateurs sur dix-sept, dont les deux représentants de Mediobanca, à défier le président, qui a ensuite préféré jeter l'éponge en démissionnant le 6 avril.

« Pour jouer les protagonistes et non les proies, un grand groupe comme Generali doit pouvoir travailler en paix. Désormais, les managers pourront diriger au mieux la société, sans devoir gérer des turbulences internes qu'ils ne méritaient pas », se réjouit aujourd'hui Diego Della Valle. Giovanni Perissinotto, directeur général du groupe italien, est le grand vainqueur de ce bras de fer. Alors que son leadership avait été remis en cause non seulement par Cesare Geronzi, mais également par le vice-président Vincent Bolloré, Giovanni Perissinotto concentre désormais tous les pouvoirs, le nouveau président n'ayant plus aucune responsabilité exécutive.

De son côté, même s'il est parvenu à conserver son poste de vice-président, Vincent Bolloré sort affaibli de cette affaire. Pour obtenir ce prestigieux fauteuil au sein de la compagnie, le chef de file des actionnaires français de Mediobanca était allé jusqu'à sacrifier, l'an dernier, son amitié historique avec Antoine Bernheim en favorisant l'ascension de Cesare Geronzi. Depuis, le Breton a continué de soutenir le président contesté, allant contre le management. Il s'est notamment abstenu d'approuver le bilan 2010, critiquant l'alliance avec le groupe tchèque PPF de Petr Kellner. Ce geste retentissant a obligé Generali à clarifier publiquement la nature de cet accord, le révélant ainsi à la concurrence. La goutte qui a fait déborder le vase et qui a accéléré la chute de Cesare Geronzi.

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