Gestion de sinistres : mariage de raison entre Generali France et Triangl'

Gestion de sinistres : mariage de raison entre Generali France et Triangl'
Située à Reims, la nouvelle plateforme de gestion de sinistres est opérationnelle depuis le 3 avril.

Le syndicat des agents généraux Generali et leur mandante viennent tout juste d’inaugurer leur plateforme de gestion de sinistres à Reims. Une coconstruction unique en France dans le secteur de l’assurance.

«C’est une première dans la vie d’un syndicat d’agents !», s’enthousiasme Bernard Jeannot, président du syndicat Triangl’, qui représente les agents généraux de Generali France. Ce représentant du réseau de distribution est fier d’avoir peut-être trouvé la formu­le gagnante, de concert avec sa compagnie, en matière de gestion des sinistres.

Car déléguer, ou non, ce «moment de vérité» du contrat d’assurance, est une question récurrente dans la vie d’un agent. Si, en théorie, l’engagement commun signé par les syndicats d’agents en 2004 stipu­le que «l’agent général gère les sinistres», sur le terrain, les configurations de gestion varient d’une compagnie à une autre.

Si Generali France fait partie des compagnies à avoir fait le choix de confier l’intégralité de la gestion des sinistres (hors dossiers comple­xes tels que les domma­ges corporels) à leurs 700 agents, le syndicat Triangl’ constate que depuis quelques années, ils sont de plus en plus nombreux à déléguer cette gestion à la compagnie via la plateforme Gessitel, dédiée à la fois aux agents, aux courtiers et au réseau salarié, hébergée au sein de Generali. Un changement profond de stratégie qui a incité Bernard Jeannot à mener une réflexion avec la compagnie. L’idée d’un GIE (Groupement d’intérêt économique) 100 % dédié aux agents Generali a ainsi fait son apparition en juillet 2016. Puis les choses sont allées très vite. Les statuts ont été bâtis par l’équipe de Franck Guillot, mem­bre du comité exécutif du syndicat, avec l’aide d’un conseil juridi­que extérieur et le soutien des services d'agéa, le syndicat des agents géné­raux, «l’objectif étant que chacun soit protégé finan­cièrement».

Un comité opérationnel paritaire

Si la compagnie reste majoritaire au conseil d’administration (3 membres, 1 pour Triangl’ et 1 pour les agents), Bernard Jeannot assure s’être «blindé juridiquement» afin de garder un certain pouvoir de décision dans les statuts, «le but n’est pas de fermer ce GIE dans six mois, mais de le faire vivre». Côté compagnie, Thierry Cassagne­res, directeur indemnisation des particuliers et pilote de ce GIE indique que «cette plateforme, réalisée en cocons­truction avec Triangl’, permet de remettre notre réseau d’agents dans notre champ de vision». En guise de message adressé à ses homologues dans les autres compagnies, Éric Merville, directeur indemnisation de Generali France, lance même : «si vous croyez dans votre réseau, il faut se donner les moyens».

Déléguer le nerf de la guerre

Si déléguer n’est plus un mot tabou, la gestion des sinistres reste le nerf de la guerre pour bon nombre d’agents. Le moyen de marquer des points aux yeux d’un client en lui réglant son pro­blè­me. Bref, un moyen de le fidéliser. Syndicat comme compa­gnie se montrent donc rassurants, mettant en avant le profil «très spécifique» du person­nel qui sera aux manettes sur la plateforme de Reims. Recru­tées par la compagnie, ces personnes «connaissent parfaitement le métier», provenant pour certai­nes de Gessitel (qui s’arrêtera courant 2017, mais dont les équipes continueront de gérer les sinistres des courtiers et du réseau salarié). Pour les agents, l’assuré ne devrait pas s’apercevoir que son dossier est traité hors agence. Quant à la crainte de perdre le client, le prési­dent de Triangl’ l’affirme, «les produits assurantiels sont et resteront très techniques. Les clients auront toujours besoin de proximité et de conseils».

Pour passer de l’ancienne à la nouvelle plateforme, deux vagues de 35 agents sont prévues. La compagnie souligne qu’une vingtaine d’agents se sont portés volontaires pour déléguer leurs sinistres au GIE, alors qu’ils avaient boudé Gessitel par le passé. Pour les encourager à sauter le pas, le GIE met en avant un argument économique : un coût sinistre négocié à 38€ (au lieu de 40€ en moyenne).

Face à cet investissement de plusieurs millions d’euros, plusieurs objectifs mesurables sont d’ores et déjà fixés : l’amélioration de la satis­faction clients et des résultats techni­ques (détection de fraudes, optimisation des recours, orientation vers les garages agrées…) et, bien sûr, de la rentabilité opérationnelle. «Si tout va bien, dans trois ans, 350 agents [NDLR : sur 700] auront délégué la gestion de leurs sinistres à la plateforme», indique Bernard Jeannot. Il en va de la viabilité du GIE.

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