Gouvernance : Axa anticipe l'après de Castries

Gouvernance : Axa anticipe l'après de Castries
afp Henri de Castries est entouré, à sa droite par Denis Duverne et à sa gauche par Thomas Buberl.

Le PDG d’Axa, Henri de Castries, a choisi de quitter le groupe plus tôt que prévu. Une nouvelle équipe de direction portera le plan stratégique 2016-2020.

Henri de Castries aurait pu continuer à écrire l’histoire d’Axa jusqu’en 2018. Son mandat à la tête du groupe ayant été renouvelé en 2014 pour quatre ans, sa succession n’était pas attendue avant deux ans. Mais celui qui dirige depuis 17 ans le 2e assureur européen a décidé de tourner la page plus tôt que prévu. Et sans transition ! Le 1er septembre 2016, il quittera le groupe et passera le flambeau à Denis Duverne, actuel directeur général délégué d’Axa, qui deviendra président non exécutif du conseil d’administration, et à Thomas Buberl, qui prendra les fonctions de directeur général.

Un timing parfait

Si elle a étonné par son timing, cette transition a finalement lieu au « meilleur » moment. Le groupe vient de terminer avec succès son plan stratégique Ambition Axa et prépare désormais l’étape suivante de sa trajectoire. « Je souhaitais que ce soit une nouvelle équipe qui porte le nouveau plan », explique Henri de Castries. C’est d’abord en tant que directeur général adjoint que Thomas Buberl travaillera, avec Henri de Castries et Denis Duverne, à la finalisation de la feuille de route 2016-2020 qui sera présentée le 21 juin.

Autre surprise : le profil du futur directeur général. La nomination de cet Allemand de 43 ans, entré il y a quatre ans dans le groupe, marque une rupture dans l’histoire de l’entreprise. Axa ne sera plus piloté par un Français, ce qui démontre, selon Henri de Castries, que l’assureur est devenu une entreprise globale. Et d’ajouter : « Axa est une méritocratie, ce qui guide nos choix ce n’est pas le passeport, c’est le talent ». Thomas Buberl est un peu plus jeune que ne l’était Henri de Castries quand il a pris, à 45 ans, les rênes d’Axa, « mais il est plus expérimenté que je ne l’étais », précise l’actuel PDG. Autre différence : leurs formations et parcours. Henri de Castries est devenu président du directoire en 2000, dix ans après avoir rejoint le groupe. Dès septembre, Axa retrouvera une gouvernance duale, une combinaison « solide pour le futur » selon le dirigeant partant, alliant « force et sécurité », à savoir le potentiel de la génération représentée par Thomas Buberl et les nombreuses années d’expérience (vingt-une au sein d’Axa) de Denis Duverne (62 ans), « complice » d’Henri de Castries ces dernières années.

Thomas Buberl, le futur directeur général d’Axa

Préserver la solidité d’Axa, « imaginer le futur de l’assurance vie dans un environnement de taux bas », « utiliser le digital pour être plus proche des clients »... voilà quelques-uns des défis que s’apprête à relever le futur DG d’Axa. Entré dans le groupe en 2012 pour piloter les activités allemandes, Thomas Buberl s’est vu confier plus récemment la responsabilité des activités assurance vie et santé au niveau international. Celui qui a mené la restructuration des activités d’Axa en Allemagne, est connu pour son ambition et ses capacités à réformer. Titulaire d’un master en économie de l’université de Coblence (Allemagne), d’un MBA de l’université de Lancaster (Royaume-Uni) et d’un doctorat en économie de l’université de Saint-Gall (Suisse), Thomas Buberl a débuté sa carrière au sein du Boston Consulting Group. Il a ensuite occupé, entre 2005 et 2008, différentes fonctions au sein du groupe Winterthur, racheté par Axa en 2006, puis rejoint Zurich Insurance, en tant que directeur général pour la Suisse. Conscient que sa nomination a pu surprendre, notamment en France, il entend dès à présent aller à la rencontre des équipes.
E. D.

Henri de Castries... la vie d’après

À 61 ans, le PDG d’Axa ne compte pas rester inactif. Henri de Castries entend, dans un premier temps, s’engager davantage au sein de l’Institut Montaigne, le groupe de réflexion français qu’il préside depuis juin 2015, sans toutefois se rêver en homme politique : « La vie d’entreprise a été mon activité principale pendant 27 ans. Oui, j’ai un intérêt pour le débat, mais il y a d’autres moyens de porter des idées que la politique ». Quant aux informations divulguées par le journal anglais The Sunday Times, qui évoque la nomination d’Henri de Castries à la tête du géant bancaire britannique HSBC, en remplacement de Douglas Flint, l’intéressé dément : « Je rentre au conseil d’administration d’HSBC en tant qu’administrateur. Il ne faut pas transformer une coïncidence de date en événement. Il n’y a aucun lien entre le départ d’Axa et le processus de renouvellement de l’équipe dirigeante d’HSBC. » Henri de Castries conservera, par ailleurs, son mandat d’administrateur du groupe Nestlé, qu’il occupe depuis 2012. Dans l’immédiat, le PDG d’Axa jusqu’au 1er septembre 2016 s’emploiera à présenter Thomas Buberl à Bercy. Une rencontre avec le ministre des Finances, Michel Sapin, est prévue prochainement.
Sébastien Acedo 

2000-2016, la mue d’Axa

  • Sous la direction d’Henri de Castries, le groupe a traversé sans encombre trois périodes de fortes turbulences : bulle Internet, crise des subprimes et tensions de la zone euro. Malgré cela, « Axa n’a jamais perdu d’argent », dit-il.
    Suite aux acquisitions des années 1980-90, l’assureur français a acquis une dimension internationale. Ont suivi, sous la houlette du PDG sortant, des années de transformation et de développement sélectif.
  • Croissance et rentabilité
    Entre 2000 et 2015, le groupe a augmenté son chiffre d’affaires de 60 % en assurance de personnes et de 130 % en dommages. Son résultat opérationnel a été multiplié par huit. Au total, le groupe a généré 55 Md€ de profit cumulé. En dommages, le ratio combiné est passé de 114 % à 96,2 %. En vie, la marge des affaires nouvelles s’est améliorée de près de 20 points à 34 %.
  • Diversification géographique
    Les pays émergents où Axa était peu présent en 2000 représentent désormais 17 % de ses activités d’assurance. Le développement du groupe s’est accéléré ces cinq dernières années grâce à des alliances et acquisitions. Entre 2010 et 2015, Axa a investi pas moins de 5 Md€ dans les pays émergents.
  • Solidité financière
    En quinze ans, Axa a réduit son ratio d’endettement : de 54 % en 2000, l’indicateur est passé à 23 % en 2015. Aujourd’hui, le groupe affiche un des ratios de solvabilité (205 %) les plus élevés parmi les assureurs européens.

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