[DOSSIER] Les drones civils 3/3

Grâce aux drones, l’assurance prend de la hauteur

Grâce aux drones, l’assurance prend de la hauteur
Allianz

Les drones commencent à faire leur apparition dans la palette d’outils utilisés par les assureurs, notamment en phase d’évaluation des dommages après un sinistre. Mais d’autres usages voient le jour ou restent à inventer.

Alerte ! Des drones équipés de caméras ont été repérés au-dessus de bâtiments incendiés et de villages inondés. Pas de pani­que. Ces aéronefs sans pilote à bord survolent des sites sinistrés pour faciliter le travail des assureurs et de leurs experts. Parce qu’ils permettent de prendre de la hauteur, de s’affranchir des coûts d’installation de nacelles ou échafaudages et de gagner du temps, ces engins sont désormais utilisés en cas de sinistres de grande ampleur touchant de vastes surfaces ou de grands bâtiments. « À la suite d’un épisode de grêle, nous avons procédé, en une journée, par drone, à l’examen de plusieurs bâtiments d’une collectivité locale. Sans cela, il nous aurait fallu mobiliser plusieurs personnes ainsi que du matériel », témoigne Jean-Bertrand Bonein, directeur de la relation clients et du développement du groupe d’expertise Texa. Ces outils d’un nouveau genre permettent de faire une première évaluation des dommages, mais aussi d’anticiper la suite des événements. « Suite au débordement du bassin de rétention d’un site industriel, nous avons pu, en prenant de la hauteur, visualiser l’écoulement, définir les mesures de précaution et de prévention adéquates et alerter nos prestataires », témoigne Agnès Roche, responsable inspec­tion indemnisation d’Allianz France qui utilise des drones dans le cadre de sinistres à fort enjeux depuis 2014. Autre intérêt de ces machines volantes : la sécu­rité des équipes sur le terrain. « En tant qu’experts, il nous arrive, sur des sites industriels notamment, d’être exposés à de l’amiante, à de la pollution, sans parler des risques de chute. L’utilisation de drones permet de sécuriser nos interventions », observe Jean-Bertrand Bonein.

Le nouvel allié des experts et des assureurs

Ces nouveaux alliés des experts et des assureurs ont beaucoup d’atouts, mais ils ont aussi leurs limites : ils ne peuvent voler par grand vent, leur autonomie reste faible et leur exploitation est soumise à une réglementation stricte (lire page précédente) rendant préférable l’intervention de socié­tés spécialisées. Des opérateurs qu’il faut sélectionner avec attention. Car, comme le rappelle Olivier Gloux, membre du comité directeur du groupe d’expertise Adenes : « En cas de dommages à des tiers causés par un prestataire, la responsabilité du donneur d’ordre – assureur ou expert – peut être engagée s’il s’avère, par exemple, qu’il a sélectionné une entreprise non habilitée ou n’ayant pas obtenu les autorisations pour intervenir ».

Malgré ces contraintes, les drones possèdent de sérieux atouts pour des assureurs en quête de satisfaction clients. « Les drones contribuent à réduire les délais de remise en état et, in fine, à améliorer le service rendu aux assurés », résume Guy-Antoine de La Rochefoucault, DG France du Lloyd’s. Ces outils rendent même des services insoupçonnés, selon Agnès Roche : « Nous nous sommes aperçus que le drone était aussi – grâce aux images visionnées en direct sur site –, un moyen d’associer l’assuré à l’expertise, de lui faire comprendre la situation, les étapes qui vont suivre, et dans un sens de l’aider à redémarrer son activité ».

Un outil de prévention

Mais le potentiel des drones va bien au-delà de la gestion de sinistres. Certains assureurs les placent au cœur de services de prévention. Allianz France fait ainsi inspecter les panneaux photovoltaïques qu’il assure. Les images captées par caméras opti­ques et thermiques servent à identifier des dysfonctionnements ou défauts de fabrication pouvant être cause d’incendie, ou des problèmes d’installation pouvant conduire à des infiltrations. Sur le marché du photovoltaïque qui représente pour les assureurs une charge sinistres de plus de 100 M€, l’intérêt de ces inspections est indéniable. Chez Allianz France, cette prestation payante est désormais proposée systématiquement aux clients. « Ce service peu coûteux – de l’ordre de 600 à 3 000 € selon la superficie et la puissance de l’installation – est apprécié des assurés parce qu’il permet de prévenir les risques, de bénéficier d’une remise tarifaire sur leur contrat, mais aussi de détecter des zones nécessitant un nettoyage ou de la maintenance, opérations qui conduisent souvent à une augmentation de la production de leur installation de 5 à 10 % », indique l’assureur. Bilan de la cinquantaine d’interventions réalisées : toutes les installations présentaient un problème – qui se résumait parfois à une perte de production – « mais dans 30 % des cas, il s’agissait de défauts pouvant mettre le site en danger ».

Des applications diverses

Le repérage et l’évaluation des dégâts dans l’agriculture comme le fait Groupama, la surveillance de pathologies relevant de la responsabilité civile décennale en assurance construction… ou encore la modélisation en 3D de bâtiments à l’aide de techniques de photogrammétrie sont autant d’utilisations nouvelles. « Réalisée à la souscription, cette opération peut s’avérer utile après la survenance d’un sinistre, en phase d’évaluation des dommages, mais aussi de reconstruction », explique Olivier Gloux.

À l’horizon 2020, la valeur générée par les drones dans l’assurance devrait atteindre les 6,8 Md\$ selon le cabinet de conseil PwC. Sans compter les bénéfices indirects, à mesure que l’usage de ces engins se développe dans d’autres secteurs, de nouvelles sources d’information voient le jour qui, si elles leurs sont accessibles, seront utiles aux gros consommateurs de données que sont les assureurs. Mais pour exploiter le plein potentiel de ces nouveaux outils, les intégrer dans des schémas existants ne sera pas suffisant. Pour inventer les applications de demain, il faudra aussi repenser l’existant… Autrement dit, prendre de la hauteur et changer de point de vue.

De multiples applications possibles

  • Prévention : surveillance de zones exposées aux catastrophes naturelles et autres risques, inspection de biens assurés y compris à l’aide de capteurs spécifiques (caméra thermique, par exemple), suivi des pathologies du bâtiment en assurance construction.
  • Analyse des risques : évaluation de l’état et de la situation d’un bien ou d’un site à assurer, modélisation en 3D de bâtiments pour en obtenir une image précise et faciliter ensuite l’évaluation des dommages en cas de survenance d’un sinistre...
  • Gestion de sinistres : évaluation des dommages concernant des biens inaccessibles (lieux inondés, bâtiments incendiés, sites pollués, etc.) ou des zones de grande superficie (cultures par exemple).

Une aide au diagnostic et à la reprise d’activité

  • Le sinistre. Un incendie survient dans une menuiserie qui dispose d’une chaîne de fabrication et d’un entrepôt. « La moitié de l’usine est détruite. Le chef d’entreprise est effondré, la matière première pour ses commandes en cours lui a déjà été livrée », explique Agnès Roche d’Allianz France.
  • Les contraintes. L’expert désigné par le parquet interdit l’accès au site à cause de la chaleur qui émane encore du bâtiment incendié.
  • La solution. En s’appuyant sur la vidéo et les photos prises à l’aide d’un drone, l’expert identifie le parcours du feu et fait des premières hypothèses sur l’origine du sinistre. Les images collectées par le drone permettent aussi d’évaluer les mesures à prendre pour sécuriser la partie du bâtiment qui n’a pas brûlé et préserver le matériel qui pourrait être sauvé.
  • Les bénéfices. « L’expert a pu commencer à investiguer sans perdre de temps afin de déterminer les causes de l’incendie. En parallèle, la décision de construire un mur de protection a été prise. Et rapidement, l’activité a pu reprendre sur une partie du site, limitant ainsi les pertes d’exploitation », explique Agnès Roche.

Avis d’experts

Sélection et mutualisation
Ils font appel à des drones dans le cadre de leur mission d’expertise pour le compte d’assureurs. Leurs points de vue, conseils et suggestions...
  • En tant qu’experts, utiliser des drones nous permet d’avoir rapidement une idée assez précise de l’ampleur des dégâts et des solutions à mettre en place. Dans nos métiers, c’est un accélérateur de constat et une aide à la prise de décision. Nous travaillons avec des opérateurs sélectionnés pour leur qualité de services, et parce qu’ils sont spécialisés dans l’inspection de sites techniques. Sur le terrain, ce sont les experts qui guident les opérateurs, définissent les points à survoler et à examiner. Parler le même langage est essentiel.
    Jean-Bertrand Bonein, directeur de la relation clients et du développement de Texa
  • En cas de catastrophes naturelles, un survol de drones permet de gagner du temps dans l’évaluation des dégâts, la définition des moyens humains et logistiques à mettre en oeuvre, l’identification des urgences et même le provisionnement des indemnisations. Mais dans ces circonstances, de nombreux assureurs et experts sont concernés. Il serait utile à mon sens que l’intervention des drones soit alors gérée de manière collective. Je suis persuadé que la mutualisation si elle est orchestrée en amont par les fédérations, par exemple, bénéficierait à tout le monde.
    Olivier Gloux, membre du comité directeur d’Adenes

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