Grêle : un sinistre sévère dans les vignobles bordelais et le Cognac

Grêle : un sinistre sévère dans les vignobles bordelais et le Cognac

Les premières expertises sont en cours. Sur les dizaines de milliers d’hectares touchés par cet épisode de grêle, les pertes sont significatives voire totales.

C’est un épisode de grêle violent qui a frappé le week-end dernier les vignobles du Bordelais ainsi que ceux de l’AOC Cognac. S’il est encore trop tôt pour se prononcer sur l’ampleur des dégâts, les premières expertises étant en cours, on connaît déjà l’étendue des vignes sinistrées : 6 à 7 000 hectares dans le Bordelais sur un total de 114 000 et 10 000 hectares en Charente sur près de 80 000.

Des pertes significatives ou totales

« Il s’agit d’un événement important avec des pertes de récoltes significatives voire totales pour certaines exploitations. Dans le secteur de l’AOC Cognac, 3500 hectares sur les 10000 sinistrés ont ainsi été touchés à plus de 80% (selon le Bureau National Interprofessionnel du Cognac - BNIC). Pour ces viticulteurs, la perte sera totale. Pour les parcelles touchées à 10 ou 20%, en revanche, cela peut être récupérable. La vigne est une matière vivante, d’où la nécessité de procéder à plusieurs expertises pour évaluer avec précision l’impact sur la production», explique Emmanuel Lelièvre, directeur général adjoint de l’Etoile, troisième acteur du marché de l’assurance récolte en France.

Une première expertise a lieu dans l’immédiat, 3 ou 4 jours après, afin de faire un premier état des lieux et estimer les frais de sauvegarde, et les frais supplémentaires à débourser. Elle permet déjà de constater les pertes totales, lorsque le pied de vigne (cep) a été touché. La deuxième expertise a lieu au bout de 8-10 jours. Après le premier passage de l’expert, il est en effet possible que la fleur du bourgeon ait repoussé. Enfin, une dernière expertise au moment de la vendange permet d’estimer la perte de rendement sur l’ensemble de l’année.

Le Cognac durement touché

Selon Emmanuel Lelièvre, le sinistre dans le Cognac pourrait être comparable à celui de 2016. Selon la Fédération Française de l’Assurance (FFA), les 78000 sinistres de mai 2016 avaient généré 279 M€ de dégâts assurés. Groupama Centre Atlantique, qui a reçu 116 déclarations de sinistres pour plus de 2700 hectares de vignes sinistrés, confirme que les vignes sont ravagées entre 80 et 100% dans le département de la Charente Maritime. Certains vignobles de Cognac sont touchés à 50%. En Gironde, toutes les appellations ne sont pas touchées. Les parcelles sinistrées sont localisées dans le Nord, dans les zones de Blaye et Bourg, tandis que Saint Emilion et le Médoc ont été épargnés.

Depuis 2005, les phénomènes de grêle s’accélèrent : août 2013 et  juin 2014 ont été les épisodes les plus sévères avec, respectivement, 893 M€ pour 370.000 sinistres et 884 M€ pour 363.000 sinistres L’an dernier, le 12 avril, le 27 mai et le 17 août ont été marqués par un phénomène de grêle important.

Des viticulteurs insuffisamment assurés

Il y a pourtant un paradoxe : alors que ces aléas climatiques pèsent de plus en plus, les viticulteurs ne sont assurés qu’à 50%, selon la FFA. « En France, l’assurance pour la grêle reste facultative, donc les agriculteurs ne se couvrent pas nécessairement. Souvent, ils assurent leur tracteur, mais pas leur récolte, car ils estiment notamment que cela coûte cher. De manière générale, il y a un manque de prise en compte de ces aléas par les agriculteurs dans la gestion des risques de leur exploitation », précise Emmanuel Lelièvre.

Jusqu’en 2011, les sinistres provoqués par la grêle étaient pris en charge par le Fonds des calamités agricoles ou Fonds National de Garantie des Risques Agricoles (FNGRA). Les pouvoirs publics ont choisi de ne plus couvrir ces risques afin d’inciter les viticulteurs à souscrire l’assurance multipérils récolte qui couvre le gel, la tempête et la grêle. Cette dernière indemnise les agriculteurs de la même manière qu’un contrat grêle classique. Largement subventionnée dans le cadre de la PAC (politique agricole commune), cette assurance a toutefois du mal à se diffuser. Selon la FFA, les surfaces agricoles assurées en France ont connu un bond de 13% en 2017, soit 4,7 millions d’hectares. Pour les vignes, les surfaces assurées n’ont crû que de 2%.

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Commentaires

Grêle : un sinistre sévère dans les vignobles bordelais et le Cognac

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31/05/2018 13h:42

Il est important de noter que les contrats ne couvrant QUE le risque Grêle ne sont plus subventionnés. Seuls les contrats complets - dits Alées climatiques ou encore Risques climatiques ou multipérils - font l'objet de subvention PAC assez conséquente et souvent sous estimée par les viticulteurs de Provence.

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