Groupama doit tourner la page Winterthur

Après la tentative avortée de mettre la main sur Winterthur, le groupe garde le cap sur sa future cotation en Bourse.
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La candidature de Groupama au rachat de Winterthur en a surpris plus d'un. « Ils sont allés là où on ne les attendait pas », résume un banquier d'affaires. Audacieuse, la mutuelle issue du monde agricole est venue chatouiller les plus grands noms de l'assurance européenne. Certes, depuis le début de l'année, son directeur général, Jean Azéma, affiche de fortes ambitions, en voulant faire de son groupe l'un des dix premiers européens de l'assurance. Pour cela, il a clairement annoncé sa volonté de réaliser une ou plusieurs opérations de croissance externe. L'ouverture du capital de Groupama SA devant servir de levier pour accélérer la mise en oeuvre de cette stratégie. Mais jusqu'alors, le chiffre avancé par la direction pour concrétiser une acquisition ne dépassait guère les 3 MdE. Et les pays cibles visés étaient plutôt l'Europe du Sud et les pays émergents.

L'occasion était trop belle, mais la proie trop grosse

Or, dans le cas d'espèce, Groupama se trouvait dans une autre logique. L'opération envisagée était de l'ordre de 9 MdE et les marchés convoités plutôt dans le nord de l'Europe. Le Français a voulu mettre la main sur un groupe une fois et demie plus gros que lui. Le total de bilan de Groupama SA s'élève à 74,38 MdE en 2005, tandis que celui de Winterthur atteint les 114,13 MdE. De plus, Winterthur est très présent en Suisse, en Allemagne et au Benelux, des marchés qui n'étaient pas considérés comme prioritaires pour le groupe, où il est d'ailleurs très peu présent.

Alors, quelle mouche a piqué Groupama ? Si la mutuelle a refusé de répondre à nos questions, cette tentative avortée prouve en tout cas qu'elle est prête à tout pour grossir, quitte à se tourner fortement vers l'international. Il faut bien dire que, sur son marché domestique, les occasions sont rares et elle n'est pas pour l'instant partie prenante des rapprochements entre mutuelles. Dans le même temps, elle affronte sur son coeur de cible la concurrence de plus en plus rude du Crédit agricole. Et toute tentative de croissance organique est délicate, comme le prouve son dernier projet d'ouverture d'un portail sur le Net pour vendre de l'assurance, qui provoque déjà la grogne des caisses régionales.

Conserver la confiance pour se remettre en selle

De fait, même si le rachat de Winterthur semblait a priori peu structurant, car les synergies paraissaient faibles, il serait tombé à pic en terme de calendrier. Groupama SA tient une assemblée générale ordinaire et extraordinaire le 29 juin prochain en vue de se préparer à la cotation. À cette occasion, les caisses régionales vont se prononcer sur un projet de modifications des statuts de Groupama SA, qui entrera en vigueur lors de la cotation, pour mettre la compagnie en conformité avec les pratiques des sociétés cotées. Mais surtout, elles vont autoriser le conseil d'administration à procéder, à une augmentation de capital et lui laisser ainsi un maximum de souplesse pour faire appel au marché. Cette autorisation porte sur un plafond maximal de 4,4 MdE environ. Ce qui correspond, in fine, selon les valorisations des banquiers d'affaires, à une augmentation de capital de près de 49 %. Dès lors, la déception des dirigeants de Groupama est réelle, car ils auraient pu mettre rapidement en branle la cotation en cas de succès du rachat.

Montage tendu

Il n'empêche, malgré cet appel au marché, le montage financier pour cette acquisition « était très tendu », selon plusieurs sources proches du dossier. L'assureur aurait dû recourir à de l'emprunt subordonné, sans doute de l'ordre de 1,5 à 2 MdE. De même, il aurait dû vendre quelques actifs de Winterthur, voire les siens.

Trop risqué ? C'est à présent à Jean Azéma de démontrer le contraire. Il a pour lui d'avoir su obtenir la confiance des présidents des caisses régionales et des grandes figures politiques du groupe. Reste maintenant à la conserver en leur prouvant qu'il y a une vie après Winterthur.

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