Guillaume Sarkozy : « Réunica est un dossier très intéressant »

Guillaume Sarkozy : « Réunica est un dossier très intéressant »
GUILLAUME SARKOZY

Lors de la présentation des résultats 2011, qui progressent plus fortement que le marché, le délégué général de Malakoff-Médéric souligne son intérêt pour Réunica, qui cherche un partenaire. Guillaume Sarkozy réaffirme aussi sa volonté de poursuivre sa stratégie de gestion du risque.

Quels sont les faits marquants de l'exercice écoulé ?

La stratégie définie en 2008, consistant à dire que nous ne voulons plus être un payeur aveugle, mais contribuer à gérer le risque, devenir une marque d'intermédiation entre nos clients et l'offre de soins, nous occuper d'orientation, faire de l'entreprise un territoire de santé, est payante, car la production commerciale nette des équipes de vente directe du groupe a atteint deux fois l'objectif. Nos efforts de productivité, qui atteignent 20% par rapport à 2008, produisent aussi leurs effets. En matière de gestion d'actifs, nous diminuons considérablement les risques en sortant petit à petit de la « zone 2 ». Nous avons divisé par deux nos engagements en Italie, et nous les avons quasiment annulés en Espagne. Évidemment, cela coûte en rendement, mais nous considérons que le maintien de nos actifs passe avant le rendement.

 

Sur quoi reportez-vous vos actifs ?

Nos passifs sont en France ; il est donc logique, selon un principe de congruence, que l'essentiel de nos actifs y soit rebasculé. Nous avons également décidé d'avoir une poche monétaire importante, de façon à garder de la flexibilité d'action par rapport aux différents événements qui pourraient arriver. C'est la sécurité avant tout qui compte, car nous ne savons pas du tout ce qui peut se passer. Nous avons bien traversé la crise, nos capitaux propres continuent de progresser, et notre marge de solvabilité est élevée. C'est important dans la perspective de Solvabilité 2. D'autant que, par nature, nous ne pouvons pas lever de fonds. Ça l'est également car il y aura encore des regroupements et il est essentiel d'avoir une capacité financière à les gérer s'ils arrivent.

Justement, vous faites partie des trois groupes consultés par Réunica qui cherche un partenaire. Quelle est votre position ?

C'est un dossier très intéressant. Réunica est un grand groupe beaucoup plus développé en retraite qu'en assurance. Nous serions très heureux de pouvoir lui proposer nos outils pour développer ensemble son activité assurantielle. Nous avons déjà montré notre capacité à gérer des dossiers de rapprochement en créant le groupe Malakoff-Médéric. Nous pouvons le montrer à nouveau dans le respect de leur marque et de leur identité.

 

Le fait que Réunica soit déjà associé à AG2R-La Mondiale pour l'usine retraite au sein du GIE Systalians ne pose-t-il pas de problème ?

Strictement aucun. Je pense que le but de l'usine retraite est de rapprocher l'informatique de tous les groupes de protection sociale. Une possible convergence vers une plate-forme informatique qui regroupe déjà AG2R et Réunica doit être étudiée avec le plus grand intérêt. Nous entrons dans une démarche de « désimbrication » entre les activités concurrentielles et la retraite complémentaire Agirc-Arrco. Les leviers de chacun de ces métiers sont différents. Pour bien les exercer, il faut que les équipes soient dissociées, dans le respect de ce que nous montrons au client, c'est-à-dire un « front-office » uni.

 

La consolidation du secteur n'est pas finie. Si Réunica ne choisit pas votre groupe, souhaitez-vous d'autres rapprochements ?

Nous sommes très clairs sur la question des rapprochements. Nous sommes dans une stratégie de professionnalisation. Le rapprochement en soi n'a pas de sens. Pour qu'il en ait un, il faut une stratégie commune, une cible partagée. Je ne vois donc pas d'intérêt à nous rapprocher d'un groupe qui ne partagerait pas notre stratégie. D'autant plus que nous avons les capitaux propres qui nous permettent d'affronter tous les cas de figure.

 

Pourtant, vous avez souvent évoqué le besoin d'atteindre une taille critique, en particulier sur les outils...

Notre objectif est de rénover l'ensemble de notre parc applicatif et de nos outils informatiques du secteur assurantiel. Le moment venu, nous serons ravis de les partager avec des collègues. Nous avons toujours dit que les plates-formes industrielles comme Kalivia, notre réseau optique et maintenant audio commun avec Harmonie mutuelles, devraient idéalement regrouper 10 millions de personnes protégées. Aujourd'hui, Kalivia en est à 6 millions. C'est une bonne taille, mais nous pouvons aller plus loin. Viamédis, notre plate-forme de tiers payant, est à 4 millions. Elle doit pouvoir aller plus loin également. Enfin, d'ici à septembre, nous allons aussi migrer tous nos portefeuilles sur Cap Santé, notre nouveau logiciel de gestion.

 

Vous avez fait des services un fer de lance de votre stratégie. Les entreprises peuvent-elles les assumer alors qu'elles cherchent à réduire leurs coûts ?

Il est nécessaire de clarifier notre modèle économique. Il y a deux types de services. Dans notre métier d'assureur, notre valeur ajoutée est d'enrichir le contrat d'assurance par des dispositifs innovants, qui inciteront les entreprises à travailler avec nous. Aujourd'hui, nous introduisons donc des services non payants. Ensuite, notre réflexion quant à l'évolution de notre métier à plusieurs années consiste à nous demander si nous pouvons inventer un modèle économique de services qui seraient facturés pour l'orientation dans le système de soins et l'aide au maintien à domicile.

 

À cet égard, avez-vous des projets en dépendance ?

Nous souhaitons proposer un produit qui permettrait au salarié de cotiser et de se préparer un compte dépendance pour l'avenir, de continuer à cotiser après sa sortie de l'entreprise sans perdre ses droits acquis, ainsi que d'aider les aidants en réduisant l'absentéisme. Ce produit sortira avant la fin de l'année.

 

Concernant l'épargne retraite, quelle est votre position après que CNP a annoncé son intention de mettre un terme à votre projet de société commune ?

L'épargne retraite reste, pour nous, un produit très important et notre analyse est qu'il serait intéressant de partager une vision commune avec un autre acteur important dans ce domaine pour construire une marque de confiance pour les Français.

 

Enfin, qu'attendez-vous de la nouvelle législature ?

Depuis plusieurs années, nous n'avons pas attendu que la réglementation évolue dans le domaine de la santé pour prendre des initiatives stratégiques. Il est important de montrer aux pouvoirs publics, quels qu'ils soient, que nous, assureurs complémentaires, pouvons optimiser les dépenses de santé et améliorer la qualité.

Cela dit, il est très important d'avoir une clarification sur la question des réseaux de soins ainsi que sur celle de l'information. Comment puis-je donner un service d'information à mes clients si je n'ai pas la moindre idée des problèmes dont ils souffrent ? Comment puis-je calculer le risque si je n'ai pas la moindre idée de son coût ? Nous sommes prêts à participer à toutes les expérimentations qui permettraient d'améliorer la connaissance dans une meilleure coordination des soins, comme nous le faisons dans Vigisanté, qui a fait l'objet d'un protocole avec l'Assurance maladie et les agences régionales de santé.

LE RÉSULTAT 2011 EN HAUSSE

  • Résultat courant 160 M€, à + 4%
  • Fonds propres 3,4 Md€ (3,6 Md€ avec plus-values latentes)
  • Couverture de marge de solvabilité 3,6 fois l'exigence de Solva 1.

Emploi

LVS EXPERTISE

Un Assistant Expert H/F

Postuler

PARANGON INVESTISSEMENT

Conseiller Commercial H/F

Postuler

KAPIA RGI

ANALYSTES FONCTIONNELS en Assurance Vie et /ou IARD

Postuler
Accéder aux offres d'emploi

APPELS D'OFFRES

Fourniture et livraison de chèques ou cartes cadeaux destinés à être distribués aux...

MINDEF/EMA/DCSCA/PFAF SE BCRM de Toulon

14 octobre

83 - TOULON

Fourniture en crédit-bail de 2 bus interurbains.

Ville de La Plagne Tarentaise

14 octobre

73 - AIME

Proposé par   Marchés Online

Commentaires

Guillaume Sarkozy : « Réunica est un dossier très intéressant »

Merci de confirmer que vous n’êtes pas un robot

Votre e-mail ne sera pas publié