Hausses tarifaires dans l'assurance : fin de partie ?

Un nouveau cycle démarre pour les assureurs qui auront désormais à actionner d’autres leviers que les tarifs pour préserver leur portefeuille de clients et améliorer leur profitabilité en risques des particuliers.

Changement de cap pour l’assurance dommages des particuliers. Les évolutions tarifaires qui commencent à être dévoilées pour 2016 s’avèrent tout aussi modérées que l’an dernier, voire plus. En assurance automobile, plusieurs acteurs – Maif, ­Matmut ou Mutuelles de Poitiers – ont gelé leurs tarifs. Des baisses de cotisations seront même appliquées sur une partie de leur porte­feuille. En assurance habitation, sauf pour la Maif, la tendance reste à la hausse. Mais certains assureurs – Generali, ­Mutuelle de Poitiers, SwissLife – annoncent des augmentations infé­rieures à celles appliquées en 2015.

Est-ce à dire que les ratios combinés de ces deux branches qui étaient en équilibre précaire voire en déficit en 2014 (voir encadré) s’améliorent ? Difficile à dire avant la clôture de l’exercice. Certes, 2015 s’avère, pour l’instant, plus calme en termes d’événements climati­ques. Et la fréquence des sinistres automobiles est de nouveau en baisse après le trou d’air de 2014, mais les coûts moyens continuent d’augmenter. Sur le terrain, d’autres facteurs expliquent la modération dont font preuve les assureurs. Dans un marché concurrentiel, trop augmenter ses tarifs c’est risquer de faire face à des résiliations de contrats, d’autant que le passage à l’acte a été facilité par la loi Hamon. Ce risque de volatilité est accentué par un environnement économique difficile, d’où des budgets contraints, mais aussi par le fait que les assurés disposent d’une vision plus précise des tarifs, via les comparateurs et les sites des assureurs.

Une arme à double tranchant

Dans ce contexte, les majorations tarifaires deviennent une arme à double tranchant. Selon Cyrille Chartier-Kastler, président de Facts & Figures, les stratégies centrées sur des hausses de prix ne pourront pas durer car elles conduisent à une érosion des portefeuilles. Dans son dernier Baromètre des assurances dommages, le cabinet d’études fait déjà état d’une décélération des majorations ces dernières années, une tendance qui va s’accentuer, selon lui (voir graphique). Leur marge de manœuvre se réduisant, les assureurs commen­cent à aborder l’équation tarifaire de manière différente. Chez Generali France, les revalorisations sont appliquées de manière plus segmentée et accompagnées de mesures complémentaires. « Dans nos modèles de tarification, nous intégrons davantage de données sur le profil, le potentiel d’équipement et la valeur des clients, ce qui se traduit en assurance automobile, par exemple, par une stabilité voire une baisse des tarifs pour certains clients. Et nous avons mis en place des ­dispositifs de rétention permettant de garantir que les prix pratiqués pour les anciens clients convergent vers ceux en vigueur sur le marché, ainsi que des ­actions de fidélisation telles que des réductions pour les enfants des assurés », explique Laurence ­Delacourt, directrice des solutions d’assurance des clients particuliers de Generali France. L’objectif, pour l’assureur qui sort à peine d’une période de redressement de ses résultats en assurance dommages : « Concilier intérêts commerciaux, rentabilité et amélioration de la satisfaction des clients ». À l’avenir, les assureurs n’auront d’autres choix que d’adopter des approches plus ­différenciées dans leur façon de faire évoluer les prix et plus généralement dans leur politique tarifaire, ­notamment en assurance habitation.

Dans cette branche, selon Cyrille Chartier-Kastler, certains risques sont encore sous-tarifés, notamment du côté des acteurs traditionnels. « Pour générer des résultats techniques dans cette branche, comme le font les bancassureurs, le seul moyen c’est de segmenter et de tarifer au juste prix », précise-t-il. Pour améliorer leurs performances, les assureurs devront actionner davantage d’autres ­leviers que celui des hausses de tarifs désormais grippé. Les initiatives en matière de réduction des coûts, de maîtrise de la charge des sinistres voire de prévention des risques feront plus que jamais la différence.

Benjamin Serra, vice-président senior credit officer chez Moody’s : «Les majorations sont plus difficiles à faire passer»

  • Pourquoi avoir révisé la perspective de l’assurance dommages de stable à négative ?

Cette décision s’explique par la dégradation des résultats en assurance automobile, en partie liée à la hausse de la fréquence des sinistres en 2014, et par la difficulté pour les assureurs à redresser ces résultats. En 2015, la fréquence des sinistres est repartie à la baisse mais les coûts moyens continuent d’augmenter. Les majorations tarifaires actuelles permettent simplement de stabiliser les résultats. Le déficit est difficile à combler car la capacité des assureurs à augmenter significativement leurs tarifs est limitée.

  • Pourquoi ?

La possibilité de résilier à tout moment, induite par la loi Hamon, et la forte concurrence des bancassureurs, qui multiplient les opportunités de vente de par les contacts réguliers qu’ils entretiennent avec leurs clients, conduisent les acteurs historiques à protéger leurs portefeuilles en restreignant leurs majorations. D’autre part, dans un contexte de taux de chômage élevé et de baisse de pouvoir d’achat, les hausses de tarifs s’avèrent plus difficiles à accepter.

  • Quels autres leviers actionner ?

Les nouvelles technologies constituent un moyen de réduire les coûts d’acquisition et les frais généraux mais cela implique des investissements dont les effets ne sont pas immédiats. Les assureurs continuent également d’optimiser la gestion de sinistres, d’améliorer la détection de la fraude et d’investir dans la prévention pour réduire la sinistralité, ou du moins pour en limiter les augmentations.

 

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