Informatique – Données – Cigref : « Le cloud computing ne peut être ignoré, car il contribue à l'agilité de l'entreprise »

Le Cigref, club qui regroupe les DSI de grands groupes français, vient de publier un rapport sur le « cloud computing » (1). Gérard Russeil, directeur de Chorégie (2), qui en a été le pilote, le commente pour l'Argus de l'assurance.

Pourquoi avoir piloté ce rapport sur l'informatique dans le nuage, qui, dans le secteur de l'assurance est encore peu développée ?
Nous avons eu la volonté au Cigref de démythifier et de dépassionner le sujet, qui peut être très technique mais qui porte également sur des notions d'usage. Le rapport définit les différents niveaux de cloud existants, explique la différence entre nuages public et privé... L'idée était de remettre en perspective ces nouvelles approches. Faciliter la compréhension ne peut que lever les freins et favoriser le déploiement de ces solutions. Car le cloud est un élément fort de la transformation numérique des entreprises. De plus, en tant que directeur d'un GIE informatique, mon objectif est de mutualiser, dès que possible, les solutions entre les membres. Chorégie est donc dans une logique de cloud privé : très modestement, nous utilisons les mêmes mécanismes qu'Amazon ou Google dans le cloud public !

Quels sont les différents types de cloud computing ?
Dans le rapport, nous avons recensé trois grandes familles (voir graphique ci-contre) que l'on peut présenter de façon très simplifiée. Le premier mode est le software as a service (SaaS). Lorsque vous consultez votre messagerie personnelle depuis un site Internet : vous faites du SaaS. Le fournisseur héberge les données et les applications. Le second mode s'adresse aux informaticiens : il leur donne la possibilité d'accéder à des plates-formes de développement spécifiques pour développer des applications qui seront hébergées par le fournisseur. Enfin, le cloud computing peut être utilisé pour bénéficier de ressources informatiques à distance : au lieu d'installer un serveur dans ses locaux, on loue une machine virtuelle ou des ressources techniques chez un hébergeur. C'est très pratique pour, par exemple, monter des pilotes, car il n'y a pas d'investissement lourd et la mise en oeuvre des moyens s'effectue rapidement. On place sous un même terme des usages et des services très différents.

Le cloud nécessite une révolution sur le plan culturel : l'entreprise doit être prête à voir ses données sortir de ses murs.

Est-ce une mode ou réellement une révolution ?
Tout s'accélère et le time to market devient encore plus fondamental dans l'assurance et dans la mutualité. Le cloud ne peut être ignoré, car c'est un vrai outil qui contribue à l'agilité de l'entreprise. Permettant d'être plus innovant, d'aller plus vite, d'être plus réactif, il est absolument nécessaire. Cependant, tout ne basculera pas dans le cloud. Il y a dix ou quinze ans, d'énormes contrats d'infogérance étaient signés, et tout devait être infogéré. Depuis, nous en sommes revenus ! Il ne faut retenir que ce qui est pertinent par rapport à son organisation et à ses besoins. L'informatique dans le nuage est un outil complémentaire qui nous aide à apporter la bonne réponse au bon besoin. Ce n'est pas une révolution, mais cela nécessite une révolution sur le plan culturel : l'entreprise doit être prête à voir ses données sortir de ses murs.

Pour quels usages peut-il être pertinent ?
Avec le cloud, on va chercher de la réactivité, de l'adaptabilité, des fonctionnalités déjà toutes prêtes. Des outils pour les forces de vente et de CRM tels que Salesforce se développent très vite chez certains assureurs. Pour des applications non pérennes ou ayant des pics et des creux, le nuage peut être intéressant, puisque l'on paye à l'usage. Il permet aussi un déploiement rapide et d'utiliser plus aisément l'Internet mobile. Tout ce qui est proche du client est aussi propice à ce type d'environnement. Notamment pour apporter des services numériques à l'adhérent, comme la consultation de son compte via Internet. Le cloud facilite l'agilité et les relations « multicanaux » avec les adhérents. Un grand groupe d'assurance a d'ailleurs choisi d'utiliser le cloud pour proposer un service d'assurance 2.0 à ses clients. Les cultures évoluent...

Le cloud n'aurait-il que des qualités ?
Non, car il me semble moins bien adapté pour le fonctionnement interne de l'entreprise et les applications critiques. Les outils métier sont plus complexes, avec un historique à convertir et sont souvent assez spécifiques, car très proches des règles internes. De plus, certains types de données, comme celles concernant la santé, sont très encadrés et ne pourront pas être sur un nuage, qu'il soit hébergé en France ou à l'étranger.

Justement, quid de la sécurité ?
Accepter ou non d'héberger ses données à l'extérieur est un choix qui relève de la stratégie et non de la technique. L'État américain, via le « Patriot Act », a la possibilité d'accéder à tous les systèmes des entreprises américaines. La presse s'est fait très récemment écho du programme Prism : des révélations ont ainsi établi que l'État américain réclamait des informations personnelles aux grandes compagnies telles que Facebook, Google, Microsoft et autres. La question se pose donc de savoir si on a la garantie que ses données ne seront pas être utilisées hors de son consentement. Les principaux fournisseurs de solutions étant américains, c'est un vrai point d'attention à avoir.

Quelles précautions prendre quand on décide de faire appel à ce type d'environnement virtuel ?
Comme à l'époque de l'infogérance, les conditions contractuelles sont extrêmement importantes. Le prestataire doit s'engager sur des niveaux de service délivrés, sur la disponibilité, les temps de réponse, de rétablissement en cas de problème... Mais il faut également étudier la sécurisation de l'accès aux données, et leur pré-servation dans le futur. Des clauses de sortie de contrat fonctionnelles et économiques doivent permettre de changer de prestataire ou de réinternaliser le service. Il faut éviter de partir à l'aventure, donc choisir des partenaires sérieux et solides.

En termes de coût, quel est son impact ?
Les directions des finances sont très vigilantes au sujet des investissements. Mobiliser des fonds, même pour le système d'information, est souvent difficile. Les dépenses de fonctionnement, comme le cloud computing, sont plus simples à gérer car plus apparentées à des coûts de fonctionnement et de nature variable. C'est donc un argument en faveur de l'informatique dans les nuages. Cependant, attention à bien déterminer son point mort, et d'adopter une vision budgétaire pluriannuelle. Pour des services pérennes, il faut vérifier que le coût du cloud n'est pas plus élevé sur la durée que si on investissait en interne.

Le cloud signifie-t-il la fin des DSI ?
Si notre métier est de proposer et de garantir un service aux entreprises et pas exclusivement faire de la technologie, si notre rôle est d'aider à faire le bon choix, à garantir la bonne intégration, nous ne disparaîtrons pas !

1. Le rapport, intitulé « les fondamentaux du cloud computing, le point de vue des grandes entreprises » peut être téléchargé gratuitement sur www.cigref.fr.
2. GIE informatique né de la mise en commun de moyens informatiques du groupe MGEN, de La Mutuelle des étudiants (LMDE) et de la plate-forme MFP services.

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