Jean-Pierre Menanteau, directeur général d'Humanis : « Les rapprochements ne sont pas terminés »

Jean-Pierre Menanteau, directeur général d'Humanis : « Les rapprochements ne sont pas terminés »
Jean-Pierre Menanteau, directeur général d’Humanis

Le nouveau directeur général du troisième groupe de protection sociale français répond aux interrogations qui entourent la création d'Humanis et détaille sa stratégie.

Quelle sera la répartition des tâches avec Jean-Paul Lacam, le directeur général délégué ?

Il n'y aura pas de partage des mondes. Nous nous engageons à bâtir un tandem soudé. Dès le prochain conseil d'administration de la sommitale, je proposerai que le partage des responsabilités prévalant jusqu'alors évolue et que nous ayons tous deux compétence sur l'ensemble du champ d'activité. Je sais faire fonctionner les tandems.

Où en est la constitution du groupe Humanis ?

Les grandes pièces de l'organisation sont en place. Un certain nombre de chantiers ont été menés à bien depuis janvier 2012, comme la fusion des trois institutions de prévoyance interprofessionnelles au sein d'Humanis prévoyance. Le pôle mutualiste s'est aussi organisé avec la création de l'union de groupe mutualiste Humanis et des regroupements au sein de pôles régionaux. Par ailleurs, il a été créé le groupement paritaire de prévoyance Adéis avec l'Ipsec [NDLR, une IP du groupe Humanis] et Apicil pour porter les accords de branches. Des comités de convergence ont été mis en place pour fusionner nos institutions de retraite complémentaire Agirc et Arrco dans des délais raisonnables.

Que reste-t-il à accomplir ?

Humanis avait annoncé que le rapprochement prendrait deux à trois ans, et nous sommes à mi-chemin. Mon arrivée doit accélérer le processus en cours. J'ai bien entendu une phase d'écoute et de diagnostic. S'il faut ajuster des choses, nous le ferons. Il y a eu, depuis le début de l'année, un certain nombre de problèmes de production en voie d'être résorbés. C'est une situation normale : lors d'une fusion, il y a toujours beaucoup d'énergie consacrée à l'organisation. Mais ceux qui pensent qu'Humanis est englué dans sa fusion risquent d'avoir des surprises dans les prochains mois.

Que signifie l'affirmation d'un groupe paritaire et mutualiste ?

Ce sont deux réalités qui ont été formalisées dans notre organisation commerciale. L'une, d'essence paritaire, est tournée vers les entreprises, tandis que la distribution commerciale mutualiste concerne les particuliers et les entreprises de moins de 50 salariés. La structuration de notre pôle mutualiste en fait également un partenaire attractif pour des mutuelles de toutes tailles. Nous sommes capables de leur apporter des services et des investissements technologiques qu'elles ne pourraient pas faire seules.

Comment abordez-vous la généralisation de la complémentaire santé ?

Un groupe comme le nôtre ne peut que se réjouir qu'une étape historique soit franchie dans la protection sociale complémentaire des Français, car certains d'entre eux qui n'étaient pas protégés le seront demain. Il est clair que nous avons beaucoup d'atouts dans une situation qui produira, à long terme, les mêmes effets que l'assurance automobile obligatoire. Concrètement, nous répondrons aux appels d'offres sous la bannière Adéis, notre direction commerciale partagée avec l'Ipsec et Apicil.

Est-ce un chantier facile pour les acteurs paritaires ?

Contrairement à toutes les idées reçues, je suis persuadé qu'il se traduira par une concurrence accrue. Il faut que l'on parle des bénéfices pour les assurés, car les « guéguerres » reflètent surtout la peur du changement. Les acteurs gagnants seront ceux qui sauront améliorer la qualité de service et la valeur ajoutée pour les assurés, dans les contrats collectifs comme dans les contrats individuels supplémentaires. C'est ce que nous allons faire en finalisant un accord avec Itelis [NDLR : la plate-forme de services majoritairement détenue par Axa].

Vous n'avez pas souhaité créer votre propre réseau ?

Non. Après avoir regardé tout ce qui existe sur le marché, Humanis a décidé d'entrer au capital d'Itelis avec une minorité de blocage de façon à pouvoir influer sur la stratégie. Ce choix a également été dicté par la volonté de ne pas être en conflit, mais en partenariat avec les professionnels de santé, ce qui correspond à la vision d'Itelis. C'est un grand enjeu de 2013. Nous pourrons en faire bénéficier l'ensemble de nos clients.

Poursuivez-vous le partenariat en épargne retraite via R2E créée par Novalis et Axa en août 2011 ?

Il est toujours en phase de démarrage. Nous avons apporté des fonds propres, et avons la volonté que ce partenariat fonctionne, car la retraite supplémentaire est un enjeu important. Même si ce marché est encore marginal, nous pensons qu'il correspond à un besoin et finira par bouger.

Vous avez aussi annoncé un partenariat avec CNP en épargne salariale...

Il s'agit d'une fusion entre Inter Expansion [groupe Humanis] et Fongepar [filiale à 100% de CNP assurances]. Nous considérons l'épargne salariale comme un métier stratégique et avons le leadership dans ce projet qui donnera naissance à une nouvelle société, laquelle pourrait s'appeler Inter Expansion-Fongepar.

Pourquoi souhaitez-vous vous développer en assurance vie ?

Nous considérons qu'il est judicieux d'équiper nos clients. Nous avons donc ouvert un nouveau champ de coopération en assurance vie avec Apicil, un groupe avec lequel nous travaillons déjà beaucoup. Ce projet phare doit déboucher cette année.

Quelle est la logique de vos partenariats ?

Avoir beaucoup de partenaires est une chance. Il y également le Crédit agricole, pour lequel nous faisons de la gestion pour compte de tiers. Nous avons développé dans ce domaine une activité de taille significative, qui n'est certainement pas à la hauteur de ce qui se passera dans quinze ou vingt ans dans le secteur. Des ensembles industriels vont émerger sur des portions de la chaîne de valeur dans l'assurance, et des pans d'activité aujourd'hui intégrés se géreront différemment demain. Des enjeux de taille et d'investissement technologiques font que des acteurs différents trouveront important de mettre des choses en commun.

Vous êtes le troisième groupe de protection sociale français aujourd'hui. Quels sont vos perspectives de croissance ?

Si nous voulons aller plus loin dans notre capacité à construire des solutions à valeur ajoutée, il est assez réaliste de penser que les rapprochements ne sont pas terminés. Par rapport à d'autres secteurs industriels, on voit qu'il y a des effets de taille qui jouent. Humanis a fait la démonstration de sa capacité à être un pôle de regroupement, paritaire et mutualiste, et il n'y a pas de raison que ce qui a fonctionné par le passé ne continue pas à l'avenir.

Humanis c'est...

  • UN GROUPE PARITAIRE...

« Le directeur général choisi par le conseil dispose d'une très large délégation de pouvoir qui lui permet d'organiser et de diriger l'entreprise. Il jouit pour cela de l'autonomie la plus large, mais sous le contrôle du conseil d'administration, de sa présidence paritaire et des comités spécialisés. Chez Humanis, la délégation de pouvoir n'est pas un blanc-seing. » Michel Keller, président Medef d'Humanis

  • ...AUX MULTIPLES PARTENAIRES

Apicil assurance vie, accords de branche (Adéis) Axa épargne retraite (R2E) ; plate-forme santé (Itelis) CNP assurances épargne salariale Crédit agricole gestion pour compte

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