[DOSSIER] Auto et MRH : 2009, début d'un nouveau cycle 1/3

L'année de tous les dangers

Affectés par une sinistralité inhabituelle en 2009, les vingt premiers assureurs auto, après des années de cycle tarifaire à la baisse, ont commencé à pratiquer des augmentations. Particulièrement pointés du doigt, les bris de glace leur auraient coûté cher... Un poste qu'ils surveillent aujourd'hui de près.

L'année 2009 restera dans les annales, avec ses tempêtes, ses orages de grêle, ses vagues de froid... La dégradation de la sinistralité a bien évidemment eu des conséquences directes sur l'activité des assureurs. « Les tendances de 2009 sur l'évolution du nombre de sinistres montrent qu'un seuil a très largement été atteint quant à la préservation des marges des assureurs français », note-t-on au cabinet de conseil actuariel EMB.

En 2009, la sinistralité a augmenté en montant de 8%, contre 1% en 2008. En fréquence, tous les postes ont été atteints. « La sinistralité ne bénéficie plus des baisses de fréquence enregistrées les années précédentes, continue à voir les coûts corporels galoper et est singulièrement marquée par le "petit climatique", avec un épisode de fort froid et de la grêle ! On constate aussi une montée forte du bris de glace, peut être partiellement liée au surfroid », indique Pacifica.

Le retournement se confirme

Certes, la RC corporelle s'est stabilisée (- 5% en 2008). Le nombre d'accidents sur les routes est en baisse régulière depuis une vingtaine d'années, grâce, sans doute aux campagnes de prévention des pouvoirs publics. L'année 2009 s'est achevée, comme en 2008, sur une stabilité de la mortalité routière (4 273 tués, contre 4 275 en 2008). Concernant les blessés, les progrès ont été légèrement plus sensibles (- 3,1% et - 4,7% respectivement). Moins de morts, moins de blessés en fréquence, oui, mais des coûts d'indemnisation qui continuent d'augmenter. Les sinistres RC matériels, pour leur part, ont crû de 2% (- 4,9 % en 2008), les bris de glaces de 7% (+ 2,9% en 2008) et les dommages tous accidents de 5 % (après une baisse de 2,4% en 2008).

Résultat, après sept années de baisse, les tarifs sont repartis à la hausse chez quasiment tous les opérateurs. Des hausses légères, entre 1 et 3%, mais qui indiquent bien l'inversion de tendance. Objectif ? Ne pas (ne plus ?) mettre en danger les équilibres techniques.

Particulièrement pointés du doigt, les bris de glaces alimentent les discussions. Leur fréquence, qui a augmenté de 7% en 2009, enregistrait pourtant des baisses régulières depuis 2004 (- 2,4% en 2005, - 1% en 2006, - 2,5% en 2007). Ce poste « accessoire », qui ne faisait pas beaucoup parler de lui il y a quelques années, est devenu la bête noire des assureurs, mais surtout, fait débat. Chez Covéa AIS, 700 000 bris de glaces ont été enregistrés en 2009, en croissance de 7% et de 4% en coût moyen (200 M€ en 2009). Même chose à la Maif : « Nous constatons une inversion de tendance nettement plus marquée en 2009. Depuis dix ans, alors que nous étions sur un cycle baissier, il y a eu une hausse très nette sur les deux dernières années », indique Jean-Pierre Mallet, directeur délégué assurance du groupe, dont la charge sinistre a représenté 65 M€ en 2009.

L'effet pervers de l'efficacité

Comment expliquer ce phénomène ? « Les évolutions de fréquence sont en premier lieu dues aux conditions climatiques, c'est le premier critère », insiste Yann Calarco, directeur du pôle performance auto chez Covéa AIS. Deuxième raison : l'état général de la voirie. La dégradation des routes aurait un impact direct sur celle des pare-brise. La troisième raison avancée par certains concerne les campagnes de communication jugées « agressives » du leader du marché. Le slogan « Carglass répare, Carglass remplace » aurait un peu trop incité les assurés à consommer sans modération. Sans compter le « C'est gratuit », certes aujourd'hui remplacé par « Ça ne vous coûte rien ». Une « incitation » qui, pour beaucoup, cachait la vérité des prix. « C'est une sinistralité que nous ne maîtrisons pas et qui devient préoccupante. Il y a eu un effet de mode autour de la réparation, et Carglass a, certes, été à l'origine de cet engouement, mais n'est pas le seul à en profiter », convient François Le Neveu, directeur général adjoint du groupe Matmut.

Bris de glaces, le miroir aux alouettes

« La première cause de sinistralité, c'est le climat, se défend Line Wissot-Weill, directrice marketing et commerciale de Carglass. De 2003 à 2008, nous avons communiqué de la même manière, et la fréquence était en baisse. En 2009, les assureurs ont été surpris des conditions climatiques tout à fait exceptionnelles. Sur la même période, le nombre de pare-brise remplacés sur le marché a baissé de 400 000 grâce à la réparation, dont le taux a doublé : c'est autant d'économies pour les assureurs, car la réparation leur coûte quatre fois moins cher qu'un remplacement. » Pas faux, les chiffres sont identiques chez Carglass et chez les assureurs. Alors bris de glace, à qui la faute ? Le « procès » n'est-il pas mené un peu rapidement ? « Certes, les campagnes de communication de Carglass ont eu un impact sur la fréquence, mais il est difficile à mesurer et il ne faut pas faire d'amalgame. Elles ne sont évidemment pas la seule cause. Concernant les coûts, nous devons nous interroger lorsque la facture concerne plusieurs vitrages sur un même véhicule ou bien lorsqu'une réparation est suivie d'un remplacement. Notre rôle est d'indemniser nos clients pour de vrais sinistres, pas de financer l'entretien des véhicules », ajoute Pierre-Yves Thiriez, directeur technique sinistres IARD d'Axa France.

Quant aux augmentations de tarifs en auto justifiées par l'évolution du poste bris de glace, on peut se poser des questions. Effet de communication aussi pour les assureurs ? Aujourd'hui, une prime moyenne auto tourne autour de 420 €, la moitié pour les dommages, l'autre pour la RC. Sur les 200 € en dommages, le bris de glace représente seulement entre 15 et 20 €. Difficile, alors, d'imputer la hausse des tarifs auto aux seuls bris de glaces... « À taux de remplacement égal, une compagnie qui fait l'effort d'un investissement dans le contrôle de ses factures aura un coût moyen moins élevé », avance même Yann Carcalo. À bon entendeur...

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