L'aversion au risque diminue chez les institutionnels

Trouver l'équilibre entre prudence et rendement : c'est l'équation que doivent résoudre les investisseurs institutionnels aujourd'hui, comme le montre l'étude Morningstar, présentée lors du dernier Forum GI.

Une réallocation vers les actifs plus risqués, réalisée « davantage par éviction que conviction ». C'est, selon Jean-François Bay, directeur général de Morningstar, un fournisseur d'analyses d'investissement, l'approche qui prédomine en ce début d'année 2013 chez les investisseurs institutionnels. Tel est en tout cas l'un des enseignements de l'enquête « Les institutionnels face à la crise » de Morningstar, réalisée fin février-début mars 2013 auprès de 108 investisseurs institutionnels (dont 32% compagnies d'assurances et 22% de mutuelles de santé et institutions de prévoyance) et présentée lors du Forum GI, les 21 et 22 mars 2013, au Palais Brongniart à Paris.

Près d'un quart des investisseurs institutionnels (24%) souhaitent augmenter le niveau de risque sur leurs allocations d'actifs en 2013, soit deux fois plus que l'année dernière. L'aversion au risque diminue, mais les institutionnels restent globalement prudents : ceux qui souhaitent augmenter leur niveau de risque demeurent encore largement minoritaires par rapport aux 43% qui souhaitent maintenir le profil de risque de leurs allocations inchangé.

Dette souveraine : l'anomalie des taux

  • « Des crises comme celle-là, il y en a tous les cinquante ou soixante ans. Et là, nous n'en sommes qu'au milieu », lance Jean-Paul Betbeze, economic advisor group au Crédit agricole, devant une assistance concentrée sur le sujet évoqué lors de la conférence de clôture de la 9e édition du Forum GI. Il faut dire que pour le visitorat de la manifestation, le sujet est d'importance. Selon l'économiste, nous sommes, en France et en Europe, en pleine crise de production.
  • Contrairement aux Américains qui ont réglé le problème, nous sommes toujours face à une question fondamentale : « Qu'allons-nous produire ? ». Parallèlement, les taux d'intérêt actuels seraient une anomalie résultant de l'hyper-protection européenne désormais entretenue par le « whatever it takes to preserve euro » (1) annoncé par Mario Draghi, président de la BCE, en juillet 2012. Les assureurs reviennent sur les dettes périphériques pour rechercher du rendement tout en mesurant leur risque. « Nous sommes d'abord revenus sur la dette irlandaise, puis progressivement vers l'Italie et l'Espagne », explique Laurent Clamagirand, directeur stratégie d'investissement et d'ALM du groupe Axa.

1. « Tout ce qu'il faudra pour préserver l'euro ».

Gestion déléguée ou en direct ?

En 2013, les actifs de rendement restent privilégiés et représentent 55% des choix des institutionnels. À l'intérieur de cette classe d'actifs, les stratégies les plus risquées, comme les obligations d'entreprise (segments investment grade, high yield ou convertibles) et la dette émergente, sont recherchées au détriment des emprunts d'État et du monétaire. « Logique, étant donné le faible niveau des taux d'intérêt », commentent les auteurs de l'étude Morningstar.

De même, en 2013, le poids des actions, notamment de la zone euro (près de 11% des répondants, contre 6% en 2012), augmente, mais il reste bien plus faible que celui des actifs de rendement.

Concernant la gestion, la détention de titres vifs en direct est plébiscitée par près de 50% des investisseurs institutionnels. « La majorité des institutionnels soumis à la directive Solvabilité 2 demain indique qu'une gestion plus simple vers des titres plus sûrs ayant des maturités plus courtes sera privilégiée notamment pour des raisons de fonds propres », relève encore l'étude. Néanmoins, la gestion déléguée, même si elle reste moins importante, gagne du terrain : le nombre d'institutions souhaitant privilégier la gestion dédiée sous mandat ou fonds dédiés augmente.

Disparité très forte entre les fonds en euros

Enfin, ces grands acteurs déclarent à 35% (ils étaient 31% un an auparavant) que la crise des dettes souveraines dans la zone euro demeure la principale préoccupation, l'inquiétude portant sur le risque de crise économique progressant de son côté de 17% en 2012 à 20% en 2013.

De cette stratégie d'allocation d'actifs dépendra le rendement des fonds en euros, lequel est scruté à la loupe. Or, « nous sommes à une étape charnière, précise Jean-François Bay. La disparité entre les fonds euros n'a jamais été aussi forte, et le grand écart devrait se poursuivre en 2013. »

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