L'Ocirp se trace une nouvelle voie

L'Ocirp se trace une nouvelle voie

L’Ocirp est un acteur souvent méconnu de la prévoyance collective. Dans un contexte compliqué pour son activité, cette union d’institutions de prévoyance s’engage dans une réflexion stratégique sur son avenir.

À la fin de l’année, l’Ocirp – organisme commun des institutions de rente et de prévoyance – fêtera ses cinquante ans d’existence. C’est précisément le 28 décembre 1967 que cet organisme a reçu son agrément du ministère de la Santé et de la Sécurité sociale. Depuis cette date, celui que plus person­ne ne désigne sous le terme d’Organisme commun des institutions de rente et de prévoyance dévelop­pe la même expertise : « Couvrir les risques lourds qui pèsent sur la famille, principalement le décès avec les rentes conjoint et d’éducation, l’allocation orphelin, mais également la perte d’autonomie avec les rentes de survie et dépendance », détaille son nouveau directeur général, Pierre Mayeur.

L’Ocirp exerce donc une activité très délimitée – qui intègre également un peu de réassurance et la couverture de prévoyance lourde (invalidité, incapacité, décès) – principalement à destination des entreprises et des branches professionnelles et le tout dans une totale discrétion, puisqu’il n’apparaît jamais en premier plan. Et pour cause, l’Ocirp est une union d’institutions de prévoyance qui travail­le uniquement « en marque blanche » pour ses adhérents. Aucun réseau de distribution, ni centre de gestion. Démarche commerciale, encaissement des cotisations et liqui­dation des prestations sont du ressort des membres, aujourd’hui au nombre de 24, qui interviennent par délégation de l’Ocirp.

Une union d’institutions paritaires...

  • L’Ocirp réunit actuellement 24 institutions de prévoyance, dont toutes les IP des grands groupes de protection sociale, à l’exception de BTP prévoyance.
  • L’Ocirp est administrée par des instances paritaires. La présidence et la vice-présidence de l’union alternent tous les deux ans entre représentants des employeurs et des organisations syndicales : Philippe Pihet (Capssa - FO) est aujourd’hui le président de l’Ocirp, Jean-Louis Peyrude (AG2R Prévoyance - Medef) le vice-président.

Les conséquences de l’ANI

Un modèle original qui affiche des résultats mitigés pour 2016. Les cotisa­tions encaissées s’élèvent à 181,7 M€, en recul de 5,2 %. « Effet indirect de l’ANI, l’année a été compli­quée pour l’ensemble des ac­teurs de la prévoyance », explique Pierre Mayeur, avant de souligner « les efforts tarifaires consentis dans un marché très concurrentiel ». Une réduction des marges alors même que la mise en œuvre de la directive européenne Solvabilité 2 et la baisse des taux d’intérêt renchérissent l’exigen­ce de fonds propres.

Mais l’Ocirp n’aurait pas souffert de la censure des clauses de désignation par le Conseil constitutionnel en 2013. « Dans un premier temps, nous n’avons pas constaté de hausse des résiliations, ce qui ne préjuge pas de la suite », commente Pierre Mayeur, avant d’ajouter : « La tendance de rétraction de l’activité semble se poursuivre, il y a un phénomène à analyser ». L’explication pourrait tenir aux évolutions de la société, et notamment la croissance de l’activité féminine qui pourrait expliquer une moindre attractivité de la rente conjoint.

... spécialisée dans la couverture collective des familles...

  • 181,7 M€ encaissés en 2016.
  • Répartition du chiffre d’affaires par type de produits :

Une plateforme d’échanges

Ces réflexions sont au cœur de la préparation du nouveau plan stratégique 2018-2020. Et Pierre Mayeur a clairement été recruté par les partenaires sociaux cet été pour mener à bien ce chantier essentiel. « L’objectif est de réinventer l’Ocirp : l’union a vécu une belle histoire depuis 50 ans, il faut aujourd’hui en réécrire une nouvelle », explique le directeur géné­ral, qui fut notamment directeur général de la Caisse nationale d’assurance vieillesse (Cnav) de 2009 à 2016. Et cela, bien évidemment, en conservant ce modèle original de fonctionnement. Pas question d’aller concurrencer l’activité des institutions de prévoyance adhérentes. « Il s’agit de déterminer quels sont les sujets où l’Ocirp peut apporter une réelle plus-value à ses membres », insiste son président Philippe Pihet (FO), en citant pour exemple le travail actuellement mené par les servi­ces techniques sur la mise au point d’un dispositif de solvabilisation des jours pris par les aidants à destination des entreprises.

« La problématique des aidants concerne toutes les familles, avec de lourdes conséquences sur le travail et les salariés. Une situation qui exige, au-delà des produits d’assurance que l’Ocirp a développés, de concevoir de nouveaux dispositifs et services », commente Pierre Mayeur, ajoutant que « c’est là que l’Ocirp a tout son rôle à jouer. Notre métier est d’intégrer les innovations, d’assembler assu­rance, assistance et services et de nous position­ner comme une plateforme d’échanges et de solutions à destination des institutions de prévoyance, mais également des mutuel­les ».

... et fortement impliquée dans la société

  • La fondation d’entreprise Au cœur de la famille, fondée en 2009, est dédiée à l’orphelinage. Quelque 800 000 jeunes de moins de 25 ans sont aujourd’hui, orphelins d’un ou de leurs deux parents. Le défi de la fondation : « faire connaître et reconnaître la situation de l’état d’orphelin en France ».
  • L’association Dialogue & Solidarité, créée dans le cadre de la politique d’action sociale de l’union, a pour objet d’accueillir, d’écouter et d’accompagner les veuves et les veufs. En France, quelque 5 millions de personnes ont perdu leur conjoint ou concubin, dont 500 000 avant 55 ans.

Une union qui s’agrandit

De fait, les frontières entre organismes paritaires et mutualistes sont de moins en moins étanches. Alors que les concentrations ont fortement réduit le nombre d’institutions de prévoyance, la réflexion stratégique engagée devrait évoquer cette question de nouvelles recrues au sein de l’Ocirp. À ce titre, l’union a créé l’événement le 6 septembre dernier en organisant avec MFP Retraite un colloque sur le thème « Perte d’autonomie : la réponse des organismes lucratifs ». Jean-Paul Lacam, délégué général du Centre technique des institutions paritaires (Ctip), a ouvert la manifestation que Thierry Beaudet, prési­dent de la Mutualité française, est venu clôre. « Institutions de prévoyance et mutuelles sont des organis­mes non-lucratifs. Nous n’allons pas nous opposer juste pour des motifs de gouvernance », analysait ce jour-là Philippe Pihet.

Une collaboration plébiscitée par Thierry Beaudet : « Quand il n’y a pas de mobilisation des pouvoirs publics, nous avons à prendre date, à poursuivre nos échanges, à imaginer et à réfléchir à des solutions ensembles ». La tâche peut paraître ardue tant la manifestation du 6 septembre a montré, au-delà du caractère non lucratif des approches très différentes, y compris au sein des familles mutualistes et paritaires. Et c’est d’ailleurs pourquoi Pierre Mayeur souligne que « l’Ocirp, en lien bien sûr avec le Ctip et la FNMF, peut jouer un rôle important dans la prise en charge de l’autonomie, pas avec une réponse unique, mais une répon­se commune structurée au sein des institutions de prévoyance et des mutuelles. » Autrement dit, un bon début pour la nouvelle histoire !

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