[DOSSIER] Solvabilité 2 : Plus possible de reculer ! 5/7

L'Orsa, une utilité stratégique

Conçu pour être un outil d'aide à la décision, il représente un atout auquel le management des entreprises d'assurance ne renoncera pas, quel que soit le résultat des négociations politiques.


Le dispositif d'évaluation interne des risques ou Orsa (own risk and solvency assessment) est devenu la priorité des assureurs. Les superviseurs ont demandé la remise d'un premier rapport Orsa dès 2014. Il n'est donc pas question pour les assureurs d'attendre l'aboutissement des négociations politiques du trilogue européen. Complexe dans sa mise en oeuvre, complexe dans ses calculs dans la mesure où il a vocation à présenter une vision prospective et transversale des risques qui nécessite de travailler sur un grand nombre d'hypothèses financières et techniques, l'Orsa est en effet une oeuvre de longue haleine.

Évaluer l'évolution du besoin de solvabilité

Il suppose la mise en place de processus et d'indicateurs de risque permettant d'évaluer l'évolution du besoin de solvabilité de l'organisme d'assurance en fonction de son profil de risque, et donc de définir son appétence au risque. L'Orsa sert à « identifier le niveau cible agrégé de risque permettant à la fois d'atteindre les objectifs de croissance et de rentabilité tout en conservant un niveau acceptable de solvabilité », précise Gildas Robert, directeur métier en charge de l'actuariat conseil chez Optimind Winter. En résumé, c'est un formidable outil d'aide à la décision au sein de l'entreprise. « Il permet de porter à la connaissance du top management, c'est-à-dire du conseil d'administration et de la direction générale, une vision des risques la plus homogène et la plus complète possible », estime Stéphane Le Donné, responsable du projet Solvabilité 2 pour le groupe Axa.

Et si les grands groupes multinationaux sont depuis longtemps convaincus de l'utilité de ce processus et les plus avancés dans sa mise en place, les autres organismes « ont compris que l'exercice ne se faisait pas seulement pour des raisons réglementaires », estime Jimmy Zou, associé chez PWC responsable de Solvabilité 2. L'utilité apparaît notamment à la faveur des rapprochements entre mutuelles ou entre groupes de protection sociale.

QUELQUES DÉFINITIONS

  • Appétit au risque Niveau de risque agrégé qu'un organisme d'assurances accepte de prendre en vue de la poursuite de son activité ou son développement. À ne pas confondre avec la tolérance au risque qui est le niveau de risque que l'organisme accepte de prendre dans un périmètre restreint (filiale, ligne d'activité).
  • Agrégation des risques L'agrégation des risques permet de déterminer un capital consolidé pour l'ensemble des risques auxquels la compagnie est exposée. Le capital consolidé est inférieur au cumul des capitaux par type de risques lorsque les risques sont diversifiés.
  • Allocation de capital Ventilation du capital entre les différents segments d'activité de l'assurance. L'allocation est évaluée pour chaque type de risque à l'aide d'un modèle de gestion. Plus le risque est volatil, plus il faut de capital. L'allocation de capital joue un rôle crucial dans le cadre du dispositif Orsa.
  • Indicateurs de risque Ils doivent permettre la prise de décision et alerter sur les franchissements de limites. Exemples : la notation des réassureurs du portefeuille, la durée moyenne de recouvrement pour les indicateurs du risque de défaut ; ou le taux d'absentéisme, le taux de réclamation des clients, le suivi des sinistres pour le risque opérationnel.

L'Orsa survivra

Cette utilité est la meilleure garantie que l'Orsa survivra même si Solvabilité 2 ne devait pas être entièrement appliquée faute d'accord sur le Pilier 1. À condition d'éviter le danger majeur d'aboutir à une « usine à gaz ». « La clé de l'Orsa sera la simplicité pédagogique de l'outil représentant le profil de risque d'une décision », reconnaît Sophie Echardour, directrice des risques et responsable du projet Solvabilité 2 du groupe de prévoyance Klésia. Échaudé par la complexité de leur premier « pilote » Orsa, certains assureurs en sont à la deuxième version de leur cartographie des risques.

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