L'UFC relance le débat autour des assur ances accessoires

À la veille de la présentation du projet de loi sur la consommation au Parlement, l'association de défense des consommateurs pointe de nouveau du doigt la légitimité des assurances affinitaires.

Partager

Six mois après avoir épinglé les assurances de téléphonie mobile, l'UFC-Que choisir s'attaque, dans une étude, aux couvertures des moyens de paiements (AMP) et fuites d'eau. Cette nouvelle action de l'association de défense des consommateurs n'étonne pas Jean-Marie Guian, président du directoire de SPB, courtier spécialiste de l'assurance affinitaire et membre de la Fédération des garanties et assurances affinitaires (FG2A, qui compte également parmi ses adhérents AIG, Allianz, Aon ou encore Direxi) : « Il est important que certaines associations rendent ces insatisfactions publiques. Pour moi, c'est aussi le signe que le segment affinitaire devient de plus en plus mature. »

2,5 Md€

Le volume de chiffre d'affaires estimé de l'assurance affinitaire en France.

Source : FFSA.

+ 25%

La croissance annuelle estimée de la branche.

Source : FG2A

Certes, mais il faut avouer que le constat établi par l'UFC, notamment en ce qui concerne les AMP, est, disons-le, assez alarmant. Selon l'association, cette couverture est généralement déjà incluse dans les packages bancaires depuis la transposition en droit français d'une directive européenne obligeant les banques à mieux rembourser leurs clients en cas de fraude. L'UFC-Que choisir pointe aussi du doigt un niveau tarifaire rarement en adéquation avec le degré de délinquance constaté. « Il y a 266% d'écart entre les taux de plaintes les plus hauts et ceux les plus bas, alors qu'il est de seulement 5,6% au niveau des tarifs pratiqués », appuie Nicole Pérez, administratrice nationale de l'association.

Les assurances fuites d'eau, considérées par l'UFC-Que choisir comme un véritable eldorado pour les assureurs sont également épinglés. Deux éléments, notamment, sont contestés par l'association : le manque de clarté dans les exclusions et le démarchage massif inapproprié. L'UFC révèle en effet que la distribution de ce type d'assurances s'effectue principalement en vente à distance par courrier et, ainsi, « sans réel ciblage et conseil auprès du client ». Jean-Marie Guian s'en défend : « Même si certaines pratiques citées par l'UFC existent sur le marché, elles ne sont pas généralisables à tous les acteurs du secteur. »

Une épidémie d'offres qui jouent sur la peur

Pourtant l'association ne mâche pas ses mots concernant ces assurances affinitaires, appelées également assurances accessoires, parlant « de véritable épidémie » et « d'assurances qui jouent sur les peurs des consommateurs ». Cependant, le marché de l'affinitaire, sous l'impulsion de la FG2A, serait notamment sur le point de s'organiser et de sortir un label permettant de clarifier les critères de bonnes pratiques à mettre en oeuvre dans le cadre d'un produit d'assurance de matériel high-tech. « Il est prévu qu'il sorte d'ici à fin juin. Nous sommes dans les temps. Pour autant, plusieurs acteurs, dont les clients de SPB, préparent d'ores et déjà des produits répondant à des critères de qualité de service et de gestion qui devraient être demandés dans le cadre de ce label », confirme le président du directoire de SPB.

La sortie de cette étude arrive aussi à point nommé pour l'UFC-Que choisir, qui affiche une fois de plus sa volonté de peser sur le débat parlementaire concernant le projet de loi sur la consommation. « Nous voulons défendre l'idée que la possible rétractation sous quatorze jours devrait être étendue à tous les types d'assurances accessoires », lance Alain Bazot. Et le président de l'UFC-Que choisir d'ajouter : « Il en va de même pour la résiliation à tout moment à partir d'un an de contrat. » Ce dernier souligne aussi la volonté de l'association de consommateurs d'appuyer un amendement obligeant les assureurs à mettre en exergue les exclusions de garantie

Des exigences injustes et disproportionnées

L'association réclame également que les distributeurs d'assurances révèlent à l'assuré le niveau exact de leur commissionnement. Une proposition qui provoque aussi l'incompréhension chez les acteurs du monde affinitaire, notamment du président du directoire de SPB : « Demander aux distributeurs d'assurances leur niveau de commissionnement serait contre-productif. On exige aujourd'hui aux distributeurs de produits financiers bien plus de choses qu'aux autres acteurs de la distribution classique. »

Gare aux doublons partiels entre assurance scolaire et MRH !

Les idées reçues sont parfois tenaces. Et pour cause : les Français ont encore trop souvent tendance à croire que la garantie responsabilité civile incluse dans l'assurance habitation suffirait à protéger les enfants. Certes, si des couvertures en double existent partiellement entre les contrats spécifiques d'assurance scolaire et les contrats multirisque habitation (MRH) sur la partie responsabilité civile, ces derniers ne couvrent généralement pas les dommages corporels subis par les enfants. « Contrairement à une idée communément admise, il ne s'agit pas d'une assurance scolaire à part entière, en ce sens où ces contrats n'intègrent pas la protection individuelle corporelle, qui protège l'enfant victime d'un accident avec ou sans tires identifié, ce que l'on recense dans huit cas sur dix », interpelle Edgard Mathias, président de la MAE. La mutuelle d'assurances, qui traite chaque année plus de 200 000 sinistres, pointe du doigt la « "mésinformation" de la plupart des assureurs généralistes et des bancassureurs », pour lesquels l'assurance scolaire constitue un produit de fidélisation.

Inviter systématiquement l'assuré à vérifier

Mais alors, pourquoi ne pas avoir décidé de mettre un terme à ces doublons partiels en ne proposant aux assurés que des offres protection individuelle corporelle (PIC) ? Edgard Mathias livre sa réponse : « À sa création en 1932, la MAE ne proposait que la PIC. Ce n'est qu'au milieu des années 50 et à la demande des enseignants et des parents d'élèves que la responsabilité civile s'est greffée. Depuis, nous avons conservé cette formule en nous engageant à prendre en charge, dans le cas d'une double assurance MRH-scolaire, la franchise de l'assureur. » Reste que pour éviter les doublons d'assurance, le projet de loi sur la consommation introduit la possibilité d'offrir un délai de quatorze jours au consommateur pour renoncer au contrat qu'il vient de souscrire. Le texte prévoit également la remise d'un document invitant l'assuré à vérifier s'il n'est pas déjà couvert.

SÉBASTIEN ACEDO

Il faut éviter de tomber dans la caricature. Même si certaines pratiques mises en cause par l'UFC-Que choisir existent, elles ne sont pas généralisables.

Jean-Marie Guian, président du directoire de SPB

Base des organismes d'assurance

Abonnés

Retrouvez les informations complètes, les risques couverts et les dirigeants de plus de 850 organismes d’assurance

Je consulte la base

Sujets associés

Les formations L’ARGUS DE L’ASSURANCE

Toutes les formations

LE CARNET DES DECIDEURS

Julien Alzouniès, DG Leader Insurance 2022

Julien Alzouniès, DG Leader Insurance 2022

Groupe Leader Insurance

Directeur général opérationnel

Michèle Horner, Beazley France 2022

Michèle Horner, Beazley France 2022

Beazley

Responsable relations courtiers pour la France

Bertrand de Surmont président Planete CSCA avril 2022

Bertrand de Surmont président Planete CSCA avril 2022

Planète CSCA

Président

Yves Pellicier, Maif 2022

Yves Pellicier, Maif 2022

Maif

Président

LES SERVICES DE L’ARGUS DE L’ASSURANCE

Accédez à tous les appels d’offres et détectez vos opportunités d’affaires

75 - GRAND PARIS AMENAGEMENT

Prestations de conseil juridique et de représentation en justice.

DATE DE REPONSE 09/01/2023

+ de 10.000 avis par jour

Tout voir
Proposé par

ARTICLES LES PLUS LUS