[DOSSIER] Présidentielle 2017 (Spécial) 5/11

La dépendance, encore et toujours

La dépendance, encore et toujours

Les candidats ne sont pas avares de promesses, alors que la prise en charge de la perte d’autonomie se heurte depuis dix ans à la question de son financement.

On ne l’attendait pas forcément en si bonne place dans les programmes électoraux... du moins de certains candidats. La problématique de la prise en charge de la dépendance est quasi absente des propositions d’Emmanuel Macron, candidat d’En marche ! En revanche, elle est très largement développée par Benoît Hamon (Parti socialiste) et François Fillon (Les Républicains). Ce qui n’est pas le moindre des paradoxes dans la mesure où l’un comme l’autre représentent des mouvements politiques auxquels il est reproché d’avoir davantage parlé qu’agi sur le front de la perte d’autonomie... À l’automne 2011, après des mois et des mois de concertation, Nicolas Sarkozy décidait finalement d’abandonner cette réforme de la dépendance qu’il n’avait cessé d’évoquer depuis son élection. Pour une raison, aussi simple que cruciale : l’absence de financement. Avec François Hollande, l’ambition se voulut plus large, il ne s’agissait plus de se focaliser sur la dépendance, mais d’adapter la société au vieillissement de la population. Pour autant, là aussi, faute de moyens, Michèle Delaunay, ministre déléguée aux Personnes âgées et à l’Autonomie, dut faire une croix sur la réduction du reste à charge pour les personnes âgées en établissement.

Affronter le problème

Les années passent et le problème ne fait que se poser avec plus d’acuité. Le 4e âge croît fatalement pour cause de Papy-boom et d’allongement de l’espérance de vie. Comme le rappelait le dernier baromètre Ocirp, le nombre de dépendants – environ 1,2 million – devrait doubler d’ici à 2060, et les dépenses suivre le même mouvement. Pas étonnant que les Français, confrontés à la perte d’autonomie dans leur entourage, placent la dépendance au premier rang de leurs préoccupations en matière de santé, devant les déserts médicaux et l’équilibre des comptes de la Sécu, selon le dernier baromètre Deloitte 2017. Benoît Hamon comme Jean-Luc Mélenchon privilégient les réponses publiques avec l’augmentation de l’Allocation personnalisée autonomie (APA) à domicile et des mesures financières pour réduire les restes à charge en établissement. Dans le même temps, les deux candidats promettent d’améliorer l’encadrement en personnel dans les Ehpad.

Solution, publique ou privée ?

Le programme Fillon s’appuie a contrario sur l’initiative privée. Il préconise ainsi de lancer une campagne nationale pour financer la recherche sur la maladie d’Alzheimer, et il entend encourager le développement de l’assurance en créant, par exemple, un label pour les contrats dépendance, assorti d’une exonération fiscale. Une solution envisagée par Xavier Bertrand, alors ministre de la Solidarité… en 2008. La FFA a depuis créé son label GAD, mais l’assurance dépendance peine à décoller.

Selon la FFA, 7,3 millions de personnes étaient couvertes en dépendance fin 2014, pour un total de 727M€ de cotisations. Mais les trois-quarts de cet encaissement proviennent des 1,6M de personnes couvertes auprès d'une société d'assurance par un contrat dont la garantie dépendance est la garantie principale et unique - dont 77% à titre individuel et facultatif. Cette dernière population est... quasi stable depuis 2011 !

Enfin, Marine Le Pen n’hésite pas à réutiliser la proposition fourre-tout de «créer un 5e risque de Sécurité sociale consacré à la dépendance». Mais pas plus que les autres candidats, elle n’explique comment elle va financer cette mesure. De fait, aujourd’hui comme hier, le politique ne semble pas avoir dépassé le stade des incantations sur ce dossier !

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