La MGEN au chevet de la LMDE

Le plan d'adossement de La mutuelle des étudiants (LMDE) à la Mutuelle générale de l'Éducation nationale (MGEN) a été accepté. Cette dernière prend la main sur tous les aspects financiers et de production, les élus étudiants se recentrant sur la politique de santé et la prévention.

L'énigmatique « plan d'adossement », une notion inédite en mutualité, mis en place par la MGEN pour venir en aide à la LMDE est un véritable plan de sauvetage, qui a écarté le risque d'une cessation de paiement. Acceptée par l'Autorité de contrôle prudentiel (ACP), cette solution s'est imposée logiquement dans la mesure où la MGEN substituait déjà la LMDE depuis sa création en 2000 sur les décombres de la MNEF. La MGEN avait aussi été, aux côtés de la Matmut et de la Mutualité française (FNMF) essentiellement, l'un des acquéreurs des titres participatifs émis par la LMDE pour pallier à son absence de fonds propres.

« L'outil juridique du plan d'adossement est une convention de délégation de gestion », a expliqué Christian Herbère, directeur général, la semaine dernière devant la presse. Le champ de cette délégation est large. Elle englobe, depuis le 1er septembre 2013 les fonctions supports (informatique, RH, finances, réglementation) et interviendra au 1er janvier 2014 pour la totalité de la production. À ce titre, une cinquantaine de collaborateurs de la mutuelle étudiante ont déjà été transférés à la MGEN et quelques 200 doivent encore l'être.

Il restera environ 300 salariés à la LMDE, essentiellement dédiés au développement, à la prévention ainsi que dans le réseau d'agences. « Nous conservons ce qui est spécifique aux étudiants », a souligné Vanessa Favaro, présidente de la mutuelle. La LMDE garde aussi ses instances et sa souveraineté. Mais un comité de surveillance mixte de 9 membres (dont 5 représentants de la MGEN) examinera les dossiers stratégiques avant les réunions du conseil d'administration.

Problèmes de gestion, à qui la faute ?

Comment en est-on arrivé là ? En privé, des mutualistes attribuent la détérioration de la qualité de gestion à une confusion entre élus et équipe de direction opérationnelle. « L'irresponsabilité de la gouvernance étudiante est en cause », estime une source bien informée, qui s'interroge plus largement sur la capacité de jeunes de 25 ans à piloter une telle entreprise. Si la MGEN a agi énergiquement en début d'année, en poussant notamment au remplacement du directeur général de la mutuelle étudiante, au plus haut niveau on reconnaît une « part de responsabilité » en n'étant pas intervenue plus tôt.

Outre un déficit hérité de la création, l'équipe de la LMDE évoque d'autres causes. L'augmentation du nombre d'adhérents en complémentaire santé individuelle, passé de 259 000 en 2008 à 320 000 en 2012, n'aurait pas produit les effets escomptés en raison du poids des taxes CMU et TSCA.

Autre facteur, des remises de gestion qualifiées d'« insuffisantes » par Vanessa Favaro. 50% du chiffre d'affaires de la mutuelle est constitué par la dotation de la caisse nationale d'assurance maladie (Cnam) pour la gestion de la sécurité sociale étudiante. Elle se monte à 50,5 M€ (52 € par affilié et par an plus une dotation exceptionnelle de 2,2 M€) pour des coûts de gestion supérieurs à 57 M€ pour l'exercice 2012. « Nous sommes structurellement déficitaires », déclare Vanessa Favaro. qui souligne le poids d'une gestion particulière, avec chaque année un tiers de l'effectif entrant et un tiers sortant.

Enfin, 2012 apparaît comme une « année de transition » qui s'est mal passée. Un « plan de transformation » de l'entreprise, d'un coût de 7,3M€, avait été engagé pour améliorer la qualité de service. Trois centres de traitement des feuilles de soins sur sept ont été fermés. 120 salariés, qui ont refusé la mobilité, ont quitté l'entreprise dans le cadre d'un PSE ouvert fin novembre 2011. « L'année 2012 a très mal commencé, nous avons traîné beaucoup de difficultés », constate Vanessa Favaro. Ce plan de transformation était-il bien calibré ? « Nous aurions peut-être dû mettre plus de moyens mais nous ne pensions pas avoir autant de départs », explique-t-elle.

Vers une solution durable ?

Du coup, les critiques ont redoublé. Les mutuelles étudiantes, et la LMDE en particulier, ont été épinglées par une étude de l'UFC - Que Choisir à la rentrée 2012, puis par un rapport du Sénat en décembre. Taux de décroché des appels de 45%, longueur des délais de remboursements, de délivrance des cartes Vitale et difficultés à joindre un correspondant sont les principaux reproches. Et un rapport au vitriol de la Cour des comptes, faisant état de 200 000 courriers en souffrance en février dernier, est attendu pour fin septembre.

nous conservons ce qui est spécifique aux étudiants.

vanessa Favaro, présidente de la LMde

Vanessa Favaro affirme que la Cour des comptes dresserait aujourd'hui un état des lieux très différent, les goulots d'étranglement ayant été traités. Le serveur vocal a été changé et des téléconseillers embauchés. Le courrier ne s'accumule plus, les agences ont été rénovées, et il n'y a, désormais, plus d'assurés qui font la queue dehors sous la pluie. Selon une source proche du dossier, le nombre de feuilles de soins en attente serait passé sous la barre des 20 000. « Et nous poursuivons les efforts pour réduire les coûts de gestion », ajoute Christian Herbère.

La LMDE est-elle réellement tirée d'affaire ? Oui dans la mesure où la mise en place d'une convention de compte courant entre la MGEN et la LMDE, qui a permis de placer en trésorerie jusqu'à 10M€, écarte tout risque de cessation de paiement et garantit la continuité d'exploitation de la mutuelle étudiante. Elle bénéficiera aussi de « l'expertise » de la MGEN en matière de back-office. Mais la LMDE doit encore retrouver un modèle économique stable et se réinventer au sein du groupe MGEN. Pour le moment, elle combine ses comptes avec ce dernier, et il n'est pas question d'une entrée dans l'Union mutualiste de groupe (UMG) Istya, réunissant la MGEN et plusieurs mutuelles de la fonction publique, la LMDE ne réunissant pas les critères de solvabilité nécessaires.

Une mutuelle des « jeunes »

Mais selon nos informations, une réflexion serait engagée sur des synergies entre la LMDE et les mutuelles d'Istya, la première y devenant la mutuelle « jeunes » de l'UMG. Reste la question du modèle de la Sécu étudiante, régulièrement attaqué. La MGEN, qui défend avec ardeur la gestion du régime obligatoire des fonctionnaires, ne manquera pas de soutenir la Mutuelle des étudiants.

SÉCU ÉTUDIANTE : UN NIVEAU DE COMPLEXITÉ « ABRACADABRANT »

  • Dans un rapport remis le 12 décembre 2012 au nom de la Commission des affaires sociales du Sénat, un groupe de travail sur la sécurité sociale et la santé des étudiants pointait « des dysfonctionnements réels mais difficiles à évaluer précisément » des mutuelles. Les sénateurs soulignaient aussi « un niveau de complexité abracadabrant » des modalités d'affiliation à la sécurité sociale étudiante.
  • Pour y remédier, les sénateurs préconisaient notamment des mesures de simplification des conditions d'affiliation et de modernisation des mutuelles étudiantes, avec, entre autre, un développement des services sur Internet.
  • Au chapitre de la complémentaire santé, ils suggéraient la création d'un label pour les contrats à destination des étudiants pour qu'ils couvrent « de manière transparente, leurs besoins spécifiques ». Ils relançaient également l'idée du chèque santé, en recommandant une évaluation de son intérêt.

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