La téléphonie mobile fait bugger SPB

La téléphonie mobile  fait bugger SPB
Jean-Marie Guian, président du groupe
de courtage affinitaire SPB

Jean-Marie Guian, président du groupe de courtage affinitaire SPB, affronte une hausse continue de la sinistralité sur son cœur de métier, la téléphonie mobile. Son résultat opérationnel a, ainsi, chuté de 62 % en 2015. Ses solutions : cotations rigoureuses, offres locatives et diversification dans l’optique.

Lors de l’annonce de vos résultats 2015, vous aviez confié vos inquiétudes concernant le marché du téléphone mobile… Qu’en est-il neuf mois plus tard ?
Nous avons effectivement connu, ces dernières années, une explosion de la sinistralité en téléphonie. Nous avons redressé la barre sur l’ensemble de nos program­mes ces derniers mois. Cependant, la hausse de la sinistralité se poursuit. Nos efforts ne doivent donc pas s’arrêter. La sinistralité, qui était de 6 à 7 % lors de nos premiers contrats, est de 18 % en moyenne, voire de 40 à 50 % sur les contrats qui couvrent l’ensemble des biens d’un foyer.

Comment expliquer ce boom de la sinistralité ?
Ce marché s’est démocratisé, mais il reste une forte demande pour des smartphones haut de gamme. On l’obser­ve avec le dernier modèle Google, par exemple, qui répond clairement à ces besoins. Par rapport à ses voisins européens, la France est particulièrement exposée à l’explosion de la sinistralité car nous proposons des contrats sans franchise. Donc, il n’y a pas de frein à la déclaration de sinistres. Ils sont dotés de très peu d’exclusions, comme le demande le régulateur.

Quel est l’appétit des assureurs sur ce marché ?
De nouveaux assureurs arrivent sur le marché de la téléphonie mais certains risquent de se retirer faute de tarification adéquate. En tant que courtier, nous avons les données nécessaires pour apposer la bonne tarification sur ce risque sensible.

Comment voyez-vous évoluer les produits de ce marché ?
Nous sommes intéressés par les innovations, comme la location. Nous avons passé un partenariat avec la Fnac, en Espagne, en nous positionnant comme une plateforme logistique qui veille sur l’appareil à partir du moment où il est confié à l’utilisateur et ce, jusqu’à sa reprise. Nous estimons que le risque devrait être meilleur sur ce type de service si l’assu­rance est proposée en packa­ge locatif. Nous avons donc des discussions en ce sens et nous souhaitons être acteur du développement de la location de téléphone en France.

Comptez-vous développer le marché de l’auto en utilisant l’expérience de Pascal Briodin, qui était auparavant chez Icare, filiale de BNP Paribas Cardif, spécialisée dans les garanties panne mécanique et maintenance automobile ?
Nous n’avons pas, pour l’instant, d’objectif de développement sur le secteur de l’automobile. En revanche, l’expérience de Pascal Briodin dans l’organisation commer­ciale de groupes de taille importante nous intéresse beaucoup. Après avoir connu une phase de développement tous azimuts, nous sommes en phase de structuration. Une étape indis­pensable, car si notre métier reste le même depuis les années 2000, tout a changé autour ! Le marché, d’abord, a muri. Nous gérons près de 9 millions de poli­ces en France rien que dans la téléphonie. Une grande rigueur est donc indispensable en matiè­re de cotation.

Avez-vous identifié de nouveaux leviers de développement ?
Auparavant, nous pensions que pour rester leader, il fallait tout accepter. Désormais, nous sommes plus sélectifs lors des appels d’offres. Mais nous nous ouvrons à d’autres marchés avec de nouveaux partenaires dans l’optique. Je pense également aux lunettes connectées. Ces équipements pourraient représenter un marché intéressant, de l’ordre de 10 % de parts de marché. Au-delà du gadget, cet équipement est intéressant pour les conducteurs de deux-roues, par exemple. Plus largement, la vigilance des autorités de la concurrence sur les ententes dans l’optique nous ouvre également des opportunités pour la distribution de contrats d’assurance contre la casse. Actuellement, les garanties offertes par les opticiens sont finan­cées sur leurs marges.

Avez-vous entamé votre transformation digitale en 2016 ?
Oui, mais nous n’en faisons pas une norme. Tous les assurés ne sont pas digitaux, loin s’en faut. Le contact humain reste essentiel. Le tout digital n’est pas un Graal, et s’il est possible de réaliser des gains de productivité, c’est au prix d’investissements considérables. Pour rester au niveau, il faut muscler les équipes informatiques de façon conséquente et faire évoluer les sites en permanence. Nous sommes en train de faire passer près de 200 sites au responsive design (ndlr : expérience de lecture et de navigation optimales pour l’utilisateur, quel que soit le support), ce qui nécessite de repen­ser toute l’écriture de ces sites. Et nous avons quelques programmes dont la gestion est 100 % digitale. Mais l’ouverture d’un canal ne diminue pas l’utilisation des autres. On améliore la relation client en proposant plusieurs moyens de communication à l’assuré.

Des ambitions grevées par la sinistralité

Le courtier SPB (1), qui développe sa présence en Europe dans 12 pays, affiche un chiffre d’affaires de 278,2 M€ en 2015, en hausse de 7 % par rapport à 2014. Il en est tout autrement de son résultat opérationnel qui a chuté de 62 %, passant de 10,2 M€ à 3,8 M€ l’an dernier. Un fort recul lié à la hausse de la sinistralité en téléphonie. Côté gestion, le courtier aux 50 millions d’assurés a géré 1,3 million de sinistres dont 905 000 téléphones réparés ou remplacés l’an dernier, soit 300 000 de plus qu’en 2014.

1. Société de prévoyance bancaire, lors de sa création, en 1965.

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