[DOSSIER] Dossier spécial courtiers 4/11

Le courtage plébiscite l’alternance

Le courtage plébiscite l’alternance
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Les courtiers ont de plus en plus recours à la formation en alternance. Ce dispositif, promu par les partenaires sociaux de la branche, s’avère une bonne réponse aux difficultés de recrutement du courtage.

À la Chambre syndicale des courtiers d’assurances (CSCA), le téléphone n’arrête pas de sonner depuis fin août. « À la veille de la rentrée scolaire, beaucoup d’entreprises du courtage nous ont appelés pour connaître les modalités d’accueil des alternants et savoir s’il n’était pas trop tard pour intégrer des jeunes en contrat d’apprentissage ou de professionnalisation », indique Émilie Amisse, responsable des ­affaires sociales et de la formation professionnelle à la CSCA.

1 500 le nombre d’alternants que les entreprises du courtage entendent embaucher sur la période 2017-2019.

C’est un fait : l’alternance a désormais la cote dans le monde du courtage. Il suffit de regarder les derniers accords signés au sein de la branche professionnelle pour s’en persuader. Au cours des douze derniers mois, deux textes ont été paraphés pour développer ce mode de formation chez les courtiers. L’un sur la formation professionnelle, daté de septem­bre 2015, l’autre sur le pacte de responsabilité, conclu en juin 2016. Ce dernier, notamment, fixe comme objectif d’atteindre le chiffre d’au moins 1 500 alternants embauchés dans la branche sur la période 2017-2019. « Nous sommes partis du double constat que les entreprises du courtage n’arrivaient pas à satisfaire leurs besoins en recrutement sur ­certains postes, alors que dans le même temps de nombreux jeunes ­restaient éloignés du marché de ­l’emploi », explique Thierry Tisserand, ­secrétaire fédéral de la CFDT banques et assurances, syndicat ayant participé à la rédaction de ces accords dans le courtage. « Or, l’alternance est certainement aujour­d’hui la solution la plus efficace pour répondre à ces deux ­problématiques », ajoute-t-il.

Formation formatée

Pour les cabinets de courtage qui ont recours à ce dispositif, les avantages ne manquent pas. Au-delà des aides fiscales et financières accordées par les pouvoirs publics (voir encadré ci-contre), les courtiers mettent également en avant le fait de pouvoir intégrer des personnes qui n’ont pas, ou peu, d’expé­rience professionnelle. « Sur des métiers qui nécessitent des savoir-faire spécifiques, il est fondamental de pouvoir faire appel à de la “matière neuve”, autrement dit à des alter­nants que nous allons former à notre propre organisation », explique Olivier Allaert, DRH du groupe ­Santiane. « Comme ces jeunes de moins de 26 ans restent entre un et deux ans dans l’entreprise, ils ­disposent de plus de temps qu’une recrue lambda pour intégrer nos ­processus de travail », ajoute-t-il. Preuve que le courtier niçois est convaincu de l’intérêt de ce mode de recrutement, il emploie aujourd’hui dix contrats en alternance, au sein du service commercial et de l’activité développement informatique. Deux ans plus tôt, aucun contrat n’avait été jusqu’alors signé chez Santiane.

Mais si l’alternance séduit dorénavant les courtiers, cela tient aussi à une offre de formation bien plus riche. « Nous proposons des formations en alternance de Bac+2 à Bac+5, du BTS au Master. Afin d’être au plus près de l’actualité des entreprises du secteur, nous enrichissons régulièrement notre offre. Nous allons ainsi proposer, à partir de cette année, un cycle Master profes­sionnel consacré au management ­digital », indique ­Laurence ­Stalin, ­directrice du Centre de formation des apprentis (CFA) de l’assurance, qui ­précise que 17 % de ses étudiants exercent leur contrat d’alternance dorénavant dans le courtage (soit 2 points sup­plémentaires depuis trois ans).

« Pour autant, cette branche qui compte 35 500 salariés reste très peu connue des alternants, qui se dirigent plus facilement vers les grandes ­compagnies d’assurance ou les mutuelles », constate Thierry Tisserand, de la CFDT. Au travers de l’accord sur le pacte de responsabilité, les partenaires sociaux ont donc décidé d’encourager les entreprises de la branche à participer davantage aux forums et à tout événement en lien avec l’emploi et l’alternance. « Pour la première fois, nous étions présents au salon de L’Étudiant de septembre à Paris et nous ­participerons à celui de Nantes en ­novembre prochain », indi­que Émilie Amisse, de la CSCA.

Plus encore, afin de convaincre les étudiants de rejoindre les entreprises du courtage, la branche entend proposer davantage de garanties sur l’emploi aux alternants à l’issue de leur contrat. « Les alternants doivent pouvoir bénéficier prioritairement des propositions de CDD formulées par les entreprises pour remplacer notamment des ­salariés en CDI absents (…) », peut-on ainsi lire dans l’accord de juin dernier. De fait, les parties signataires (CSCA, CFE-CGC, CFTC et CFDT) se sont engagées à maintenir dans la branche, en CDI ou en CDD d’une durée minimale de 6 mois, à l’issue de leur alternance, 10 % des person­nes accueillies en contrat de professionnalisation ou d’apprentissage. Autant dire que le téléphone de la Chambre patronale risque de sonner encore longtemps.

Un investissement et des aides

  • « Engager un alternant, cela représente un investissement. Tant humain que financier », estime Laurence Stalin, directrice du Centre de formation des apprentis (CFA) de l’assurance. À partir du moment où il entre dans l’entreprise, l’étudiant est en effet considéré comme un salarié. Il bénéficie des mêmes avantages que ses collègues (tickets restaurants, congés payés, indemnités de transport...) et perçoit chaque mois un salaire (correspondant, en général, à 70 % du Smic pour les moins de 26 ans en contrat de professionnalisation).
     
  • L’entreprise doit également s’acquitter des frais de scolarité. « Certes, pour les contrats en apprentissage, ces frais sont financés via, notamment, la taxe d’apprentissage, alors que pour les contrats de professionnalisation, le coût pédagogique est pris en charge par l’Organisme paritaire collecteur agréé. Il n’empêche, l’Opca ne couvre généralement qu’une partie des coûts, si bien que l’entreprise est obligée de mettre souvent la main à la poche », précise Laurence Stalin.
     
  • En contrepartie, l’entreprise peut bénéficier d’avantages fiscaux (exonération ou réduction de cotisations sociales, prime à l’apprentissage...), et même d’un crédit d’impôt pouvant aller jusqu’à 1 600 € (multiplié par le nombre annuel moyen d’apprentis). « Seulement, ce dispositif est rarement demandé, car il reste méconnu des entreprises », constate la directrice du CFA de l’assurance.

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