Le Lyonnais Apicil n'entend pas se marier

Le Lyonnais Apicil n'entend pas se marier
Philippe Barret, directeur général d’Apicil

À l'occasion de la présentation de ses résultats, le groupe paritaire revient sur sa stratégie. Plutôt que les rapprochements et la course à la taille, le groupe privilégie les partenariats et une diversification équilibrée.

Après que Réunica, qui l'avait retenu en short list lors de sa recherche d'un partenaire, lui a préféré AG2R- La Mondiale, Apicil n'envisage aucun autre rapprochement. « Nous ne le souhaitons pas. Notre stratégie de développement repose sur l'indépendance », affirme Philippe Barret, son directeur général. Pour ce groupe de protection sociale basé à Lyon, l'important n'est pas la taille, mais la performance. « Notre volonté politique est d'affirmer qu'Apicil est une puissance économique à Lyon, avec 1 300 collaborateurs et 5,8 Md€ d'actifs gérés. Nous vivons beaucoup de la région, mais nous lui rendons beaucoup aussi », ajoute Philippe Barret.

Un ancrage local

  • Créée en 1938 sous l'impulsion du patronat lyonnais, l'Association métallurgique de prévoyance (AMP) offrait un régime de protection sociale aux cadres de ce secteur.
  • À la création de la Sécurité sociale en 1945, l'AMP devient l'Association de prévoyance interprofessionnelle des cadres et ingénieurs de la région lyonnaise (Apicil), avant de devenir une institution de prévoyance.
  • Apicil conserve cet ancrage par son intervention dans des fonds d'investissement régionaux, ainsi qu'avec son propre fonds, Apicil Proximité, doté de 10 M€.

Son propre réseau de santé

Pour préserver cet ancrage régional, il privilégie les partenariats : « Nous l'avons montré avec Humanis, nous y étions prêts avec Réunica, ou avec Klesia en 2012 dans l'informatique, mais ce sont eux qui ont préféré le système d'information de la Fédération mutualiste parisienne (FMP). »

Au chapitre de la santé et de la prévoyance, le plan stratégique Convergences 2016 a anticipé l'accord national professionnel (ANI) du 11 janvier, puisque l'un de ses objectifs visait à recentrer l'activité sur le coeur de métier, les entreprises. À ce titre, l'activité commerciale a déjà été réorientée.

La fin de l'exercice écoulé a aussi été marquée par la création du groupement paritaire de prévoyance (GPP) Adéis, positionné sur la réponse aux besoins des branches professionnelles. Une structure au sein de laquelle apparaît Humanis prévoyance, Ipsec (une autre institution de prévoyance d'Humanis), Ciprev (une IP de l'Est) et le Groupement national de prévoyance (GNP). Adéis est la structure commerciale, tandis que le risque est porté par le GNP, Humanis et Apicil.

En matière de réseaux de santé, Apicil a préféré faire cavalier seul. Plutôt que de rejoindre l'une des grandes plates-formes du marché, il a fait évoluer sa structure de tiers payant Actil. « Nous avons des conventionnements en optique, dentaire, audioprothèse et nous allons développer l'ostéopathie », indique Philippe Barret. Actil se différencie aussi de la plupart des autres plates-formes en n'appliquant pas de numerus clausus ni de critères tarifaires stricts.

Outre l'indépendance, Apicil se distingue par son degré de diversification, puisque son activité assurantielle représente le tiers de son chiffre d'affaires. Philippe Barret a l'ambition de faire du groupe le « champion paritaire » de l'assurance vie (hors AG2R-La Mondiale, qui est une Sgam). Dans ce domaine, Apicil travaille avec le même partenaire de référence qu'en santé. Intervie, l'activité vie d'Humanis, est en cours de rapprochement avec Apicil assurances. L'opération devrait être finalisée d'ici à fin 2013, avec effet rétroactif au 1er janvier. À son terme, Apicil assurances sera détenue à 20% par Humanis. « Nous avons une convention prévoyant que les réseaux Humanis et Radiance [le pôle mutualiste d'Humanis, NDLR] distribuent les produits Apicil assurances sous leur marque. Avec Intervie, nous serons à 3,4 Md€ d'encours et notre objectif est de trouver des partenaires pour arriver à 5 Md€ », précise Philippe Barret.

Relation à la carte et alliances parcimonieuses

L'épargne a le vent en poupe, puisque, l'an dernier, Apicil a intégré Coparc. Cette compagnie d'assurance vie achetée fin 2011 à Allianz travaillait exclusivement avec son propre réseau de CGPI, W Finance. « Nous avons réalisé une opération commune avec le groupe Primonial, qui a repris la partie distribution et nous la compagnie, que nous avons fusionnée avec Apicil assurances. Elle nous apporte 70 M€ de chiffre d'affaires ainsi qu'une forte progression, de l'ordre de 1 Md€, des actifs gérés, qui atteignent 2,4 Md€ », détaille Philippe Barret.

Apicil se différencie encore de ses concurrents en matière mutualiste. Ce pôle, structuré l'an dernier sous la forme d'une union de groupe mutualiste (UGM), Unalis, est composé de Micils, la mutuelle historique du groupe, Intégrance, la Bourguignonne GRM et Sud-Ouest Mutualité, qui lui offre une porte d'entrée dans cette région. Mais si cette mutuelle tarboise a décidé d'adhérer pleinement au groupe paritaire, ce dernier veut être « différent » de ses concurrents en proposant aux mutuelles une relation à la carte. Et si l'ANI pourrait bien accélérer le mouvement des mutuelles vers les groupes paritaires, Apicil se garde d'annoncer des business plans ambitieux et se contente de l'objectif d'une mutuelle tous les ans ou tous les deux ans.

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