[DOSSIER] Afrique 3/3

Le Maroc, nouvelle terre promise

Le Maroc, nouvelle terre promise
MORANDI Tuul et Bruno / hemis.fr Casablanca est aujourd’hui la première place financière du continent. Depuis 2016, la métropole est classée devant Johannesburg dans l’indice Global Financial Centres Index (GFCI).

Le royaume chérifien, en plein boom économique, s’impose comme la principale place financière du continent. Une aubaine pour les professionnels de l’assurance, qui trouvent à Casablanca une porte d’entrée sur l’Afrique.

«Prenez une carte des vols assurés par Royal Air Maroc et vous comprendrez». Quand on l’interroge sur l’influence du royaume de Mohammed VI en Afrique, Gilbert Canaméras, le président du Club FrancoRisk, l’association de risk management francophone du continent fraîchement créée, nous renvoie vers l’aéroport de ­Casablanca. Le terminal est un véritable carrefour entre l’Europe et l’Afrique, depuis lequel il est ­possible de faire un aller-retour à Abidjan dans la journée. Pour les investisseurs intéressés par le ­marché africain, le Maroc est deve­nu l’endroit où il faut être. Les assureurs n’échappent pas à la règle. Dernier en date, l’Allemand Allianz qui, après avoir acquis Zurich Assurances Maroc l’été ­dernier, a inauguré sa filiale le 22 février. Cette nouvelle implantation, en plus d’ouvrir à la compagnie l’accès au deuxième plus grand marché d’assurance d’Afrique, a également vocation à devenir le hub de l’ensemble des opérations du groupe Allianz sur le continent.

Le regain d’intérêt pour la place marocaine doit beaucoup à la politique menée par le roi Mohammed VI. Depuis son ­intronisation en 1999, le souverain a fait de l’Afrique subsaharienne son principal axe de développement stratégique. Plusieurs grands projets industriels pilotés depuis le royaume témoignent de cette dynamique.

Des projets panafricains d’envergure

Peuvent être cités, l’immense ­projet du gazoduc devant relier le Nigeria à l’Europe qui doit passer par le Maroc, la construction d’un complexe de productions d’engrais agricoles destinés à rendre l’Éthiopie autosuffisante d’ici 2025, ou encore la ­réhabilita­tion de la baie de Cocody à Abidjan. «Les exemples ne manquent pas. On compte plus de 500 projets d’envergure avec l’Afrique sub­saharienne», indique ainsi Sarah Mehdi, la directrice des comptes internationaux de Aon au Maroc. Le courtier international, qui amorce pourtant une stratégie de retrait de ses activités en Afrique, n’a aucune intention de se séparer de sa filiale marocaine. «Au­Maroc, nous avons une belle équipe d’une quarantaine de ­personnes qui fonctionne selon nos standards groupe, et je confirme que c’est un pays où les choses avancent bien», explique Robert Leblanc, le président-­directeur général d’Aon France.

La nouvelle influence du Maroc sur le continent africain s’est ­particulièrement fait ressentir en début d’année, avec le retour du royaume au sein de l’Union africaine (UA). Trente-trois ans après avoir quitté l’organisation panafricaine, le Maroc est parvenu à la réintégrer, au nez et à la barbe des Sud-Africains. Pretoria voit, en effet, d’un mauvais œil la montée en puissance de l’État maghrébin qui lui conteste ­aujourd’hui la position de leader sur le continent. Depuis le lancement de «Casablanca Financial City» en 2010, qui offre, entre autre, une fiscalité avantageuse aux investisseurs étrangers, la métropole marocaine s’impose comme la capitale financière de l’Afrique. La place est passée en 2016 devant ­Johannesburg au classement Global Financial Centres Index (GFCI). Plusieurs assureurs examineraient actuellement l’opportunité de s’y ­implanter, dont HDI, la ­filiale spécialisée dans les risques ­industriels de l’Allemand Talanx, ainsi que l’Américain XL Catlin.

Des sociétés marocaines qui montent en puissance

Le royaume s’appuie également sur plusieurs entreprises marocaines qui se déploient sur le continent en tête desquels le groupe Saham Finances. La première compagnie d’assurance marocaine impressionne jusqu’à Paris. «Ils recrutent énormément. Ils cherchent de la compétence, du professionnalisme et de la crédi­bilité», relève un observateur ­privilégié. La compagnie est ­notam­ment parvenue à débaucher, en juillet dernier, le directeur des risques d’AIG EMEA (Europe, Middle-East, Africa) Emmanuel Brulé, nommé au poste de directeur général adjoint de Saham Finances. Le groupe, qui est ­parvenu à s’étendre dans 24 pays, chacun pourvu d’une ­filiale ­dotée en fonds propres, vient de franchir un nouveau cap avec l’entrée de l’assureur sud-africain Sanlam à son capital, à hauteur de 46,6%. Le groupe présidé par le ministre de l’Économie marocain Moulay Hafid Elalamy affiche l’ambition de devenir à l’horizon 2020 le ­leader panafricain de l’assurance sur le continent.

David Vigier, Directeur développement et membre du Comité de direction du groupe Saham finances
« On est un pur joueur africain »

  • Quelles sont les ambitions de Saham aujourd’hui ?
    Nous sortons d’une phase de croissance externe au terme de laquelle nous avons constitué un réseau de filiales dotées en fonds propres dans 24 pays africains différents. Cette phase a également vu Sanlam (NLR : assureur sud-africain) arriver à notre capital. Ce qui nous donne au total un accès à 35 pays sur le continent. Notre ambition est de devenir l’acteur de référence en matière d’asssurance et d’assistance dans les années à venir.
  • Comment comptez-vous y parvenir ?
    On est un pur joueur africain. Notre cœur de marché, c’est l’Afrique. Et surtout, nous sommes les seuls à avoir un maillage géographique aussi vaste et entièrement intégré. On a à la fois le réseau, la robustesse et la capacité financière pour faire face. On allie le maillage en terme de distribution, la solidité économique, et on épouse les spécificités du terrain parce qu’on est africain.
  • Vous êtes donc totalement prêts ?
    Le groupe s’étant développé par croissance externe, un des grands sujets qui nous préoccupe désormais, c’est de faire en sorte que tous ces pays, qui sont disparates, soient harmonisés en terme de servicing. Aujourd’hui, si on veut se développer auprès des joueurs européens, américains ou même chinois, il faut que l’on ait une qualité de service qui soit homogène. C’est notre priorité absolue.

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