Le sort de LMDE est entre les mains de l'État

Le plan d'adossement à la MGEN validé il y a tout juste un an peine à se mettre en place. La mutuelle étudiante invoque des blocages avec la Sécurité sociale et les pouvoirs publics sur la gestion du régime obligatoire.

Un an après avoir été sauvée (pertes cumulées de 10 M€ et dettes de 35 M€) par la Mutuelle générale de l'Éducation nationale, La Mutuelle des étudiants (LMDE) est au milieu du gué. Seule une partie du plan d'adossement à la MGEN validé au printemps 2013 par l'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) a été mise en oeuvre.

En attendant 80% des ressources

Le blocage touche la convention de délégation de gestion, qui prévoyait le transfert à la MGEN de quelque trois cents salariés, en deux étapes. Le transfert au 1er septembre 2013 d'une cinquantaine de salariés des fonctions support (finances, informatique, ressources humaines) a été accompli, mais la seconde vague des deux cent cinquante salariés de la production (back-office) au début de 2014 n'a pas eu lieu.

« Les choses se passent très bien avec la MGEN, les problèmes sont plutôt du côté de la Caisse nationale d'assurance maladie (Cnam) et du gouvernement », déclare Vanessa Favaro, présidente de LMD€, avant de préciser : « Nous sommes en attente du montant de la remise de gestion [la somme versée par la Cnam au titre de la gestion du régime obligatoire des étudiants, NDLR]. Nous n'avons aujourd'hui aucune information sur ce qui va être présenté. » Les remises de gestion (52 € par assuré et par an) représentent 80% du budget opérationnel de LMD€. Leur montant fait l'objet d'un contrat pluriannuel de gestion (CPG) avec la Cnam, dont les conditions dépendent de la convention d'objectif et de gestion (COG) conclue entre l'État et la Cnam. Or, la COG 2014-2017 se fait attendre, et les économies annoncées dans l'administration de la Sécurité sociale laissent augurer un serrage de vis.

Un seuil qui peut tout faire basculer

Même si la situation financière de LMDE s'est améliorée - avec des pertes limitées à 200 000 € en 2013 -, elle n'aurait pas la capacité de supporter une baisse trop forte de la remise de gestion. En clair, si la remise diminue de 2 € à 50 €, cela passe, mais à 48 €, cela casse. « D'autant plus qu'en novembre, on nous demandera une régularisation au 1er janvier entre les 52 € et le nouveau montant, ajoute Vanessa Favaro. Nous avons demandé des éclaircissements, mais nous n'avons pas eu de réponse des pouvoirs publics. C'est aussi une inquiétude pour l'ACPR, car nous sommes toujours sous surveillance spéciale. »

Du coup, en raison de ces incertitudes, la MGEN n'aurait pas souhaité poursuivre le transfert des salariés. Cela ne signifie pas qu'elle pourrait lâcher LMD€, d'autant plus que la première substitue la seconde. Mais la situation actuelle est trop lourde de menaces, en particulier sur l'emploi, pour poursuivre l'opération dans les conditions prévues. La balle sera bientôt dans le camp de Frédéric Van Roekeghem, le directeur général de la Cnam, qui a assuré qu'il aurait des éléments sur la COG en juin.

Une qualité de service qui fait toujours débat

Épinglée depuis 2012 par l'UFC-Que choisir, un rapport du Sénat puis de la Cour des comptes pour une mauvaise gestion (délais de délivrance des cartes Vitale, courriers en souffrance, traitement des prestations, etc.), la LMDE affirme avoir retrouvé une qualité de service raisonnable, avec pour seul point noir le taux de décroché téléphonique. Pourtant, du côté des étudiants comme de leurs parents, les critiques fusent. « Nous n'avons pas vu d'amélioration depuis l'an dernier. », affirme Morgan Ravel, vice-président chargé des affaires sociales de la Fédération des associations générales étudiantes. Seule consolation pour la LMDE , la Fage n'épargne pas non plus les Smer, les mutuelles étudiantes régionales, stigmatisant un « problème systémique ».

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