Le Top 20 des assureurs automobile

CLASSEMENT Les bancassureurs et les mutuelles ont dû compter en 2003 sur le réveil d'assureurs traditionnels comme Axa. Après les années « techniques », le marché automobile s'apprête à vivre une nouvelle ère, plus dynamique et plus concurrentielle que jamais.
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Si la bataille entre les assureurs automobile promet de se durcir dans les prochains mois à coups de baisses de tarifs, le marché a été encore quelque peu « paralysé » en 2003 par des impératifs de rentabilité et de redressement technique. La croissance du secteur (+ 4,6 %) l'an dernier a été portée pour l'essentiel par les hausses tarifaires (+ 4 % en moyenne en janvier 2003), dans un contexte économique peu favorable marqué, notamment, par une faible progression du parc automobile (+ 1,4 %). Conséquence : aucun bouleversement majeur n'est à noter cette année dans le classement des vingt premiers assureurs auto. Pour autant, le marché n'apparaît pas totalement figé. Des tendances se confirment et des nouvelles orientations se dessinent, laissant entrevoir de belles bagarres en perspective. Zoom sur les acteurs qui ont marqué des points en 2003 et ceux qui en ont perdu.

CEUX QUI MARQUENT DES POINTS

Avec 117 000 contrats gagnés en net de résiliation, les Assurances du Crédit mutuel (ACM) ressortent une nouvelle fois en 2003 comme l'assureur auto le plus dynamique du marché. Le bancassureur confirme sa percée dans ce secteur, où il occupe aujourd'hui la dixième place. « Pour une part, cette performance a été soutenue par la montée en puissance du CIC. Ce réseau réalise désormais environ 20 % de la production assurance, avec une progression régulière de 40 % à 50 % par an. Elle est due par ailleurs à nos actions de fidélisation, qui nous ont permis de faire baisser en deux ans le taux de résiliation de trois points », explique Philippe Lison, directeur du développement. Le plus expérimenté des bancassureurs du secteur compte sur ces deux leviers pour réitérer ses performances en 2004. Pacifica profite aussi de la maturité de son réseau, de plus en plus rodé au métier d'assureur, ainsi que des actions de marketing et de communication, de plus en plus nombreuses en automobile. La filiale du Crédit agricole a réalisé l'an dernier 220 326 affaires nouvelles pour un gain net de 47 000 contrats. Le bancassureur reste encore aux portes du Top 10, mais il ambitionne de se positionner parmi les cinq premiers acteurs du marché auto à l'horizon 2008-2010. Loin derrière ses deux homologues, Natexis assurances, qui fait cette année son entrée à la vingtième place du classement, s'inscrit aussi dans une dynamique de conquête (près de 12 000 contrats gagnés en 2003). Sa politique tarifaire (ristourne de 5 % en 2004 et baisse des tarifs en 2005), calquée sur son celle de son partenaire, la Maaf, illustre cette volonté. La filiale des Banques populaires compte doubler son portefeuille d'ici à 2010 pour atteindre 450 000 contrats auto. Face à la puissante offensive des bancassureurs, le marché a assisté en 2003 au réveil d'assureurs traditionnels, au premier rang desquels figure Axa. Après des années difficiles, le géant a réussi à redresser la barre, grâce, notamment, à la mise en place d'une nouvelle politique de couples produits-tarifs fondée sur des offres segmentées (8 000 kilomètres, kit jeunes, monospaces...). Alors qu'il avait gagné seulement 6 000 contrats en 2002, l'assureur en a engrangé l'an passé 100 000 en nets de résiliation, une performance qu'il faut attribuer aussi pour un bon tiers au dynamisme de Direct assurance, dont les résultats commerciaux sont intégrés à ceux d'Axa et qui, par conséquent, n'apparaît plus dans notre classement.

Autre acteur traditionnel, Generali réalise également une bonne année 2003 avec une production nette de 35 000 contrats. « La dynamique du nouveau produit flotte famille a joué à plein », explique Valérie Ferreboeuf, directrice études et pilotage, avant d'ajouter : « Nous sommes actuellement dans une phase de développement et de constitution des flottes. Le nombre de véhicule par contrat atteint 1,3 à mi-2004 contre 1,15 un an plus tôt. » Pour 2004, l'assureur paraît plus mesuré. « Cette année, l'objectif est avant tout de conserver notre part de marché. La mise en place d'une politique de souscription plus sélective devrait générer un petit ralentissement de l'activité », confie Philippe Morelli, directeur général adjoint, responsable du marché des particuliers et des professionnels. En 2005, le changement de périmètre, lié à l'intégration de Continent et de Zurich, devrait en tout cas permettre à Generali d'atteindre la taille « critique » du million de véhicules. À terme, l'assureur souhaite « être aussi performant sur le marché des particuliers que sur celui des professionnels ».

Entre la percée des bancassureurs et le réveil des traditionnels, les grandes mutuelles, dont la Macif, restent bel et bien dans la course. Le leader du secteur a réussi en 2003 à maintenir un rythme de production honorable (62 931 contrats net de résiliation contre 55 000 en 2002) grâce à des actions ciblées, par exemple sur les monospaces (réduction tarifaire de 5 % à 25 %) ou sur les seconds véhicules. La Maaf est plus que jamais un compétiteur sérieux. « Le nouveau contrat lancé fin 2002 a connu un beau succès commercial (370 000 options Tranquillité famille vendues, dont 200 000 « Gav ») et les multiples opérations de marketing et de communication sont venues soutenir les performances du réseau. Le taux de transformation sur proposition atteint actuellement 35 % », se félicite Vincent Claeys, responsable de la branche automobile.

Malgré un premier semestre morose, la Matmut s'en sort bien grâce au lancement en juin de sa nouvelle formule tous risques intégrant sans surprime la valeur à neuf vingt-quatre mois et l'assistance 0 km, soutenue par une politique de communication active. À souligner, enfin, le dynamisme d'acteurs plus mo- destes comme la Mutuelle de Poitiers ou encore la MACSF, qui, en 2003, a bénéficié à la fois d'une baisse de ses résiliations (- 2,7 % à 21 652) et d'une hausse de ses affaires nouvelles (+ 3,5 %, à 30 552).

CEUX QUI PERDENT DU TERRAIN

Le grand perdant de l'année, ce sont les AGF, avec une perte de 75 000 contrats. La politique de redressement technique a pesé incontestablement sur le développement de cet assureur sur le marché auto. Les hausses de tarifs pratiquées en 2003 ont en effet provoqué des défections d'assurés et le travail de surveillance du portefeuille a généré dans le même temps des résiliations. En 2004, malgré le lancement d'actions promotionnelles, les AGF n'ont pas vraiment réussi à redresser la barre, puisque la production accuse encore une baisse de 2,8 % à fin août. Le portefeuille automobile de Swiss Life continue lui aussi de s'éroder (- 8 % en 2003 et - 7 % en 2002). Mais cette chute est voulue par le groupe, qui a fait du redressement technique sa priorité et écarté l'IARD de ses priorités stratégiques.

Pour Groupama-Gan, l'année dernière ne s'est pas traduite par des pertes de contrats, mais elle s'est révélée plutôt tendue. Le crû 2003 a été une année de production stabilisée comportant des évolutions contrastées entre les deux marques. « Les agents du Gan, stimulés par le lancement de la nouvelle offre auto, ont réussi à relancer l'activité (+ 1,4 % en nombre de contrats), tandis que le réseau Groupama s'est sans doute davantage concentré sur le lancement de l'activité bancaire », explique Frédéric Maisonneuve, responsable branche auto et services.

Pour Aviva, 2003 a encore été une année de transition. Après trois années de redressement technique, l'assureur a peaufiné l'an dernier son nouveau positionnement produit, tarifs et marketing. Ce travail de fond s'est traduit par le lancement d'une nouvelle offre en avril 2003 et par des actions ciblées sur les monospaces ou les familles. « Nous avons assisté au second semestre 2003 au début de la relance et réussi à finir l'année sur un solde net légèrement positif », se félicite Claude Zaouati, directeur du marché des particuliers. Aréas-CMA est également à un tournant. Malgré un gros travail de redressement technique, l'assureur a finalement terminé l'année sur un solde positif. « En 2004, malgré le lancement d'un nouveau contrat auto, le développement devrait à nouveau être maîtrisé, avant une année 2005 plus dynamique », indique Fabrice Genest, directeur technique.

QUI SERONT LES GAGNANTS EN 2004 ?

Pour nombre d'acteurs, l'année 2004 s'annonce aussi comme un très bon cru. Jean-Claude Seys, président de la Maaf, n'hésite pas à parler d'« année record », avec un gain net espéré de 130 000 contrats. Le coup médiatique réalisé fin août autour de sa politique tarifaire ainsi que « le nouveau positionnement publicitaire axé autour de la référence qualité/prix » devraient venir confirmer les chiffres du premier semestre, confirme Vincent Claeys. Fin août, la mutuelle déclare avoir déjà vendu 95 000 nouveaux contrats. Dans son plan stratégique Trait d'union, la Maaf envisage d'atteindre 11 % du marché auto d'ici à 2008-2010 (sa part est actuellement de 8,5 %). Année record en vue aussi pour Axa, qui ambitionne, toujours sous la dynamique de sa politique de segmentation, de réaliser 130 000 contrats nets, annonce Jean-Luc Montané, directeur technique adjoint IARD d'Axa France. Direct assurance devrait à nouveau fortement contribuer à ce regain d'activité (37 000 contrats net attendus).

Pour assureurs techniquement à l'aise

La Matmut promet aussi d'avancer. Fin août, elle avait déjà réalisé 208 000 affaires nouvelles, contre 187 000 à la même période de 2003. Une performance que François Le Neveu, directeur assurances, attribue surtout à la notoriété grandissante de la mutuelle (lire le sondage dans « l'Argus » du 19 mars, p. 8). « Il y aujourd'hui un réflexe Matmut. Nous faisons incontestablement partie du tour de table en cas de recherche d'un nouvel assureur. Le nombre de devis sur Internet a d'ailleurs progressé de 25 %. » Face à la concurrence, la Macif met le paquet. Avec une politique de communication active - elle est présente pour la première fois au Mondial de l'automobile, elle se met en scène à la télévision (lire aussi p. 8) - et un tout nouveau contrat, elle espère équiper 100 000 assurés par an.

Après une année en demi-teinte, la production des MMA devrait se muscler. « L'ajustement de nos tarifs et les évolutions réalisées sur nos règles de souscription vont nous permettre d'accompagner la reprise d'activité », confirme Olivier Jarry, directeur technique du réseau clientèle. À fin juillet, la mutuelle constate déjà un niveau de production en hausse de 20 % par rapport à 2003. Groupama-Gan annonce aussi un rythme plus conforme à celui du marché, avec un gain net de 60 000 contrats. Les efforts réalisés par Aviva depuis trois ans et l'appropriation par le réseau des nouvelles offres segmentées devraient permettre à l'assureur de gagner 15 000 nouveaux clients. La Mutuelle de Poitiers prévoit de son côté une production nette de 20 000 contrats. La ristourne de 3 % accordée en janvier 2004 aux sociétaires devrait se révéler un atout maître. Plus globalement, la compétitivité prix est une arme que les assureurs les plus à l'aise techniquement manieront avec habilité pour toucher leur coeur de cible.

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