Le Trésor prêche pour les euros diversifiés

Le Trésor a publié un véritable plaidoyer pour les contrats en euros diversifiés. Selon lui, une opportunité pour les assurés et pour les assureurs.

Vive les contrats en euros diversifiés ! et ne tardez pas à les mettre en place, car vous avez beaucoup à y gagner ! Voilà, en résumé, la position de la Direction générale du Trésor et de la Politique économique (DGTPE) et l'invitation qu'elle lance aux assureurs. On peut découvrir ce point de vue très enthousiaste dans un texte publié très discrètement pendant l'été au sein de la collection « Diagnostics, Prévisions et Analyses économiques » (1). Même si les auteurs (Frédéric Cherbonnier, Philippe Gravier et Daniel Turquety) y précisent qu'il ne s'agit pas nécessairement de la position du ministère, il est clair que le Trésor a voulu envoyer un signal clair à la profession pour qu'elle adopte son dernier « rejeton » (lire encadré ci-dessous).

Un compromis entre rendement et risque

Tout part en fait d'un constat : les assureurs n'investissent pas assez sur les marchés d'actions l'épargne placée dans les fonds en euros, en raison des contraintes de gestion « qui reflètent le fort niveau de garantie accordé aux assurés ». L'actif général des assureurs n'est investi qu'à 25,6 % en actions, ce qui « contribue à pénaliser » le rendement des fonds en euros. La solution miracle, c'est donc l'euro diversifié, qui « permet la création de produits d'épargne offrant un compromis entre rendement et risque, mieux adaptés à la préparation de la retraite ». L'assureur pouvant limiter sa garantie au capital de départ (il n'a pas d'obligation de progression annuelle), le Trésor estime que cela lui « permet de placer une partie seulement du capital de départ sur des produits obligataires peu risqués, et de diversifier l'excédent vers les marchés d'actions ». Des simulations citées par les auteurs font apparaître que 36 % des actifs pourraient être investis en actions, « tout en limitant le risque pour l'assuré ». Le gain de rendement pour l'investisseur est, lui aussi, chiffré : « 1,8 point de rendement supplémentaire par rapport à un investissement obligataire, avec un surcroît de volatilité plus faible que s'il avait investi directement 36 % de son épargne en actions ».

Aujourd'hui, peut-être... ou alors demain

Les assurés ne seraient pas les seuls gagnants : « L'assureur bénéficie d'un rendement encore plus favorable, en contrepartie d'une volatilité plus élevée. » L'étude chiffre ainsi à 9,7 points le « surrendement » que peuvent décrocher les sociétés, et à 13,6 % la volatilité de ce résultat, plus importante que dans un portefeuille classique. « Cela s'explique par le fort effet de levier dont bénéficie l'assureur, son investissement restant relativement faible tant qu'il n'est pas appelé pour combler une insuffisance de provisions. »

Les travaux de modélisation menés par la DGTPE ont même permis d'établir le meilleur schéma de rémunération pour les assureurs. Jugé « déterminant », ce mode de rémunération doit, selon les auteurs, être assis sur les rendements de l'actif (plutôt que sur les stocks), et il ne doit pas dépasser 10 % de ce rendement. Rappelant que la règle de distribution de 85/15 (85 % des produits aux assurés, 15 % aux assureurs) ne s'applique pas aux euros diversifiés, l'étude note cependant que « ce seuil reste un point de repère à ne pas dépasser ».

Ce plaidoyer suffira-t-il à convaincre la profession ? Rien n'est moins sûr dans l'immédiat, même si bon nombre de dirigeants reconnaissent qu'ils y viendront un jour ou l'autre.

1. L'étude complète est téléchargeable sur www.minefi.gouv.fr, n° 114, juillet 2006.

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