[DOSSIER] Construction 3/4

Les bâtiments intelligents bousculent l’assurance

Les bâtiments intelligents bousculent l’assurance

En faisant apparaître de nouveaux risques, la construction connectée redistribue les responsabilités.

Les bâtiments connectés et la maintenance prédictive permettent de réduire les risques d’occurrence des sinistres sur les bâtiments. Mais ils soulèvent aussi la question de la couverture assurantielle, de la modification de la chaîne de responsabilités et de nouveaux risques potentiels.

Dommages prévisibles ?

Indubitablement, la multiplication des capteurs dans les parties communes, appartements et bureaux permet de réduire les risques. Un ascenseur bloqué qui appellerait tout seul les services de maintenance ou un détecteur incendie relié directement à la caserne des pompiers ne relèvent déjà plus de la science-fiction. « Le marché de l’assurance est enthousiaste face aux IoT (NDLR : objets connectés), car ils aident à la prévention et à la réduction de la sinistralité », confirme Philippe Onteniente, directeur du département Construction et Énergie de Siaci St Honoré. Mais les objets connectés réduisent aussi les risques sur le bâtiment lui-même : des capteurs installés dans les parpaings ou des fibres optiques placées en hauteur sur un chantier complexe peuvent désormais détecter les fissures, les mouvements, les chocs thermiques… Et en cas de sinistre, les données enregistrées peuvent aussi servir pour ôter les doutes des experts. « Les puces connectées permettent d’avoir accès à l’historique de performance des bétons, ce qui peut aider à déterminer les responsabilités », explique Catherine Belin-Ventejol, présidente, CFEC Île-de-France (Compagnie française des experts construction). Quant à la phase de conception, elle n’échappe pas à la tendance : le promoteur spécialisé Elcimaï Réalisations, partenaire de MMA Entreprise, conseille ainsi à ses clients d’utiliser une maquette numérique pour mieux cartographier leurs risques au cours du chantier. « Cela permet de mieux tracer les erreurs et les responsabilités lors de la conception » confirme Michel Klein, directeur des Sinistres de la Mutuelle des architectes français.

BIM, KEZAKO ?

Le BIM (Building information modeling) alimente la maquette numérique pour offrir une vision 5D du projet. Outre les plans et la localisation de chaque élément de la structure, cette maquette inclut des informations relatives aux quantités, aux coûts et au calendrier. « Obligatoire au Royaume-Uni et aux États-Unis pour certains chantiers publics, le BIM constitue une vraie réponse à la maîtrise des coûts de construction et d’exploitation pour le maître d’ouvrage. Mais il permet aussi la réduction des aléas de chantier pour l’assureur, car les défauts de conception sont souvent à l’origine d’importants sinistres », estime Olivier Antiphon de XL Catlin.

 

Nouvelles responsabilités, nouveaux risques

Mais comme avec la voiture autonome, le smart building modifie le champ des responsabilités. En cas de sinistre suite à la défaillance d’un capteur, qui sera jugé responsable ? Le concepteur de l’équipement défectueux, l’installateur, le constructeur… ? Doit-on par conséquent assurer aussi les capteurs ? Pour Pascal Dessuet, directeur délégué Construction et Immobilier d’AON France, « la présomption de responsabilité née de la RC décennale donne la possibilité d’exercer un recours quand les installations livrées avec l’ouvrage neuf ne fonctionnent pas. En effet, les textes ne font pas de différences entre les éléments d’équipements dissociables ou non. En cas de défaillance d’un objet connecté remettant en cause la destination de l’ouvrage sur lequel ils ont été installés (chauffage, sécurité…), le sinistre engagera en premier lieu la RC décennale de l’installateur, lequel pourra exercer son recours au titre de la RC du fabricant, voire de la société de maintenance le cas échéant ».

En parallèle, se pose la question des nouveaux risques induits par les IoT. « Le cyber est un risque à intégrer dans les smart buildings », prévient ainsi Philippe Onteniente de Siaci Saint Honoré. On peut, en effet, imaginer la prise de contrôle d’un hacker sur un bâtiment, qui déciderait alors de monter le niveau du chauffage ou d’éteindre toutes les lumières… Comme tout « objet » connecté, le bâtiment devient une cible potentielle pour les attaques cyber, notamment terroristes.

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