Les fonds Novo, figures de proue du nouveau marché de la dette privée

À l’occasion d’une deuxième levée de capital, la Caisse des dépôts et les assureurs ont dressé le bilan des fonds Novo. S’ils ont rempli la mission qui leur avait été confiée, ils sont aussi critiqués pour ne financer que des entreprises de taille importante.

L’heure est au bilan et au satisfecit. « Les fonds Novo sont un triple succès. Ils sont bénéfiques pour les entreprises qui profitent de ce nouveau mode de financement, ils sont un succès pour l’industrie financière et ils sont également bénéfiques aux investisseurs », s’est félicité le 1er juin dernier Franck Silvent, directeur du pôle finances, stratégie et participations de la Caisse des dépôts, lors d’une conférence réunissant, à la maison de l’assurance, entreprises, Caisse de dépôts et assureurs. Depuis 2013, les fonds Novo (Novo 1 et Novo 2) ont investi 1 Md€ dans le financement de l’économie en accordant 43 prêts à 41 entreprises. Parmi elles, une PME, la société GPS, spécialisée dans le transport de caoutchouc, et surtout 40 ETI dont Manitou, IDvaleurs, iXBlue, Prodware, le groupe Altrad ou encore Babilou.

La Caisse des dépôts et l’Association française de l’assurance se sont également félicitées du succès de la deuxième levée de capital pour un montant de 405 M€, supérieur à l’objectif initial de 300 M€. Désormais dotés de 1,42 Md€, les fonds novo se placent parmi les plus grands fonds d’investissement des PME-ETI.

Avec un taux de rendement moyen pondéré de 4,06 %, le succès est également au rendez-vous pour les investisseurs qui, dans ce contexte de taux bas qui perdure, recherchent de nouvelles poches de placements. Comme le relevait Jean-François Lequoy, membre du comité de direction générale de Natixis en charge des activités d’assurance, « les fonds Novo ­répondent aux trois qualités que doivent avoir les placements des assureurs : la diversification à ­laquelle contribue ce nouveau mode de financement, la rentabilité, stimulée par la prime d’illi­quidité, et le caractère sûr de ces placements ».

Les Fonds Novi et Nova refont le plein

  • Les fonds Nova ciblent les investissements vers les PME et ETI cotées. Lancés en 2012, pour une durée de 5 ans, les fonds Nova seront finalement prolongés de trois ans, soit jusqu’en 2020. Initialement dotés de 161,5 M€, ils atteindront en tout 240 M€.
  • Les fonds Novi visent les investissements mixtes (en fonds propres et/ou en prêts obligataires) pour les PME et ETI. Ces fonds lancés en 2015 sont en cours de chargement d’un montant de 580 M€.
  • Un nouvel appel de fonds est envisagé pour le premier trimestre 2017.

Les ETI privilégiées

Pourtant, ces premiers fonds de prêts à l’économie, pionniers d’un nouveau mode de financement, font l’objet de critiques quant à l’accompagnement réel du tissu entrepreneurial français. Thibault Lanxade, vice-président du Medef en charge des TPE-PME, estimait ainsi récemment dans nos colonnes (L’Argus n° 7460) que les fonds Novo avaient eu pour écueils de réserver les ­tickets d’investissement aux entreprises de taille intermédiaire, aux dépens des TPE-PME.

Depuis la loi de modernisation de l’économie (LME) du 4 août 2008, on parle de PME en dessous d’un seuil de 250 salariés et 50 M€ de chiffre d’affaires (ou 43 M€ de bilan) et d’ETI pour les entreprises non classées PME, avec un effectif inférieur à 5 000 salariés et moins de 1 500 M€ de chiffre d’affaires (ou 2 000 M€ de bilan).

Or, depuis 2013, les financements par les fonds Novo ont concerné très largement des ETI françaises, en croissance, réalisant un chiffre d’affaires d’environ 400 M€. Une réalité que nul ne conteste. « Les critères d’éligibilité aux fonds Novo sont très sélectifs sur la solidité des entreprises. Globalement, il y a dix fois plus de dossier de demande, que de sociétés financées », explique Thierry Giami, conseiller de la direction de la Caisse des dépôts et président de l’Observatoire du financement des entreprises par le marché.

Avec 3 416 182 microentreprises (TPE), 138 082 PME, 5 226 entreprises de taille intermédiaire (ETI) en France, en 2015, selon les chiffres de Bercy, les critiques s’entendent. Sauf que les fonds Novo ne s’étaient pas fixés comme unique but le financement d’un vaste tissu de petites entreprises. « Certes, les fonds Novo se sont plutôt concentrés sur les ETI, mais ce biais est logique car, outre l’objectif de financement, le but des fonds Novo était bien de lancer le segment de la dette privée en France. Et sur ce point, avec plus d’une centaine de fonds de prêts à l’économie créés depuis 2013, c’est un succès. Quand on veut donner une impulsion, il faut aller là où le risque est plus aisément mesurable, donc plutôt sur le segment des ETI. Il faut voir cela sous l’angle du risque de crédit et pas sous l’angle philosophique », explique Arthur Chabrol, associé chez EY. Et sur ce point, la mission est remplie. « Depuis les fonds Novo, de nombreux fonds de prêts de niches se sont développés vers le financement sectoriel, le financement par LBO, le financement de très petites entreprises, etc. », ajoute t-il. En France, Tikehau IM, gestionnaire du fonds Novo 2 estimait à 5 Md€, le montant de la dette privée, dont plus de la moitié est investie via des fonds de dettes.

Une source de financement parmi d’autres

Les fonds Novo ne représentent donc qu’une partie – certes ­visible et emblématique – du financement des entreprises par des fonds de prêts à l’économie. En complément, les fonds Nova, ­lancés en 2012, financent les actions cotées des PME/ETI. Et les fonds Novi visent les entreprises de plus petite taille que Novo (voir encadré ci-contre). Surtout, il ne faut pas oublier que la dette ­bancaire reste la principale source de financement à l’heure où les banques reviennent de plus en plus sur ce segment. « On estime qu’en 2015, les marchés financiers ont attribué 4 Md€ de prêts obligataires aux PME et ETI par rapport à environ 200 Md€ de crédit ­bancaire », estime Thierry Giami.

Pour les entreprises, ce nouveau mode de financement ne peut être qu’une offre supplémentaire qui complète la palette existante. Et il ne faut pas s’y tromper. Comme le relevait Mathieu ­Chabran, directeur général de Tikehau IM, « ces fonds ne sont pas de la finance participative, destinée à des plus petites entreprises ». Sur ce segment, le crowdlending (prêt en ligne) se développe de plus en plus avec des tickets moyens d’un peu moins de 80 000 €, et est en passe d’être encadré dans le cadre de la loi Sapin 2. Selon les données du gestionnaire Eiffel Investment Group, en 2015, 31,6 M€ ont été prêtés aux entreprises via ce ­canal, pour un taux d’intérêt moyen de 7,6 %. Dernière initiative en date, Aviva et Eiffel Investment Group ont lancé un fonds baptisé « Prêtons ensemble » pour prêter aux petites entreprises à travers les meilleures plateformes de prêts en ligne. Satisfecit donc. « Les fonds Novo ont rempli leur fonction en lançant le financement obligataire des ETI, les fonds de prêts à l’économie et le marché des euros PP. La prochaine étape est que l’on peut souhaiter, serait d’en faire bénéficier des entreprises de plus petite taille qui remplissent les conditions de solidité demandées à juste titre par les investisseurs », constate Thierry Giami. En attendant, ajoute-t-il, « les 405 M€ levés seront en partie engagés d’ici l’été ».

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