[DOSSIER] Protection sociale complémentaire : un monde en mouvement 9/16

Les nouveaux affiliés de la complémentaire santé d'entreprise

Depuis le 1er janvier 2016, tous les salariés du secteur privé doivent bénéficier d’une couverture complémentaire santé, remboursant a minima certaines prestations et cofinancée au moins à 50% par leur employeur. Si cette réforme a fait couler beaucoup d’encre au sein du monde de l’assurance et a mobilisé bien des énergies, celle que l’on dénomme l’ANI dans le jargon du métier a été accueillie avec davantage de circonspection au sein des entreprises, qui ont d’ailleurs généralement attendu le tout dernier moment pour se colleter à cette nouvelle contrainte. Alertés par leur comptable ou les multiples spots publicitaires diffusés à la radio, les TPE/PME, jusqu’alors faiblement équipées et donc principalement concernées par cette obligation réglementaire, se sont généralement tournées vers une tête connue – leur agent général, leur courtier ou… leur banquier – pour trouver la solution la plus simple et la plus rapide. Mais pas forcément la moins coûteuse ! Et cela, malgré le fait que dans la majorité des cas, la législation a fait que leurs salariés ont eu la possibilité de conserver leur contrat individuel préalablement souscrit. Expérience et témoignage de ces nouveaux affiliés de l’assurance complémentaire santé collective.

Sophie Caumeau, PDG de Letterbox
« Une obligation légitime, mais pas assez protectrice »

Trouver une complémentaire santé pour ses salariés ? « Ça n’a pas été ma priorité quand j’ai repris Letterbox, il y a trois ans, avoue Sophie Caumeau. J’ai préféré me concentrer sur le développement. » Cette nouvelle obligation lui semble toutefois « légitime pour les salariés, même si je ne la trouve pas assez protectrice ». Quand il a fallu souscrire un contrat, Sophie Caumeau s’est sentie « un peu perdue : entre les mailings et les spots radios, je croulais sous les informations ! » Elle finit malgré tout par sélectionner trois offres présentant plus ou moins le même tarif et les mêmes garanties : « J’ai choisi celle de La Banque postale parce que la conseillère, très pédagogue, a pris le temps de rencontrer en tête-à-tête chacun de mes collaborateurs. »C’est ainsi que trois d’entre eux se rendent compte que leur couverture individuelle est plus protectrice : « J’ai également proposé aux deux VRP d’adhérer, mais ils ne l’ont pas souhaité. Tout comme j’ai préféré rester couverte par le contrat de mon mari. » Moralité : seulement deux salariés ont adhéré.

Joaquin Lopez, dirigeant de trois entreprises
« Faire d’une contrainte un avantage pour les salariés »

  • Siège : Le Cannet (06)
  • Activité : Auto-école (Colette), rénovation immobilière (ICR) et conseil en gestion (AGS)
  • Effectifs : 7 (4 chez Colette, 2 chez ICR, et 1 chez AGS)

La généralisation de la complémentaire santé, Joaquin Lopez l’a vécue comme « une contrainte administrative de plus ». Il en a pourtant respecté la lettre autant que l’esprit en choisissant des contrats et des niveaux de couverture adaptés à la situation des salariés de ses trois entreprises : « La seule collaboratrice d’AGS, sénior, bénéficie d’une couverture haut de gamme financée à 100 % par l’entreprise. » Pour les autres, l’employeur finance pour moitié la couverture « haut de gamme des quatre salariés de l’auto-école et moyenne gamme des deux collaborateurs d’ICR. Sachant que l’un des deux a préféré conserver son contrat individuel. » Si Joaquin Lopez ne s’est pas contenté du panier de soins ANI, c’est parce qu’il a voulu « faire de cette contrainte un véritable avantage pour ses salariés ».

Anaïs Cluzel, responsable administrative et marketing de Blue Lemon Paris
« C’est le sens de l’histoire »

  • Siège : Paris
  • Activité : Vente de prêt-à-porter et accessoires
  • Effectifs : 10 salariés
En majorité « jeunes et célibataires », les 10 salariés de Blue Lemon n’avaient pas de complémentaire santé. « Certains d’entre eux étaient peut-être couverts par la mutuelle de leurs parents, mais ils ne s’étaient jamais vraiment penchés sur la question », précise Anaïs Cluzel, responsable administrative de cette marque de prêt-à-porter et d’accessoires. Les dirigeants de Blue Lemon non plus : « Notre expert-comptable nous a alertés au printemps 2015... en ajoutant qu’il ne voulait pas s’occuper de cela ! » Rendez-vous a donc été pris chez le courtier : « Nous avons choisi un niveau de couverture intermédiaire, pour donner un peu de confort à nos salariés ». Résultat : ils ont tous adhéré, et « certains commencent à souscrire des options individuelles », observe Anaïs Cluzel, qui considère que « vu l’état de la Sécurité sociale, la généralisation de la complémentaire santé va dans le sens de l’histoire ».?

Samuel Krief et Lionel Cohen, cofondateurs de Lex & Associés
« Quitte à couvrir ses salariés, autant le faire bien »

  • Siège : Paris 
  • Activité : Expertise-comptable, commisaire aux comptes
  • Effectifs : 4 salariés
En tant qu’experts-comptables, Samuel Krief et Lionel Cohen ont été doublement impactés par l’ANI : « Nous avons prévenu nos clients qu’ils couraient un risque s’ils ne souscrivaient pas une complémentaire santé. Hormis les restaurants (1), la plupart n’étaient pas couverts. Nous avons orienté ceux qui le souhaitaient vers notre courtier. Certains ont préféré se rapprocher de leur banque ».En tant qu’employeur, Lex & Associés a également dû se plier à cette nouvelle obligation  qui a « davantage été perçue comme une contrainte que comme un coût ». Du reste, le cabinet a opté pour un niveau de couverture intermédiaire, car « quitte à couvrir ses salariés, autant le faire bien ». Trois des quatre collaborateurs ont adhéré à ce nouveau régime. Le quatrième a préféré rester couvert par la mutuelle de ses parents. Les deux associés peinent à voir dans la complémentaire santé un facteur de fidélisation : « Dès lors que toutes les entreprises sont équipées, ce n’est plus un avantage. »
1. La branche HCR (hôtels, cafés, restaurants) a signé un accord frais de santé en octobre 2010.

François Pignard, responsable financier de Sieva
« Dans une petite entreprise, c’est facile ! »

  • Siège : Bagnolet (93)
  • Activité : Négociant en vins, spiritueux et alcools
  • Effectifs : 15 salariés
Avant la généralisation obligatoire, seuls les cinq cadres de Sieva bénéficiaient d’une complémentaire santé. « Quand il s’est agi d’équiper les 10 employés, nous nous sommes tout naturellement tournés vers Reunica, qui couvrait déjà les cadres », explique François Pignard, responsable financier. Plutôt satisfait de cet alignement de la couverture de tous les salariés sur celle de l’encadrement, il précise : « Leur offre rentrait dans notre budget, nous étions satisfaits de leurs services : nous n’avons pas cherché plus loin ». L’information des salariés s’est faite de façon collective. « Dans une petite entreprise, c’est facile ! Nous avons présenté le tableau de garanties aux salariés concernés : l’un d’entre eux a préféré rester couvert par son conjoint. Les autres ont adhéré au régime et depuis, nous n’avons plus trop reparlé de tout cela ! » souligne-t-il. Toutefois l’entreprise envisage aujourd’hui de revoir sa couverture prévoyance. 

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