[DOSSIER] Spécial entreprises : Gouverner les risques 8/12

Les spécialités, levier de diversification

Les spécialités, levier de diversification

Mal connues des entreprises, les assurances dites de spécialités, marché anglo-saxon à l’origine, décollent en France, offrant des perspectives de croissance intéressantes pour les assureurs et leurs intermédiaires.

Les spécialités – traduction littéra­le de specialties – se déploient dans l’Hexagone. À la manœuvre : les assureurs anglo-saxons, empreints de la culture du Lloyd’s, positionné depuis 1688 sur des marchés émergents tels que l’automobile, l’aviation ou les satellites à leurs débuts, qui développent leurs spécialités de l’autre côté de la Manche. En France, désormais, alors que le marché de la RC et des dommages, très disputé et au S/P fluctuant, offre des perspectives de croissance limitées, les spécialités constituent un levier de diversification non négligeable pour les assureurs comme pour les courtiers. Jugez plutôt : d’envi­ron 100 M€ de primes annuelles pour les risques politiques, en plein essor, jusqu’à près de 2 Md€ pour le transport, garantie développée depuis de nombreuses années. Reste toutefois à les faire mieux connaître à des assurés encore peu au fait de ce type de garanties, dont la définition, de surcroît, varie d’un acteur à l’autre (lire encadré ci-contre). « Nos clients ne sont pas toujours au courant parce que les spécialités se sont développées plus récemment que les branches traditionnelles et qu’elles sont proposées seulement par certains acteurs », analyse François-Xavier d’Huart, directeur commercial France de l’assureur en risques d’entreprises XL Catlin. Et de préciser : « Les clients qui nous sollicitent pour ce type de garanties font, en général, déjà partie de notre portefeuille. Il est donc important de communiquer dessus. »

Entre 10 et 50 % de l’activité des assureurs

Les spécialités ne constituent pas un produit d’appel. D’ailleurs, certains assureurs refusent des affaires au-dessous d’un seuil de rentabilité. Et pour cause : elles représentent désor­mais entre 10 et 50 % de l’activité des assureurs et courtiers positionnés sur les risques d’entreprises, ce pourcentage variant fortement selon les garanties qu’ils décident de classer ou non dans cette catégorie. Et certains marchés, comme les risques politiques, s’arro­gent des croissances à deux chiffres, à relativiser en raison de leur taille. Quant au cyber, parfois rangé dans le tiroir des specialties, l’importance du risque et des couvertures attendues pourrait rapidement en faire une ligne d’assurance principale, à l’image des risques environnementaux, désormais sortis des niches. « Selon l’un de nos rapports, le scénario d’une attaque cyber au niveau mondial estimait les dommages d’un incident majeur à 43,2 M€, soit quasi­ment autant que certaines catastrophes naturelles », indique Guy-Antoi­ne de La Rochefoucauld, directeur du Lloyd’s en France. Comme ce marché représente 50 M€ de primes d’assurances en France, les premiers contrats n’ayant réellement été souscrits que depuis deux ans, la croissance liée à ce nouveau risque promet d’être vertigineuse.

Aux États-Unis, où la réglementation impose aux détenteurs de données de prévenir les dépositaires de ces data en cas d’attaque informatique, le marché représente déjà 200 M€ de primes d’assurances par an. L’entrée en vigueur du règlement général sur la protection des données personnelles (RGPD) en mai prochain, impo­sant la même transparence, agira comme un booster. De même, la perte d’exploitation sans domma­ges – utile, par exemple, pour un hôtel dont la fréquentation serait touchée par un attentat terroriste survenu non loin – fait partie des tendances émergentes parmi les spécialités. Terme qui encapsule aussi les nouveaux risques dont le périmètre reste mal appréhendé. « Nous sommes encore peu nombreux à proposer une telle assurance », confirme Guy-Antoi­ne de La Rochefoucauld.

Si ce marché complexe, en particulier, est décrit comme peu concurrentiel, ce n’est pas le cas pour toutes les spécialités, où une vingtaine d’acteurs entre parfois en concurrence. De manière générale, on retrouve, en France, les assureurs et courtiers internationaux, les principaux acteurs nationaux, ainsi que des intermédiaires spécialisés. Pour se démarquer, ils mettent en avant le service, souvent sur mesure, qu’ils proposent, à l’image du courtier français Bessé. « Sur le risque cyber, par exemple, nous disposons, en interne, de nos propres ingénieurs en systèmes d’information. Ils travaillent en équipe avec nos chargés de clientèles et nos chargés de règlement pour concevoir les solutions assu­rantielles innovantes répondant spécifiquement aux besoins de nos clients », explique Jean-Philippe Pagès, directeur du pôle industrie et services. Sur le marché des flottes automobiles, qui représente en France plus de 2 Md€ de primes par an « et souvent un budget significatif pour nos entreprises clientes, l’enjeu est de favoriser la réduc­tion de leur sinistralité. Nous proposons en conséquence un ensem­ble d’outils et de servi­ces haut de gamme répondant à leurs besoins d’analyse de risques et de prévention », ajoute-t-il. De même, plusieurs acteurs mettent en avant leur capacité à transposer une offre et un service à l’international. Ou encore leur savoir-faire sur telle ou telle spécialité. Nombreux sont ceux qui les développent en fonction de ces expériences. Si le secteur de la défense représente plus de 5 % de l’activité du courtier Bessé, cela s’explique parce que, historiquement, le dixième grand courtier du marché français s’est positionné sur le secteur du naval, de la défense à l’aérien en passant par le terrestre.

Le scénario d’une attaque cyber au niveau mondial estimait les dommages à 43,2 M€, quasiment autant que certaines catastrophes naturelles.

Guy-Antoine de La Rochefoucauld, directeur du Lloyd’s en France

Cibler un segment parmi les spécialités

Mais pour se différencier, le meilleur atout consiste sans doute à opter pour un segment parmi les spécialités. Ainsi, en ciblant le transport et le stockage de matières premières et les risques et violences politiques associées, l’agence de souscription Wespe­cialty évite, pour l’instant, la concurrence de grandes compagnies. « Sur ce segment qui progresse en volu­me, la concurrence est principalement exercée par des entités très spécia­lisées », indique Patrick de la Morinerie, fondateur, président et directeur de la souscription de Wespe­cialty. Depuis sa création en 2016, l’agence a souscrit près de 16 M€ de primes d’assurances. Les spécialités ou l’espoir que tout – ou presque – peut s’assurer.

Spécialités : De quoi parle-t-on ?

  • « D’une compagnie à l’autre, les mêmes activités peuvent être classées ou non dans les spécialités. Toutes n’ont pas la même grille d’analyse. » Comme le souligne la directrice spécialités de XL Catlin France, Tania Bensoussan Arthur, il est difficile de comparer leur poids entre assureurs, d’autant plus qu’elles regroupent des activités très différentes.
  • Ainsi, certaines activités sont classées par de nombreux acteurs parmi les spécialités, comme l’aéronautique et le spatial, le transport et la marine, les objets d’art et de valeur, les risques politiques, les risques terroristes, le cyber... En revanche, d’autres risques sont cités plus rarement, comme la défense et le nucléaire (Bessé), les flottes automobiles d’entreprises (Bessé) ou les fusions-acquisitions (Lloyds, AIG...). « Le marché des flottes automobiles représente près d’1 M€ de primes par an. Ce n’est pas un risque glamour mais, pour nos entreprises clientes, l’enjeu de réduire leur accidentalité est important et nous proposons un service haut de gamme, se différenciant de simples garanties », met en avant Jean-Philippe Pagès, directeur du pôle Industrie et services du courtier.
  • Il s’agit donc d’assurances d’activités à faible volume en comparaison de la RC ou du dommage aux biens. Néanmoins, le montant des primes comme le coût du risque peuvent flamber. À tel point que l’accès aux marchés financiers internationaux et la coassurance sont fréquents et reste le royaume des souscripteurs chevronnés.

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