Les « zinzins » plus prudents que jamais

La crise de la zone euro a été au centre des conversations au rendez-vous annuel des investisseurs institutionnels. Frileux, les gestionnaires d'actifs des assureurs délaissent les actions au profit des obligations d'entreprise.

On attendait Solvabilité 2. En définitive, c'est la crise des dettes souveraines qui a monopolisé les esprits au Forum GI, le rendez-vous annuel des investisseurs institutionnels (dont les assureurs), les 13 et 14 mars au Palais des congrès de Paris. Même les intervenants de la conférence de clôture, pourtant placée sous le signe de la directive européenne, n'ont pu éluder le sujet. « Depuis 2008, le marché est revenu à de bons vieux fondamentaux tirant les leçons du risque de liquidité, du pouvoir excessif des agences de notation, du risque de contrepartie et plus récemment du risque souverain. Ainsi, chez Scor, nous refaisons en propre de l'analyse pays depuis la fin 2008, ce qui nous a conduits à modifier notre portefeuille d'obligations souveraines et à nous désengager, par exemple, de l'Espagne », a expliqué François de Varenne, président de Scor Global Investments.

Maillon faible

Et le récent accord conclu entre les créanciers privés au sujet des emprunts grecs ne semble pas avoir calmé les inquiétudes des « zinzins ». Il faut dire que les causes de la crise sont loin d'être réglées. « La zone euro est devenue le maillon faible de l'économie mondiale », estime Daniel Cohen, membre du Conseil d'analyse économique. « Au lieu de la convergence attendue, la monnaie unique a créé de la divergence économique », renchérit Yves Perrier, directeur général d'Amundi. Pour certains, la crise actuelle pourrait avoir du bon. « La crise de la zone euro a amené les États à modifier leurs comportements », souligne Philippe Mills, directeur général de l'Agence France Trésor. « Les réformes sont en place, y compris dans les pays qui ne sont pas en difficulté », se réjouit Christophe Frankel, directeur général adjoint du Fonds européen de stabilité financière (FESF).

Bientôt Solvabilité 2

En attendant, les investisseurs institutionnels restent plus que jamais prudents. « Les assureurs sont un peu obligés d'être frileux en ce moment. La crise grecque a montré qu'il peut y avoir des problèmes, y compris sur les emprunts d'État », résume Martial Lasfargues, directeur risques chez CNP Assurances. « La crise de l'été dernier a marqué les mémoires, en particulier les institutionnels qui vont être soumis à Solvabilité 2, puisque la volatilité des actifs s'est transmise à la volatilité des ratios réglementaires », confirme Claire Bourgeois, responsable gestion ALM chez Groupama AM.

Selon une enquête de Morningstar présentée lors du Forum GI, 41% des investisseurs institutionnels prévoient de réduire leur allocation d'actifs risqués, 38% pensent les maintenir et seuls 12% envisagent de les augmenter. Les assureurs seraient en train de se désengager des emprunts d'État, notamment des pays périphériques, au profit des obligations corporate (essentiellement des entreprises du CAC 40). Il n'empêche que sous l'action cumulée de Solvabilité 2, du passage aux normes IFRS4 et de la crise, les possibilités d'arbitrage se réduisent, au risque de voir les acteurs agir de la même manière au même moment. « Ce comportement moutonnier porte les caractéristiques d'un risque systémique », prévient Jean-Louis Charles, directeur des investissements d'AG2R La Mondiale. Une crise encore plus grande pourrait alors survenir. Pas vraiment de quoi rassurer les assureurs...

+ 18% La progression du nombre de visiteurs institutionnels enregistrée lors du dernier Forum GI.

SOURCE : FORUM GI

 

" Les réformes sont en place, y compris dans les pays qui ne sont pas en difficulté "

Christophe Frankel, directeur général adjoint du Fonds européen de stabilité financière

 

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