[DOSSIER] Dossier : Climat et investissements responsables 3/5

Loi transition énergétique – ISR – ESG : « Sans monde durable, nous dilapiderons toute chance de prospérité économique » (Dossier)

Loi transition énergétique – ISR – ESG : « Sans monde durable, nous dilapiderons toute chance de prospérité économique » (Dossier)
FIR Thierry Philiponnat,président du FIR*

Thierry Philipponnat, président du Forum pour l’investissement responsable (FIR), juge les efforts de chacun vers l’investissement responsable.

Quelle est votre définition de l’Investissement socialement responsable (ISR) ?

1%

part des obligations vertes (green bonds) dans les émissions obligataires mondiales.

Source : FIR


En France, la sémantique de l’ISR n’est pas normée, elle ne l’est pas non plus entre les différents pays de la communauté internationale. Il existe une diversité d’approches et de conceptions même si une définition a été donnée conjointement par l’Association française de la gestion financière (AFG) et le FIR en 2013. Pratiquer l’ISR consiste à réaliser une analyse extra-financière avant d’investir et à, intégrer cette analyse dans le processus de décision d’investissement. En d’autres termes, c’est intégrer l’extra-financier dans le financier avec deux logiques, sociétale et économique. Quelles que soient les bonnes intentions, le monde bouge sur des réalités économiques. Si nous ne construisons pas un monde durable, nous dilapiderons toute chance de prospérité économique et donc de rentabilité financière. Avec la COP 21, la dynamique actuelle est clairement en faveur de l’ISR. À telle enseigne que beaucoup de stock-pickers (NDLR : gérants qui appliquent la méthode dite de sélection de valeurs) intègrent l’analyse extra-financière dans leur processus de gestion sans se réclamer explicitement de l’ISR.

Pourquoi différencier la gestion ISR pure de l’intégration des critères ESG (Environnementaux, sociaux et de gouvernance) dans la gestion des portefeuilles d’actifs ?
L’ISR consiste à intégrer le E, le S et le G systématiquement. Les trois filtres sont appliqués sur chaque décision d’investissement du gérant d’actifs. L’intégration ESG est un peu moins ambitieuse puisque, selon la sensibilité du gérant, le curseur est placé sur certaines dimensions seulement. En pratique, cela consiste à geler, limiter ou interdire l’investissement dans les entreprises au profil de risque ESG majeur ou à donner au gérant un objectif minimum de performance ESG du portefeuille.

L’article 173 de la loi sur la transition énergétique qui prévoit l’obligation de reporting pour les investisseurs institutionnels sur la prise en compte des critères ESG dans leurs investissements est-elle une bonne chose pour l’ISR ?
C’est un article de loi intelligent qui ne crée pas d’obligations d’investissements mais d’informations. Cela constitue une incitation et une dynamique très forte. À compter de l’exercice 2016, tous les investisseurs auront désormais à produire un reporting ESG non-financier sur la base de modalités qui seront définies dans les décrets d’application, quitte à reconnaître qu’ils n’en font pas.

Pourquoi l’exclusion de valeurs sectorielles, telles que le pétrole fonctionne mal en France ?
Certains secteurs comme par exemple les armements controversés que sont les bombes à sous-munitions font l’objet d’exclusion presque généralisée dans les portefeuilles par les gérants d’actifs. Appliquer ce même principe à des secteurs exposés au risque carbone reste complexe à mener. En France, une grande partie de la gestion active de fonds repose sur un benchmark de valeurs compilées dans les grands indices boursiers : CAC 40, MSCI World, FTSE 100, Stoxx 600… Exclure des secteurs tels que le pétrole est dès lors impossible tant le poids de ces sociétés cotées est important sur ces places financières, entre 10 et 15 % du CAC 40 (NDLR : Total est l’une des premières capitalisations boursières de l’indice parisien) ou du FTSE 100. Si un gérant veut se passer d’un secteur, il va prendre le risque de s’écarter de façon significative de l’indice boursier audelà de sa marge d’erreur autorisée (la tracking error) et perdre, in fine, des mandats de gestion. C’est un carcan phénoménal.

* Membres du FIR : collège investisseurs (Humanis, Préfon, Harmonie Mutuelle, Malakoff-Médéric, AG2R La Mondiale), collège gestionnaires d’actifs (Allianz GI, Axa IM, Groupama AM, Generali, Mirova, OFI AM...), collège de syndicats (CFDT, Paris Europlace, Comité 21...), collège conseil & recherche (Vigeo, Novethic, Deloitte, Sustainalytics...).

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