[DOSSIER] Dossier : branle-bas de combat chez les mutuelles santé 6/15

Malakoff Médéric, futur partenaire de la Mutuelle Générale

Malakoff Médéric, futur partenaire de la Mutuelle Générale

La 3ème mutuelle santé française a préféré opter pour un rapprochement avec Malakoff Médéric, plutôt qu’avec le groupe Humanis. L’opération passera par la construction d’une société de groupe d’assurance mutuelle (Sgam), probablement d’ici la fin de l’année.

Le décision d’entrer en négociations exclusives avec Malakoff Médéric a été annoncée à l’issue du conseil d’administration de La Mutuelle Générale (LMG), qui s’est tenu ce mercredi 3 septembre. Le deuxième prétendant restant en lice était le groupe Humanis. Cette décision constitue une demi surprise, dans la mesure où Malakoff Médéric était donné comme favori depuis plusieurs semaines. Par ailleurs, Guillaume Sarkozy, délégué général du groupe de protection sociale, avait annoncé, dans une interview accordée à l’Argus de l’assurance fin juin, un projet de création de Sgam. M. Sarkozy inscrivait ce projet dans le cadre de l'ANI [Accord national interprofessionnel, ndlr], qui implique de nouveaux partenariats entre institutions de prévoyance et mutuelles et « une gouvernance équilibrée entre paritarisme et mutualisme ».

Dans le trio de tête

Le nouvel acteur se placera parmi les leaders de l’assurance de personnes, en particulier sur le segment de la complémentaire santé et de la prévoyance. En complémentaire santé, le nouvel ensemble totalisera plus de 2,3 Md€ de cotisations brutes (pro forma 2013, source Top 30 de la Santé). Il se placera ainsi dans le trio de tête du secteur, au coude à coude avec Istya (mutuelles de la fonction publique) et Harmonie Mutuelle. Toutes activités confondues, la Sgam totalisera plus de 4,2 Md€, soit la moitié du chiffre d’affaires de la Sgam AG2R La Mondiale (8,4 Md€, source Top des IP Argus de l’assurance).

La Banque postale, 3ème partenaire

Les deux partenaires ne l’ont pas confirmé officiellement mercredi, mais leur rapprochement devrait impliquer, d’une manière ou d’une autre, la Banque postale assurance santé, filiale détenue à 65% par la Banque postale et à 35 % par LMG. Celle-ci a déjà commercialisé, via le réseau de la Poste, plusieurs dizaines de milliers de contrats d’assurance santé individuelle. A l’avenir, l’activité pourrait s’orienter vers le collectif et les dizaines, voire centaines de milliers de TPE à équiper en complémentaire santé dans le cadre de l’ANI. La Banque Postale, qui compte près de 100 000 clients professionnels, dispose en effet d’un formidable outil de distribution avec les 17 000 points de vente de la Poste et ses 9 200 conseillers bancaires.

L’épilogue d’un long feuilleton

Cette décision constitue aussi l’épilogue d’un long feuilleton. LMG, ex-Mutuelle générale des PTT, qui a négocié un grand tournant vers le marché interprofessionnelle au cours des années 2000, cherchait depuis plusieurs années un rapprochement. En 2010, elle était partie prenante d’un projet englobant les groupes de protection sociale Mornay et D&O, aujourd’hui fusionnés au sein de Klesia, ainsi que l’institution de prévoyance Apgis, qui est  depuis rentrée dans le giron de Covéa. Après que ce projet a tourné court, LMG, avait relancé sa recherche de partenaires, privilégiant toujours des acteurs paritaires.

Ironie du sort, il y a une forte probabilité que La Mutuelle Générale retrouve ultérieurement l’ex-Mornay. Les partenaires sociaux ont en effet imaginé une cartographie des groupes de protection sociale sur la base du schéma « 3 + 1 », avec trois groupes interprofessionnels, AG2R La Mondiale, Humanis et Malakoff Médéric, plus un groupe professionnel, Pro BTP. Et dans ce schéma, Klesia rejoindrait le groupe Malakoff Médéric.

Des tensions probables

Si la création d’une Sgam est censée assurer une gouvernance équilibrée entre acteurs mutualistes et paritaires, on ne peut pas exclure l’émergence de quelques tensions du côté mutualiste. D’une part, si tous les groupes paritaires se sont efforcés de bâtir des pôles mutualistes ces dernières années, c’est la première fois qu’une aussi grande mutuelle (1 Md€) se rapproche d’un acteur paritaire.

D’autre part, Malakoff Médéric a déjà des partenariats mutualistes. Elle a développé le réseau de soins Kalivia avec Harmonie Mutuelle. Ces deux acteurs ont aussi remporté ensemble l’une des plus grosses affaires de 2013 dans le domaine de la protection sociale complémentaire, le contrat Total, avec Harmonie pour la complémentaire santé et Malakoff Médéric pour la prévoyance. S’il n’a jamais été question d’un rapprochement plus structurant entre ces deux partenaires, on ne peut exclure quelques grincements de dents au sein de la FNMF. En juin dernier, évoquant ses projets de partenariat lors d’une conférence de presse, Patrick Sagon, président de LMG, avait tenu des propos particulièrement virulents à l’égard de ses confrères mutualistes, faisant un parallèle avec des « clubs de boules ». Des propos qui n’avaient pas du tout été appréciés, tant du côté d’Harmonie mutuelle que d'autres mutuelles, dont celles de Mutex.

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