Mario Greco : le roi du mercato

Mario Greco : le roi du mercato
Après avoir mené la réorganisation de Generali pendant trois ans, Mario Greco s'apprête à faire son retour chez Zurich Insurance

Mario Greco va quitter Generali, groupe qu’il dirige depuis août 2012 pour rejoindre, à partir du mois de mai 2016, Zurich Insurance. Ce transfert suscite des interrogations sur sa succession et sur le devenir du projet ambitieux qu’il a lancé au sein du groupe italien. Parallèlement, son arrivée chez l'assureur suisse pourrait être synonyme de changements après un exercice 2015 difficile.

L’homme aime apparemment les défis. Le redressement du groupe Generali à peine achevé, Mario Greco s’engage dans une autre mission de haut vol en prenant les commandes, à partir du mois de mai 2016, de Zurich Insurance, société qui traverse actuellement de fortes turbulences.

Le groupe suisse qui, cet été encore, ambitionnait de racheter son concurrent britannique RSA, a été contraint de renoncer à son projet suite aux pertes enregistrées à la suite de la catastrophe de Tianjin en Chine. Les explosions survenue sur ce site industriel lui ont couté au moins 275 M$, fragilisant ses activités d’assurance générale. Celles-ci ont enregistré au troisième trimestre un déficit opérationnel de 183 M$. Les tempêtes qui ont frappé la Grande-Bretagne et l’Irlande et autres catastrophes naturelles de fin d’année, représentant à nouveau une facture de 275 M$, ont aggravé la situation. Cette branche d’activité sera encore déficitaire (-100 M$) au quatrième trimestre vient de prévenir l’assureur.

L’espoir d’un rétablissement rapide chez Zurich

Les mauvaises performances de Zurich Insurance ont conduit son directeur général, Martin Senn, à démissionner début décembre 2015. Mario Greco s’apprête à lui succéder alors que l’entreprise a amorcé un vaste plan d’économie ainsi qu’un programme de réorganisation et de réduction de ses effectifs. Celui qui vient de piloter la restructuration de Generali connaît bien le groupe qu’il rejoint. De 2007 à 2010, il en a dirigé les activités d’assurance vie, avant de prendre les rênes de la branche assurance générale jusqu’en 2012.

Son retour chez Zurich Insurance après avoir remis le « lion de Trieste » sur les rails laisse présager un rétablissement rapide du quatrième assureur européen. Mais à quel prix ? Au sein de Generali, Mario Greco a renouvelé complètement la gouvernance, restructuré certaines entités (activités italiennes notamment), procédé à des cessions d’actifs non-stratégiques pour un total de 4 Md€, et conduit un vaste plan de réduction des dépenses (750 M€ entre 2012 à 2015 avec un objectif de 1,5 Md€ au total à l’horizon 2018). Des changements importants au sein de Zurich Insurance ne sont donc pas à exclure.

Une succession à fort enjeu chez Generali

Du côté de Generali se pose désormais la question de la succession de Mario Greco qui a su fédérer les équipes, mais aussi obtenir la confiance des actionnaires. Le groupe italien aura-t-il recours à des compétences externes ou ira-t-il puiser au sein de l’état-major constitué par Mario Greco après son  arrivée ? Les noms de Philippe Donnet, un ancien d'Axa en charge des activités italiennes de Generali, Alberto Minali, directeur financier du groupe et Giovanni Liverani, patron de Generali Deutschland, circulent dans la presse italienne. 

La personne qui prendra la suite de Mario Greco va diriger un groupe en bien meilleure forme qu’en 2012. Au premier semestre 2015, l’assureur italien qui occupe la troisième place du marché de l’assurance en Europe affichait son meilleur résultat opérationnel sur six mois depuis huit ans. Les objectifs financiers fixés pour 2015 ont été atteints plus tôt que prévu. Et selon les propos tenus par Mario Greco aux analystes au lendemain de l’annonce de son départ, les résultats de l’exercice 2015 seraient en ligne avec les objectifs 2018 (lire ci-dessous).

Remis à flot, le navire doit désormais activer des moteurs de croissance et d’innovation pour espérer réduire l’écart avec Allianz et Axa. Les bases de ce nouveau challenge ont été posées par Mario Greco en mai 2015 lors de la présentation du plan 2016-2018. Mais son départ précipité interroge sur les moyens et la méthode qui seront mis en place pour y parvenir. Du côté des marchés financiers, le doute s’est installé. Après l’annonce de la démission de Mario Greco, le 26 janvier 2016, la valeur du titre du groupe a décroché de 3,5%.

 

Generali : l’exercice 2015 sera conforme aux objectifs 2018
Le 27 janvier 2016, au lendemain de l’annonce de sa démission, Mario Greco, encore directeur général de Generali, a tenu à rassurer les analystes. Sa décision de ne pas briguer un autre mandat « n’est pas liée à des critiques ou conflits avec les actionnaires qui, au contraire, ont toujours soutenu la stratégie et son exécution au cours des trois dernières années. » A l’occasion de cette conférence, Mario Greco a annoncé que les résultats financiers à fin 2015 étaient  « positifs » et « en ligne avec les objectifs 2018 ». A cette échéance, le groupe italien entend passer la barre des 5 Md€ de dividendes cumulés et les 7 Md€ de cash flow net disponible. Et en réduisant encore les frais généraux de 500 M€ sur la période 2017-2018, l’assureur devrait avoir atteint au total les 1,5 Md€ d’économies depuis 2012.

 

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