Matmut – Sferen – Partenariats : « Je souhaite que l'on passe la vitesse supérieure sur Sferen » : DANIEL HAVIS, PDG du groupe Matmut

Le PDG de la Matmut dévoile son projet avec Mutlog en assurance emprunteur et ses réflexions avec Mutex en prévoyance collective. Cela ne l'empêche pas de souhaiter « de nouvelles formes d'engagements réciproques » avec la Macif et la Maif au sein de Sferen.

Comment se porte la Matmut ?
Notre résultat net combiné, qui atteint environ 42 M€ pour l'exercice 2012, est de bonne qualité. Toutes les structures sont bénéficiaires. Par ailleurs, nous avons des plus-values latentes significatives. C'est un résultat correct, obtenu avec une politique de provisionnement prudente. Nous couvrons 3,2 fois l'exigence de marge de solvabilité sans plus-values latentes et 4,2 fois avec. La maison est donc solide sur le plan financier. Sur le plan commercial, nous subissons comme tout le monde la faiblesse de la conjoncture.

Trois millions de sociétaires
 

  • La Matmut compte près de 3 millions de sociétaires, qui détiennent 6,5 millions de contrats.
  • Au titre de l'exercice 2012, le groupe devrait afficher un résultat net combiné de près de 42 M€, pour un chiffre d'affaires de 1,8 Md€.
  • Le groupe dispose de 1,08 Md€ de capitaux propres, et l'exigence de marge de solvabilité est couverte à hauteur de 4,2 fois (avec plus-values latentes).

Quel regard portez-vous sur Solvabilité 2 ?
Nous avions passé l'étude d'impact QIS 5 avec succès. Nous ne sommes pour ainsi dire pas concernés par la problématique des branches longues adressée dans l'étude LTGA. Il reste que le pilier 1, dans la situation actuelle, risque d'entraîner une volatilité phénoménale dans certaines branches. Le système prudentiel en vigueur, pour rustique qu'il soit, n'a laissé aucun assuré sur le bord de la route. Faut-il vraiment tout remettre en cause pour le plaisir ? Je n'en suis pas convaincu. Le mieux est l'ennemi du bien. Et puis, en donnant un poids énorme au contrôle, n'est-on pas en train de tendre, avec Solvabilité 2, vers une forme de nationalisation rampante ?

Êtes-vous aussi sévère avec les deux autres piliers de la directive ?
Les piliers 2 et 3 de Solvabilité 2 sont très structurants. Il faut les poursuivre avec « tact et mesure ». Quand on est assureur, et surtout une mutuelle d'assurances croyant au principe démocratique, demander la permission du représentant de l'État pour exercer donne un peu le vertige. Et puis cela veut dire quoi, fit and proper ? On a un peu tendance à oublier qu'un assureur ne vend pas de contrats : il achète du risque. Or, je ne sais pas décréter la compétence du dirigeant a priori, puisque c'est dans les crises qu'elle fait ses preuves. Va-t-il falloir alors faire le stress test du dirigeant ? Au nom de quel principe de précaution mettre en doute a priori la compétence et l'honorabilité, même sur le plan collectif, des conseils ? Je rappelle qu'aucun assureur français n'a dû sa survie aux contribuables...

Quatre filiales, une mutuelle soeur, deux sgam

La Matmut est adhérente de deux sociétés de groupe d’assurance mutuelle (sgam).
La sgam Viana a été mise en place en 2008 pour consolider les liens du groupe Matmut avec l’assurance mutuelle des fonctionnaires (aMF). la sgam Sferen a été créée en 2009, et regroupe les mutuelles.
Macif, Maif et Matmut. le pdG de la Matmut, daniel havis, en est le président depuis le 1er janvier 2012.

Comment voyez-vous le secteur évoluer cette année ?
Je constate la panne durable de croissance. Avec un chômage en hausse et une ambiance de morosité, on a rarement des reprises de consommation. Notre levier est d'adapter nos produits pour contrer tout phénomène de descente de garantie. Nous essayons donc d'éviter, à travers les formules que nous proposons, comme Matmut Santé Essentiel, Petit-rouleur ou Avantage Hiver, que les sociétaires renoncent à la protection nécessaire et évidente de leur santé ou de leur patrimoine.

Je souhaite trouver les moyens de construire de nouvelles bases de partenariat avec des acteurs de la mutualité interprofessionnelle.

Où en êtes-vous dans votre stratégie de diversification ?
Le sociétaire Matmut possède, en moyenne, 2,2 contrats, il est encore un peu sous-équipé. Nous disposons d'un gros gisement de croissance en prévoyance individuelle, domaine où nous ne faisons pas de gros chiffres, mais où nous répondons à des besoins. Nous sommes parallèlement en train de travailler à du « petit collectif » en santé et prévoyance, pour accompagner la démarche de souscription des entreprises. Pour faire un produit de santé, je n'ai pas besoin de grand monde, mais pour développer de la prévoyance collective, j'ai vraisemblablement besoin d'un partenaire.

Un partenaire que vous trouverez chez Sferen ?
Je vais reprendre à mon compte une phrase fort juste du président de la Macif, Gérard Andreck : « Sferen n'est pas tout ». Il est important que la Matmut conserve et développe ses accords avec ses partenaires historiques. À cet égard, je souhaite trouver les moyens de construire de nouvelles bases de partenariats avec des acteurs de la mutualité interprofessionnelle. Dans cette optique, Mutex pourrait être un bon partenaire pour la prévoyance collective.

Vous ne seriez que distributeur, à l'image de ce que vous envisagez pour l'épargne ?
Quand il ne s'agit pas d'assurance, j'accepte de n'être que distributeur : nous apportons un service, mais nous externalisons le risque. C'est le cas, historiquement, en matière de crédit avec Socram et ce le sera prochainement en assurance emprunteur avec Mutlog, l'objectif étant de diffuser le produit dès le second semestre 2013.

Sinon, quand il s'agit d'assurance et que je fais faire à l'extérieur, je souhaite être au capital. C'est le sens de nos discussions avec Mutex, que nous souhaiterions voir aboutir avant la fin de l'année.

Où en est la cession de votre assurance vie à la Maif ?
Nous sommes arrivés tard sur ce marché, et nous n'avons pas la taille suffisante pour développer ce métier de volume. Et je persiste à penser que ce n'est pas le métier profond d'une mutuelle accident. Cela dit, notre produit vie fonctionne bien, et il n'y a pas d'urgence sur ce dossier. La solution doit se trouver dans Sferen.

Quelle vision avez-vous pour Sferen, dont vous assurez actuellement la présidence ?
Dans l'environnement complexe qui est le nôtre, je souhaite que l'on passe la vitesse supérieure. La Sgam (société de groupe d'assurance mutuelle) Sferen ne doit pas se limiter à des coopérations ponctuelles. Il convient de réfléchir, après une phase de développement d'opérationnalités correspondant aux objectifs initiaux (achats hors assurance, réseau de réparateurs agréés), à d'autres formes d'engagements réciproques. Sur les métiers principaux que sont l'automobile et l'habitation, nous ne souhaitons pas remettre en cause notre mode opératoire, qui préserve la souveraineté de chaque entité. Sur les métiers périphériques, en revanche, il pourrait être judicieux d'examiner s'il y a matière à mettre en commun nos expériences. C'est une autre façon d'envisager les coopérations, et une autre façon d'écrire la Sgam. Ce type de schéma perpétuerait la philosophie qui a jadis conduit à la création d'outils communs comme Ima, OFI ou Socram.

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