Michel-André Philippe : « Il y a eu trop d’ingérence auprès de la direction opérationnelle d’Humanis»

Michel-André Philippe : « Il y a eu trop d’ingérence auprès de la direction opérationnelle d’Humanis»
Michel-André Philippe : « Dans ce dossier, la politique a primé sur la vision professionnelle. »

Administrateur Medef au sein du monde paritaire depuis près de 15 ans, Michel-André Philippe a démissionné de tous ses mandats du groupe Humanis. Cette figure du paritarisme, qui a présidé Vauban-Humanis et le GNP, met en cause la gouvernance du groupe de protection sociale. Ces déclarations prennent un relief singulier au lendemain de la nomination d’un nouveau directeur général.

Administrateur de l’association sommitale Humanis, 1er vice-président d’Humanis prévoyance, administrateur des caisses de retraite complémentaire Irneo et CGCR : Michel-André  Philippe a rendu au Medef tous les mandats qu’il occupait au sein du groupe de protection sociale. Le « déclencheur » de cette démission : les conditions dans lesquelles s’est effectué le renvoi du directeur général Damien Vandorpe, début janvier. « La méthode n’est pas acceptable. Cette décision a été marquée par un manque de collégialité, de concertation en amont au sein de l’association sommitale », estime Michel André-Philippe. Il souligne que Damien Vandorpe a « travaillé pendant un an, sans aucun reproche officiel » et avait d’ailleurs été nommé en novembre 2012 directeur général de l’ensemble des GIE.

Profonds désaccords

« De profonds désaccords m’opposent à la présidence du groupe Humanis concernant ses méthodes de gouvernance tant au plan politique qu’opérationnel », écrit cet ancien directeur régional d’AXA Conseil, dans sa lettre de démission. Et de préciser notamment: « Selon moi, il y a eu trop d’interventions, d’ingérence auprès de la direction opérationnelle. Si on ne la laisse pas travailler, comment peut-on évaluer ses résultats, voire ses responsabilités ? ».

Responsabilités claires

Bref, alors que les fédérations Agirc-Arrco, en lien avec le Ctip, ont œuvré ces dernières années à réaffirmer le rôle des partenaires sociaux dans la définition de la stratégie des groupes, ce rééquilibrage irait, dans la pratique opérationnelle, trop loin au sein d’Humanis. « Les responsabilités sont pourtant statutairement très claires », relève l’ancien président du groupe Vauban-Humanis, qui n’entend pas pointer telle ou telle personnalité :  « Dans ce dossier, la politique a primé sur la vision professionnelle. » Les arcanes paritaires sont particulièrement complexes, mais certains ne manqueront pas de voir dans cette dernière déclaration une remise en cause du rôle de certaines fédérations professionnelles dans la gestion du groupe.

Les moyens de travailler

« Si on ne modifie pas cette pratique, si on ne lui donne pas la liberté et les moyens de travailler, le nouveau directeur général d’Humanis, qui possède un très beau parcours, aura sans aucun doute des difficultés à finaliser la constitution et la réussite d’un groupe, qui possède de nombreuses qualités mais intervient dans un marché difficile. Il est nécessaire de remettre les marges à bon niveau », conclut celui qui a toujours défendu le principe de limitation d’âge des administrateurs : « J’ai 69 ans, je ne reprendrais plus de responsabilité dans aucun groupe de protection sociale. » Mais il ne devrait pas pour autant quitter son autre terrain d’engagement, l’emploi des travailleurs handicapés.

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