[DOSSIER] Le top 30 de la santé 2/5

Top 30 de la santé : Des premières places de plus en plus chères

Top 30 de la santé : Des premières places de plus en plus chères
François Venturini, directeur général du groupe Harmonie mutuelles. Les dirigeants d'Harmonie mutuelles ont bâti un groupe de premier plan, qui bouscule les frontières du monde mutualiste. Deux mutuelles de la fonction publique, la Mnam et la Smar, ont rejoint ce groupe interprofessionnel. © DR
Top 30 de la santé : Des premières places de plus en plus chères
Norbert Bontemps, directeur santé individuelle de Groupama. Groupama reprend la deuxième place du classement que le groupe Harmonie mutuelles lui avait ravie l'an dernier. Contrairement à d'autres acteurs de ce marché très disputé, il ne pâtit pas du développement des accords de branche. © DR
L'édition 2010 du Top 30 de la santé confirme la poursuite de la concentration du marché. Le phénomène n'est pas près de s'essouffler : près de la moitié des acteurs du classement pourraient être concernés par des rapprochements d'ici à deux ans.

Jeu de chaises musicales aux premiers rangs du classement notamment, mais pas de têtes qui tombent : la hiérarchie est respectée dans l'édition 2010 du Top 30 de la santé ! Seuls changements notables : le retour de Réunica, absent l'an dernier pour cause de non-réponse, et l'entrée de l'Union nationale pour la prévoyance de la mutualité française (UNPMF), qui a enregistré une croissance à deux chiffres ces dernières années.

En réalité, cette stabilité cache un mouvement de concentration qui se poursuit à vitesse grand V. Comparé au classement établi il y a cinq ans, on n'y retrouve guère plus de la moitié des noms sous leur désignation actuelle. Autre signe important de cette concentration, les 30 premiers acteurs du marché pèsent de plus en plus lourd : aujourd'hui, le ticket d'entrée dans le Top 30 s'approche de 300 millions d'euros, contre 141 millions en 2006. Plusieurs des grands acteurs - comme Allianz, Axa ou encore Pro BTP - dont le périmètre n'a pas connu d'évolution fondamentale depuis cinq ans, connaissent des taux de croissance de 40% à plus de 50% sur cette période. Mis à part quelques segments du marché des nouvelles technologies, aucun secteur économique n'a enregistré de telles progressions, surtout de manière aussi continue ! La complémentaire santé n'a donc pas subi la crise et, sauf séisme économique majeur, elle ne devrait pas la connaître à court et à moyen terme.

Pour les membres du Top 30 en particulier, cette croissance peut être analysée arithmétiquement au regard de deux facteurs. D'une part, les rapprochements de toutes natures, d'autre part les hausses tarifaires appliquées aux contrats.

De nouveaux mastodontes

Au chapitre des rapprochements, le grand bal se poursuit chez les groupes paritaires et mutualistes. Il concerne potentiellement près de la moitié des acteurs du classement. Du côté des premiers, un mastodonte (1,7 milliard d'euros en santé et 2,6 milliards sur l'ensemble de ses activités concurrentielles) émerge avec Humanis. Constitué suite à la fusion, début 2011, d'Aprionis et de Vauban-Humanis, il atteindra cette taille lorsqu'il sera rejoint par Novalis-Taitbout au début de l'année 2012. Une opération qui va laisser la place à de nouveaux entrants paritaires ou mutualistes.

De grandes manoeuvres à court et moyen terme

À noter qu'il y a aussi des rapprochements qui ne se font pas, ou alors dans la douleur ! C'est notamment le cas de celui, annoncé initialement à l'horizon 2011, entre D et O, Mornay et la Mutuelle générale - il aurait même dû englober l'Apgis, pour constituer un groupe de 1,4 milliard d'euros en complémentaire santé. À l'heure du bouclage de ce dossier, le rapprochement Mornay-D et O n'est toujours pas sur les rails, alors qu'il constitue le préalable à la création d'une structure avec la Mutuelle générale.

Le marché s'attend à d'autres mouvements de grande ampleur du côté paritaire. AG2R-La Mondiale, Pro BTP et Réunica font ainsi l'objet de spéculations. Aujourd'hui, le rapprochement entre ces deux derniers est bloqué par l'Agirc-Arrco. Mais les observateurs aiment relever que ces deux groupes ont des liens avec Groupama : Réunica a des liens historiques avec Gan et a créé la société d'épargne retraite Réunima avec l'assureur, tandis que Pro BTP a monté avec ce dernier la plate-forme santé Sévéane. De quoi échafauder bien des scénarios !

Les 5 leaders (cotisations encaissées, en brut de réassurance et d'acceptations, en Md€)

1. Axa 2,87

2. Groupama 1,94

3. Harmonie mutuelles 1,93

4. Malakoff-Médéric 1,56

5. Allianz 1,45

SOURCES : L'ARGUS DE L'ASSURANCE, SOCIÉTÉS CITÉES

De son côté, AG2R-La Mondiale est prête à concrétiser avec la Macif son partenariat annoncé l'an dernier. Début avril, les deux groupes ont indiqué avoir signé une lettre d'engagement et précisent leur objectif économique : générer 170 millions d'euros d'affaires nouvelles sur cinq ans en assurance collective santé et prévoyance.

Encore des hausses tarifaires

Dans le camp mutualiste, il faut noter quatre événements majeurs, dont trois n'affectent pas ce classement, puisqu'il s'agit d'unions qui fusionnent leurs mutuelles : c'est le cas d'Adréa et Eovi cette année, et d'Harmonie mutuelles en 2012. Le dernier événement de taille est bien évidemment la constitution d'Istya, début mai. Cette union mutualiste de groupe (UMG), créée par cinq mutuelles de la fonction publique (MAEE, MGEN, MGET, MNH, MNT), a été rejointe depuis par MCDéf, et pèse à présent plus de 2,6 milliards d'euros en santé.

LES CHIFFRES

25,7 : Md€ Le montant total des cotisations encaissées par les 30 premiers acteurs de l'assurance santé en France, contre 24 Md€ en 2009.

 

Quant aux hausses tarifaires, elles ont été soutenues et vont le rester à court terme. À la hausse dite tendancielle des dépenses de santé (+3% environ), que les organismes complémentaires prennent en charge en tant que financeurs, il faut ajoute des taxes qui pèsent de plus en plus lourd. Entre l'augmentation de la contribution CMU devenue une taxe (6,27%) du chiffre d'affaires santé et la taxe sur les conventions d'assurance (TCA) à 3,5% appliquée aux contrats responsables (98% du marché), les complémentaires déplorent d'être transformées en percepteurs de taxes qu'elles répercutent sur les cotisations.

Hormis le collectif « sur-meure », dont le tarif est fixé en fonction du ratio sinistres/primes du contrat, assureurs, institutions de prévoyance et mutuelles annoncent tous, pour les années 2010 et 2011, des hausses tarifaires relativement élevées, de 5% à 7%, avec des pointes à 10%. Interrogés sur leurs perspectives, tous annoncent également, comme il se doit, la volonté de modérer la facture en 2012.

Ce souhait pourra-t-il être tenu ? Les réponses au questionnaire de l'Argus traduisent une inquiétude : compte tenu de l'état des comptes publics, l'ensemble de la profession craint de devoir absorber de nouveaux désengagements de la Sécu. Premières réponses à la rentrée, dès que les arbitrages du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) seront connus.

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