Auto-moto : Maif lance l'assurance «cendrillon»

Auto-moto : Maif lance l'assurance «cendrillon»
Maif crée l’assurance à la journée Avec l’offre 4+2. Le client active sur une application les jours de sortie à moto où il souhaite être couvert en tous risques.

La mutuelle d’assurance niortaise va lancer, en juillet, une nouvelle assurance à l’usage destinée aux conducteurs occasionnels de deux roues. Son nom: 4+2. Un chantier qui a mobilisé, en méthode agile, le marketing opérationnel, l’actuariat et la direction des systèmes d’information.

Ce n’est pas de l’assurance au kilomètre, ni de l’assurance saisonnière. C’est un nouveau concept. « Maif s’attaque, de façon structurelle, à un contrat d’assurance », explique Anne-Charlotte Bongard, associée, responsable du pôle IARD d’Actuaris. Des contrats plus simples, plus économiques, à la carte, achetés en un clic : les clients des assureurs le demandent depuis longtemps ! Mais dans la salle des machines algorithmiques des compagnies et mutuelles, la transcription de cette aspiration est un challenge. Maif, en pleine transformation digitale, s’est lancée dans l’aventure en mode « test & learn », à partir de janvier dernier, sur une cible précise : les conducteurs occasionnels de deux-roues.

L’assurance cendrillon

En juillet sera ainsi commercialisé « 4+2 », un produit qui bouscule, en France, les codes d’un marché de commodités aux garanties classiques et aux prix tirés. La mutuelle répond aux besoins des conducteurs qui ont à la fois une voiture et une moto, mais n’utilisent cette dernière que pour leurs loisirs moins de 60 jours par an. « Ces sociétaires peuvent trouver que deux assurances tous risques leur reviennent cher, explique Jean-Marc Sueur, responsable du projet à la direction marketing de la Maif. Notre solution consiste donc à ce que les titulaires d’un contrat d’assurance automobile n’assurent leur deux-roues qu’au tiers (ndlr : garanties vol, incendie, vandalisme, RC et dommages corporels)  quand il ne circule pas, mais puissent, en un clic, basculer sur une formule tous risques (ndlr : tous dommages, assistance panne  0km, bris de glace, etc.) quand ils décident de partir en balade ».

Sur leur ordinateur, leur tablette ou leur smartphone, un calendrier avec l’indication – grâce à la géolocalisation - de la météo leur permet éventuellement de planifier par avance leurs jours de virées. L’assurance prend effet immédiatement, en un clic de validation, jusqu’à minuit.

Simple comme un clic

Avant d’ aboutir à cette facilité d’achat, la mutuelle a réuni « tous les managers et équipiers pour le lancement, puis, 6 collaborateurs ont géré le projet avec une délégation totale de décision, c’est un vrai changement culturel dans les services, mais cela permet de raccourcir le délai de co-conception entre tous les acteurs et de s’attaquer, très rapidement, à la phase de conception », raconte Nelly Brossard, directrice Marketing à la Maif. L’équipe a bâti un prototype en embarquant, dès le départ, l’informatique pour appréhender en amont les briques fonctionnelles et techniques nécessaires (signature électronique, prélèvement mensuel fixe forfaitaire…), le réseau, le juridique, la finance, la communication et évidemment le marketing (digital factory, design, développement numérique, application mobile…).

Un système semblable à la téléphonie mobile…

Le premier mois, 6 ateliers d’une journée ont ainsi été nécessaires. C’est, sans surprise, la tarification qui a donné du fil à retordre.  « Notre souhait était d’offrir un système semblable à la téléphonie mobile, basé sur un forfait avec une somme contractualisée à l’avance et connue en cas de dépassement », précise Jean-Marc Sueur. Mais arbitrer, sur le plan actuariel et marketing, entre le forfait mensuel au tiers et la somme fixe de dépassement les jours d’utilisation en tous risques a relevé d’une équation à plusieurs inconnues. « Nous réalisons une expérimentation, concède Nelly Brossard. Nous avons au final fait évoluer le coût socle de garantie par rapport à la prime quotidienne d’usage qui ne pouvait être inférieure à 1€. Nous prenons à la fois en compte la dimension technique et commerciale ». Il a aussi fallu rendre le système tarifaire plus agile. « Cela passe techniquement par les API, c’est-à-dire les interfaces de programmation applicative qui permettent d’appeler nos services de façon simple », commente Jean-Marc Sueur. Pour créer cette nouvelle expérience utilisateur, le Web design a été soigné. Le forfait apparaît, par exemple, comme une jauge. « Le client rentre par son besoin. Nous gommons la complexité de l’assurance », affirme Nelly Brossard qui a fait tester cette nouvelle solution à 1610 sociétaires volontaires.

40 000 sociétaires éligibles

Le propriétaire d’une Suzuki Bandit 650 paiera ainsi 24 € par mois de prime forfaitaire à laquelle il ajoutera 3 € par journée tous risques utilisée. Réalisme économique oblige, les mauvais risques sont exclus de l’offre…

Au sein de la mutuelle, on ne cache pas la volonté de rapatrier dans le giron Maif le seul contrat qui y manque, souvent souscrit chez des spécialistes de l’assurance saisonnière ou moto. En jeu : 40 000 sociétaires éligibles et potentiellement quelques millions de motards français. De plus, si l’essai de cette nouvelle mécanique technique est transformé, d’autres déclinaisons relatives aux voitures de collection, aux caravanes pourraient vite voir le jour.

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