Des mutuelles qui aiment le chacun-chez-soi

À la gare, c'est la cohue. Les prestataires ou cadres qui arrivent souvent de Paris - voire de Poitiers, quand ils ont dû s'arranger avec des horaires peu commodes - repèrent vite la navette de la Macif. Au grand dam de certains chauffeurs de taxis, qui voient leur passer sous le nez une clientèle potentielle. Un détail symptomatique d'une certaine autonomie des mutuelles, qui développent leurs propres services pour leurs salariés : conciergerie, crèche, gymnase, cantine. Certaines, pour ne pas mettre tous les oeufs dans le même panier, ont aussi ouvert des plates-formes téléphoniques dans d'autres bassins d'emplois.

Selon Philippe Dutruc, président de la chambre de commerce et d'industrie, « la CCI discute avec ces acteurs, mais moins qu'avec d'autres. Les mutuelles participent aux manifestations organisées par la ville, et prêtent leurs locaux pour des séminaires ou des événements extérieurs, mais leur implication réelle dans la vie économique locale n'est pas aussi développée que leur poids économique pourrait le laisser penser. Par exemple, elles n'utilisent pas la CCI autant qu'elles le pourraient, même si nous discutons de temps en temps directement avec leurs présidents. Je pense qu'elles n'en ont pas l'habitude. Il s'agit d'une question culturelle ».

Alain Piveteau, conseiller adjoint à la mairie chargé, notamment, de la prospective budgétaire et financière et des relations pour le développement de l'économie sociale et solidaire, reconnaît que du fait de la surreprésentation des mutuelles « il y a un lien mécanique avec la politique économique de la ville ». Néanmoins, « ce n'est que très récemment, depuis 2008, que le monde des élus a pris conscience qu'il fallait passer de relations interpersonnelles régulières entre les élus et les présidents de mutuelles à un ancrage territorial plus réel ». Et de souligner le décalage entre le poids économique global représenté par les mutuelles et le budget de la ville, qui s'élève à environ 150 M€. « En clair, les mutuelles n'ont pas besoin de nous, alors que la ville a besoin d'elles...»

Un pouvoir de négociation important

Cette situation tient également au manque de diversification de la ville. « Quand les mutuelles revoient à la baisse leurs frais de déplacement, leur poids est tel dans les négociations qu'elles parviennent à imposer leurs conditions sans trop de mal », relève une salariée d'un hôtel.

Alors, trop indépendantes, les mutuelles ? « Il faut regarder l'emploi qui est induit par ces structures », nuance Patrick Giraud, le directeur comptable du groupe Macif. Par exemple, la mise en place, en août 2010, d'une structure d'accueil de la petite enfance portée par la Macif et la Maif est à l'origine d'une vingtaine d'emplois. La Macif y compte 15 berceaux et verse pour chacun d'eux 13 000 € (dont 50 % déductibles). De même, le projet Melioris d'aide à la rééducation et de soutien aux personnes handicapées, auquel participent des mutuelles, serait à l'origine de 326 emplois équivalant temps plein (ETP).

FACE À FACE

GENEVIÈVE GAILLARD, MAIRE DE NIORT DEPUIS 2008

« Nous souhaitons impliquer les mutuelles de façon plus directe »

« Niort a des liens historiquement très forts avec les mutuelles. Ce n'est pas un choix. À un moment donné, des visionnaires ont créé ces mutuelles, et tout un environnement social et économique, et même politique, s'est tissé autour. J'ai moi-même grandi dans cette philosophie de vie. Si elles ont récemment accepté d'être intégrées dans plusieurs initiatives politiques locales, comme l'Agenda 21 dans le domaine du développement durable, nous souhaitons concrétiser et développer davantage d'actions concrètes avec elles, les impliquer de façon plus directe. Oui, il y a eu par le passé des présomptions de conflits d'intérêts entre elles et la mairie, mais la polémique et finie. Aujourd'hui, il faut mutualiser nos efforts pour l'essor de la ville ! »

ÉTIENNE COUTURIER, DIRECTEUR GÉNÉRAL DE MAAF ASSURANCES DEPUIS 2005

« Nous participons au développement économique de la ville par nos emplois »

« Ici, tout le monde connaît nos mutuelles. Nous avons 4 millions de clients, dont 1% dans les Deux-Sèvres, pour un tiers de salariés présents dans ce département. Nous menons de nombreuses actions ponctuelles avec la ville ou le département, comme le festival Teciverdi, le don d'ordinateurs à des familles, la prévention... Il est vrai que nous ne subventionnons pas des clubs sportifs sous le format classique du sponsoring. La Maaf verse 5,3 M€ de contribution économique territoriale chaque année. Aux élus locaux d'investir cette somme de la manière qui leur semblera la plus utile. Ce qu'attend une ville comme la nôtre, c'est une bonne santé de notre entreprise. Souvenons-nous de la Camif, c'était un drame pour l'économie locale de voir cette entreprise de plus de 1 000 salariés disparaître. La masse salariale de la Maaf s'élève à plus de 110 M€ par an à Niort. De cette manière, notre mutuelle participe au développement économique de la ville. »

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